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- Style : Azarath

BELPHEGOR - Totenritual (2017)
Par MEFISTO le 25 Septembre 2017          Consultée 1505 fois

Il est l'heure de se rouler dans la fange, mes chers amis, BELPHEGOR est de retour pour vous jeter un 11e mauvais sort ! Et tous ceux et celles qui oseraient prétendre que j'abuse en suggérant BELPHEGOR en Sélection, allez vous faire…. démettre !

Les Autrichiens continuent sur "Totenritual" leur exploration des dépravations humaines, réelles ou romancées. Helmut et ses sbires nous parlent ainsi de fièvre porcine, de Baphomet, du Diable (holà, surprise !), d'un ancien démon égyptien, de magie noire (holà, re-surprise !), du culte des morts et de rituels mortuaires. Un beau programme qui sera rendu grâce à une production nickel (merci Jason Suecof) et une interprétation des plus sauvages ET subtile, parmi les meilleures du groupe.

Grosse nouveauté d'abord: la batterie de Bloodhammer (ne pas confondre avec le Norvégien Hellhammer sous peine de 100 coups de fouet) sonne comme une tonne de briques et apporte une technicité rarement entendue chez BELPHEGOR. Une excellente nouvelle pour les fans, qui seront soufflés par le pilonnage du sieur Hammer. Sa perfo sur "The Devil's Son" est magistrale.

Cela ne fait aucunement de l'ombre aux vieux compères Serpenth et Helmut, dont les cisailles accordées dans des tonalités s'approchant des abysses de l'Enfer, donnent froid dans le dos. Tout comme la pochette spectaculaire de Seth Siro Anton. Le son de cette guitare et de cette basse est unique, sans concession, reconnaissable parmi des milliers. Et surtout, il colle bougrement à l'imagerie de débauche qu'alimente BELPHEGOR depuis ses débuts. Le culte du cultissime ! Et sur "Totenritual", l'expérience d'Helmut revendique sa place sur le trône du Death-Black aux breaks agressants en nous assénant de furieuses branlées dans les côtes. Et c'est un fan de longue date qui vous le dit !

BELPHEGOR ressent la pression des jeunes groupes enflés au Red Bull et, sans trop varier sa recette, ose nous catapulter dans la tronche une nouvelle collection de blastbeats et de riffs à mi-chemin entre la mitraillette dactylographiée et le rasoir « distorsion-né ». Rares sont les éclaircies fusant entre les planches de la porcherie démoniaque des Autrichiens ; seuls les passages à la sèche et l'instrumentale "Totenbeschwörer" donnent un répit à votre truffe, qui s'empressera de retourner à ses mignardises poisseuses dès que le rouleau compresseur repart sur les « chapeaux de boue »…

Lors des écoutes initiales, si j'avais eu à écarter spontanément un titre plus faible de ce gros lot, "Spell Of Reflection" aurait passé à la trappe en raison d'une trame quelconque et d'une rythmique stagnante. Mais merde que je me serais gouré… Cette pièce toute en nuances défie constamment l'excité en nous avec ses riffs martiaux, ce qu'on apprécie avec le moindre des reculs. La pièce suivante, "Embracing A Star", aurait pu aussi être transpercée de mon glaive si elle ne possédait pas ces accélérations soudaines absolument bluffantes, effet de surprise sublimé sur la pièce-titre, qui clôture l'album avec véhémence sur 1:30, avant le classique fade out occulte à la BELPHEGOR… Certains rechigneront, d'autres comme moi applaudiront.

Je dois avouer que la teneur en harponnage de la seconde partie de "Totenritual" n'arrive pas à la cheville des cinq premiers titres, qui se réécoutent en boucle tellement ils sont malsains et balèzes. Cela dit, j'apprécie les deux demi-lunes différemment, car elles forment un tout absolument dantesque, jamais vu chez BELPHEGOR. Comme si les Autrichiens refusaient de vieillir, en engageant d'abord un marteleur de choix, et ensuite en nous suggérant des accents « progressifs » sur cette deuxième moitié, au final complètement tyrannique ; on n'a pas le choix d'apprécier !

En plus, l'atmosphère générale du sinistre skeud est à couper à l'opinel. Helmut navigue entre ses différents registres et incarne toujours avec aisance son personnage de tortionnaire, alors que certains refrains et descentes de manche vous marquent au fer orangé. "Baphomet" et la marquante "Apophis" en sont les meilleurs méfaits.

Et, encore plus important pour le fan que je suis, "Totenritual" sonne très mature. Bon, vous me direz que c'est normal, après 11 sorties, ce qui n'est pas faux. Sauf qu'on sait que plusieurs formations nous rabâchent les mêmes conneries depuis des lustres en échappant à l'échafaud. Je croyais que c'était le cas avec BELPHEGOR, mais putain, cette seconde moitié, qui au premier abord peut laisser de marbre, vient entourer d'une certaine sagesse, d'une retenue bien calculée, les hits de la tête et du tronc de cet autre Baphomet autrichien.

Le résultat me laisse… ahuri. La magie noire opère à plusieurs niveaux… À force de m'immiscer dans cette énième chambre des tortures de BELPHEGOR, je décèle de nouvelles fonctions dans ses jouets mortels. Je comprends que le trio a voulu nous infliger des supplices plus tordus, mieux réfléchis, mieux planifiés. De là cette discordance entre la calotte et la queue de cette bête avide de viles incantations, qui n'a de cesse de nous saisir par la gorge pour nous imposer sa volonté. Oui, il faut être masochiste… car on n'a qu'une envie quand le manège s'immobilise : repartir en vrille.

Un album dont le potentiel de vieillissement s'avère très encourageant. Légèrement plus subtil que ses prédécesseurs, si c'est possible chez BELPHEGOR, "Totenritual" devrait permettre aux Autrichiens de contenter les initiés et d'aller chercher de nouveaux fans. Si c'était voulu, de très gros bravos, si c'est accidentel, vive les coïncidences !

Le meilleur depuis "Bondage Goat Zombie". Dans mon top 10 2017 sans hésiter.

*La version vinyle comprend deux morceaux live, soit "Stigma Diabolicum" et la monstrueuse "Gasmask Terror".

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- Bloodhammer (batterie)
- Helmuth (guitare, chant)
- Serpenth (basse)


1. Baphomet
2. The Devil's Son
3. Swinefever - Regent Of Pigs
4. Apophis - Black Dragon
5. Totenkult - Exegesis Of Deterioration
6. Totenbeschwörer
7. Spell Of Reflection
8. Embracing A Star
9. Totenritual



             



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