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- Membre : Waylander, Gloryhammer

ALESTORM - No Grave But The Sea (2017)
Par VOLTHORD le 9 Juillet 2017          Consultée 1403 fois

La brume se diffuse tel le malaise après une blague de Nicolas Bedos, je sors du placard sans que Cyril Hanouna ne m’y force et j’avoue de tout mon cœur : ALESTORM, je m’en suis toujours un peu battu les couilles.

Les Écossais, jusqu’à 2014, n’étaient pour moi qu’une sorte de version KORPIKLAANIsée de TURISAS, c’est à dire réduite à un gimmick simpliste (le pirate bourru de la Wikipédia pour jeunes enfants et déficients intellectuels), à une voix cradingue ni chantée ni hurlée et une formule bien campée et déclinable à foison. À écouter pour le délire, mais rapidement irritant.

Puis 2014 arrive, ALESTORM parvient enfin à gonfler ses claviers jusque là encore plus cheap que du BAL SAGOTH (allez je ne compte pas "Back Through Time"), "Sunset On The Golden Age" montre un groupe prêt à en découdre avec des formats longs ("1741", "Sunset On The Golden Age") et enfin prêt à présenter le nec plus ultra de sa formule (chanson à boire, hymne de bataille, Folk de bar… Tout y était) tout en lâchant sans état d’âme une des reprises les plus honteuses et génialissimes de l’histoire du Metal.
Sans doute fortifié par l’expérience GLORYHAMMER, second groupe de Chris Bowes, qui sera très vite passé de "bif bof" à "exceptionnel", le capitaine du navire a désormais un sens de la mélodie qui fait mouche (certains me disent que je suis une merde et qu’il l’avait depuis le début ? J’en doute !), de la partie rythmique qui te ravive des squelettes pour un ultime Wall Of Death et de la montée épique TURISASienne enfin égale à son modèle. Écoutez-moi par exemple ce "To The End Of The World", et enchaînez avec "Holmgard And Beyond" : claviers en grande pompe, densité épique protéinée et chœur dans la tempête, on s'y retrouve !

Ajoutez-y cette sorte de gaieté fofolle fonçant tout droit dans la tempête le sourire imbibée d’alcool, et nous y voilà de nouveau ! Le titre "No Grave But The Sea" reprend la suite de "Sunset On The Golden Age" comme si de rien n’était et "Treasure Island", même s’il manque de surprises, nous refait exactement la même épopée (avec une fin "Nattfödienne" en prime). Il faut alors faire le deuil du tout Power Metal de "Black Sails At Midnight", et se contenter en remplacement de quelques étranges (quoiqu’intéressants) ajouts de riffs Metalcore dans un contexte folklo-dansant (le moyen "Alestorm", qui ne va peut-être pas jusqu’au bout de son absurdité(*)), et d’un violon omniprésent que je comparerai, name dropping oblige, à son utilisation pleine de joie dans le "Wyrd" d’ELVENKING (je vous parlerai bien de nouveau de TURISAS mais…).
Ça me rend tout de suite très heureux à chaque écoute du simple mais accrocheur "Pegleg Potion".

Contrairement aux premiers albums où un morceau qui ne "prenait pas" était simplement une expérience difficile pour les oreilles, on a ici des titres sympas sans plus qui désormais tiennent grâce à un bon petit refrain et quelques tours de passe-passe : "Rage Of The Pentahook", "Man The Pumps" et "Bar Ünd Imbiss" un peu tirés vers le haut par leurs soli.

Et puis il y a évident les deux pics d'idiotie. Ici, ALESTORM ne se donne plus le choix et joue jusqu’au bout la carte de grosse blague d’ivrogne, quitte à en devenir lourdingue avec ce "Mexico" qui nous refait le coup du début 8-bit de "1741", et nous balance des lyrics d’une débilité confondante made in les clichés de ta grand-mère raciste. De l’autre côté de ce même spectre de la dégénérescence mentale assumée, "Fucked With An Anchor" restera dans les mémoires pour son refrain digne d’un gosse de 6 ans qui apprend les insultes pour pousser sa mère au suicide (et qui n’est ni plus ni moins que l’histoire d’un pirate Voodooïsé par un sorcier lui insufflant un syndrome de la Tourette /SPOILER ALERT/ et contre qui il se vengera par le biais d’une sodomie à l'ancre marine. /SPOIL/). Le temps aussi de constater que d’un accent britannique plutôt standard sur les premiers albums, Chris Bowes insiste désormais jusqu’à la corde sur la particularité de l’accent écossais.

Petit résumé rapide donc : après un "Sunset On The Golden Age" incontestablement au dessus de tout ce qu’ALESTORM nous avait proposé jusque là, "No Grave But The Sea" se positionne donc ni comme un bon suiveur. Cependant, les quelques die-hard fans s’étant pleinement investis dans les premiers albums (ce qui n’est pas mon cas) pourront y déceler beaucoup de redites (mais n’est-ce pas ce qui arrive à absolument tous les nouveaux albums du groupe ?). Il faut dire qu’avec un concept toujours aussi bas du front et caricatural où les pirates hollywoodiens ne sortent guère du triangle des bermudas "Boire / Piller / Combattre" et un style plutôt fermé et ne laissant entrer la nouveauté que par vague de petits pets discrets, ALESTORM ne peut, de facto, rien révolutionner. Reste donc le feeling personnel. On ne fera ici pas l'erreur d'enterrer le groupe pour la quatrième fois consécutive. Après tout, si Disney peut continuer à sortir des Pirates Des Caraïbes, pourquoi on aurait pas tous les deux ans notre dose attendue de Pirate Metal en toc ?
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(*)Le saviez-vous ? Lors du Breakdown de "Alestorm", ce n’est pas de la double pédale, c’est la cadence avec laquelle Robert Louis Stevenson se retourne dans sa tombe !

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- Christopher Bowes (chant, claviers)
- Peter Alcorn (batterie)
- Elliot Vernon (claviers)
- Gareth Murdock (basse, choeurs)
- Máté Bodor (guitare, choeurs)


1. No Grave But The Sea
2. Mexico
3. To The End Of The World
4. Alestorm
5. Bar Und Umbiss
6. Fucked With An Anchor
7. Pegleg Potion
8. Man The Pumps
9. Rage Of The Pentahook
10. Treasure Island



             



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