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- Style : Entwine, Flowing Tears, Sinamore

HIM - Greatest Lovesongs Vol. 666 (1997)
Par DARK BEAGLE le 21 Mai 2017          Consultée 1055 fois

Ah ! HIM ! Beaucoup de choses ont été écrites au sujet de ce groupe, dont le nom forme l’acronyme de His Infernal Majesty. Et souvent, ce n’était pas très gentil, d’ailleurs. Il est toujours plus facile de se focaliser sur les défauts ou sur des gimmicks jugés ridicules. Déjà, quand on annonce jouer du Love Metal, on ne se fait pas que des amis. Cette dénomination a été tournée en ridicule plus d’une fois, avec l’argument massue que HIM est un groupe pour gays, composé de gays (l’imagerie très androgyne du leader Ville Valo y contribuant également). Soit. Le problème, quand on part sur cette voie glissante, c’est que l’argumentation devient rapidement très faible. Surtout que si on gratte un peu, qu’on écarte le cirque médiatique et les clichés, on tient quand même un bon petit groupe, du moins à ses débuts.

Après une première incarnation soldée par un split rapide en 1993, HIM se reforme deux ans plus tard et parviendra à enregistrer un premier album en 1997, qui ne s’exportera que très peu. À moins de regarder les chaînes musicales allemandes à cette époque, difficile de trouver des traces de HIM dans l’Hexagone. Le disque étant lui introuvable dans nos contrées. Il faudra attendre la sortie de "Razorblade Romance" en 2000 pour que cet opus se retrouve dans le bac des disquaires. Un procédé qui n’est pas très rare avec les formations scandinaves, les premiers efforts de PAIN ou le "Angels Fall First" de NIGHTWISH n’ayant pas connu de sorties françaises à l’époque.

Musicalement, le Love Metal, c’est du Metal Goth à tendance Rock, dont les sujets sont l’amour, les relations homme-femmes, avec un soupçon d’obscurité dans les paroles. Ce n’est pas forcément original, mais c’est bien fait. Une certaine lourdeur émane de ce disque, contrebalancé par des couplets souvent plus légers où les musiciens laissent Ville Valo prendre le pouvoir. Il est l’argument séduction du groupe. Plutôt beau garçon, il possède surtout une voix très intéressante, grave, chaude et sensuelle qui fonctionne très bien. Le public qui suit le groupe est en grande partie féminin et, sans verser dans le cliché, cela n’a rien de très étonnant. Là où l’on tape pile dans l’idée reçue, c’est d’assimiler la musique du groupe à une « musique de gonzesse ».

"Greatest Lovesongs Vol. 666" est accrocheur. Très simple dans son approche, avec des mélodies que l’on mémorise facilement, ce disque met en avant le talent du groupe pour composer des chansons efficaces. La guitare est lourde, la section rythmique est bien en place, tout fonctionne bien. Comme cela a déjà été suggéré, le phare, c’est le chanteur. Ville Valo apporte très clairement un plus, une bonne raison de s’attarder sur un album qui ne brille pas par son originalité. Et le reste réside dans la qualité des morceaux que l’on retrouve sur le disque. "Your Sweet Six Six Six" met en appétit, la très bonne reprise du "Wicked Game" de Chris ISAAK, en version Heavy, se veut convaincante, tandis que "It’s All Tears" fera s’envoler les derniers doutes quant à la qualité de l’ensemble.

Évidemment, citer les morceaux les plus catchy, c’est facile. HIM sait également se faire plus suave, tout en conservant un certain sens de la nuance, comme en témoigne "The Heartless", espèce de Pop Song s’échappant de temps en temps dans des contrées plus Heavy, "Our Diabolikal Rapture" se montre séduisant avec sa lourdeur pachydermique en ouverture, intense, écrasante, avant qu’une fois encore les couplets viennent apporter une certaine lumière. Il y a un jeu de texture, une musicalité évidente qui se dégage de l’ensemble, relativement homogène et concret.

Et si tout n’est pas parfait, si "When Love And Death Embrace" dégage déjà ce côté un brin sirupeux qui deviendra hélas une marque de fabrique quelques années plus tard, si le groupe nous fait la sale blague de nous coller une cinquantaine de plages de silence pour avoir un minuscule instrumental à la fin, histoire que le disque dure 66,06 minutes pour 66 titres, il y a un potentiel énorme qui se dégage de cet opus, peut-être bien le meilleur de la carrière des Finlandais. Le plus Heavy, le plus spontané. Et si la reprise du standard de BLUE ÖYSTER CULT, "(Don’t Fear) The Reaper", peut paraître bancale, le groupe a toutefois eu le mérite de se la réapproprier, à y inscrire son style, sa personnalité.

Ce premier album n’est pas une réussite totale, mais il s’agit d’un très bon essai, qui faisait une promesse qui, au final, ne sera pas vraiment tenue. "Razorblade Romance" fera illusion, mais la suite se montrera beaucoup plus aléatoire en termes de qualité. Il n’empêche qu’à cette époque, HIM était un groupe avec un sacré potentiel, qui jouait avec ses tripes et son cœur. Et ce "Greatest Lovesongs Vol. 666" mérite un peu plus que les oubliettes où il semble souvent laissé. S’il y en a un à avoir, c’est peut-être bien celui-ci.

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- Ville Valo (chant)
- Mikko 'linde' Lindström (guitare)
- Mikko 'migé' Paanamen (basse)
- Juhana Tuomas 'pätkä' Rantala (batterie)
- Antto Melasniemi (claviers)


1. Your Sweet Six Six Six
2. Wicked Game
3. The Heartless
4. Our Diabolikal Rapture
5. It's All Tears (drown In This Love)
6. When Love And Death Embrace
7. The Beginning Of The End
8. (don't Fear) The Reaper
9. For You



             



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