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ABYSMAL GRIEF - Misfortune (2009)
Par PERE FRANSOUA le 11 Mai 2018          Consultée 379 fois

Permettez-moi de filer la métaphore la plus pérave qui soit. Quand vous allez chez votre pizzaïolo préféré, vous n’espérez qu’une chose, que la pizza soit toujours la même. Toujours autant de bonne mozza fondante, cette belle croûte dorée qu’on boulottera jusqu’à la fin, bien imbibée de la sauce piquante maison. Ô Seigneur, pourvu que jamais cela ne change.

Vous vous attendez à la suite, n’est-ce pas ?
(Attention, je vais toujours plus loin dans l’exercice littéraire...).
Et bien, ABYSMAL GRIEF, c’est un peu votre petite trattoria favorite où l’on vient se régaler et qui ne changera jamais. Qui ne doit surtout jamais changer. Et je n’utilise pas cette métaphore subtile que parce que les gars d’ABYSMAL GRIEF sont italiens.
Enfin si. Bon, euh, à table, la chronique est servie.

Je résume pour ceux qui auraient raté nos chroniques précédentes. ABYSMAL GRIEF est un trio italien (parfois quartette) qui officie dans un Gothic Doom horrifique qui s’inscrit dans cette grande tradition italienne de la série B qui fait peur, musicalement (GOBELIN, Paul CHAIN) ou cinématographiquement (Dario Argento & co.)
Adorateur de la mort, son credo est d’être aussi immuable qu’une pierre tombale. Ainsi, album après album, la même recette est préservée. L’oreille attentive où l’enculeur de mouche saura déceler quelques micro variations dans les ingrédients. Plus ou moins de growl dans le chant, plus ou moins de gras dans la disto, plus ou moins de vrai batteur. J’avais analysé de façon fort pertinente, et je m’en félicite, dans ma chronique de leur compilation des singles, qu’il y avait un léger glissement de leur son et de leur style, au fur et à mesure des années, du Gothic à la TYPE O NEGATIVE vers le Stoner le plus gras. Un peu moins de champignons et plus de poivrons, quoi.

Voici "Misfortune".
"Misfortune" est leur second full length, sorti pour la fête des morts 2009.
"Misfortune" est leur opus le plus austère, mais c’est aussi celui qui vieillit le mieux.

Voilà, j’ai tout dit, la chronique est finie.

C’est un peu maigre, j’en conviens, d’autant que vous aviez commandé le menu du jour.

Après un premier album qui avait fait forte impression (aux quelques tarés qui avaient accroché au style, dont moi), ce deuxième effort paraissait un peu plat. La raison en était simple, moins de coups d’éclat Goth horrifiques et fun, moins de riffs immédiats, et beaucoup plus de Doom lourd et lent. Austérité je vous dis.
Mais c’est aussi entre ces deux premiers albums que le glissement stylistique est le plus marqué. La production globale, et notamment le retour d’un vrai batteur, contribuent à donner un côté plus organique, plus terreux et pour le coup on perd totalement le feeling Goth Dark-wave des 80s qu’on aimait bien sur "Abysmal Grief".

Au Menu des Morts, les chefs vous proposent deux titres dans le plus pur style du groupe, du mid-tempo plutôt accrocheur et entraînant, "Ignis Fatuus" et son orgue omniprésent, sympa mais redondant, et le single "Crypt Of Horror", servi avec une bonne dose de clavecin sur la fin et un clip en accompagnement (tourné dans un cimetière comme de bien entendu).

Pour les gros appétits nécrophages on trouvera à la carte deux très lourdes pierres tombales cachant des caveaux sans fond où l’on se vautre avec délectation dans le Doom Death plus gras jusqu’à gratter du bout du moignon putréfié le Funeral Doom.
D’un côté nous avons un "Cadaver Devotion" portant bien son nom. Remarquablement lugubre, il avance inéluctablement, avec toute la lourdeur d’un cortège funèbre. Le chant se désarticule pour suivre cette lente et étrange rythmique toute basse dehors. Le refrain est en forme d’imprécation, l’orgue hante le fond, on s’attend à voir sortir les morts de terre. Le conclusif "Resurrecturis" joue dans le même registre. C’est une longue litanie d’une effroyable lenteur, aux vocaux lugubres et aux riffs qui se traînent dans la poussière.

En guise d’antipasti entre les plats on trouvera deux instrumentaux façon bande-son cinématographique, "The Arrival Of The Worm", une pièce lugubre et crépusculaire qui plante bien le décor, et "The Knells Accurse", où le gros riff se répète, constamment surligné par l’orgue.

Si l’on prend en compte toute la discographie de nos macabres pizzaïolos, cet austère "Misfortune" est celui qui saute le moins vite aux oreilles mais son goût simple et brut garde une saveur intacte. Il se distinguera par une sobriété digne du croque-mort le plus austère, jusqu’à sa pochette violette minimaliste, et par une carte offrant les deux plats les plus lents et lourds de toute leur carrière, deux litanies osant le Doom Death décharné rampant parmi la terre putride à la vitesse d’un escargot zombie.
J’y reviens plus régulièrement que "Strange Rites Of Evil", l’album de 2015, plus goûteux au premier abord mais qui à force d’être répétitif finit par être bourratif, mais il demeure aussi moins réussi que son successeur "Feretri", qui conjugue idéalement le gras, le kiff et la peur.

Note réelle : 3,5/5.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Lord Alastair (basse)
- Regen Graves (guitares, batterie)
- Labes C. Necrothytus (vocaux, claviers)
- Alexander Baël (batterie)


1. Ignis Fatuus
2. Cadaver Devotion
3. Crypt Of Horror
4. The Arrival Of The Worm
5. The Knells Accurse
6. Resurrecturis



             



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