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ROCK GOTHIQUE  |  STUDIO

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- Style : Entwine, Flowing Tears, Sinamore

HIM - Dark Light (2005)
Par ORPHANAGE le 28 Février 2007          Consultée 5323 fois

Il faut bien le dire : HIM est un véritable phénomène en matière de Rock, partout dans le monde. Ayant commencé gentiment par la Scandinavie, le groupe s'est ensuite attaqué au marché Germanique qui reste encore l'un de ses premiers consommateurs à ce jour. Le groupe a réussi grâce à Bam Margera du fameux Jackass Américain à s'importer aux Etats-Unis, le célèbre skater ayant acheté des droits sur l'utilisation du Heartagram. Et comme si tout cela ne suffisait pas, HIM s'est fait un nom en matière de Rock romantique à imagerie gothique dans tous les autres pays d'Europe. Autant dire que ce n'est certainement pas monsieur Ville Valo qui a des problèmes financiers, et pourtant, le côté ouvertement putassier de ce nouvel album pourrait faire croire que ces musiciens "en veulent" encore plus. Petite analyse sans prétention…

Alors que "Razorblade Romance", album de la révélation qui s'avérait être de qualité, pour de vrai, asseyait les bases du Love Metal en restant foncièrement saturé dans l'emploi des guitares, ne crachant jamais sur de beaux emplois de claviers et de mélodies suaves, l'opus "Deep Shadows And Brilliant Highlights" a semé le doute : HIM semblait avoir vendu son âme au dieu Argent…quid des morceaux incisifs et des riffs Dark Rock-Metal? Quid des vraies atmosphères sombres et romantiques et des mélodies sincères? Ce nouvel album rendait compte d'une chose : le groupe allait peut-être se ranger du côté de la musique de consommation en exagérant son image, en faisant du sieur Valo une idole androgyne incontestable, et en composant des mélodies aisément radiophonables et bien sucrées pour rentrer dans toutes les oreilles. Etait-ce un choix tout à fait volontaire, l'envie de faire quelque chose de plus Pop, ou bien les motivations étaient-elles réellement bassement mercantiles? Il ne m'appartient pas de le dire car je n'ai pas la science infuse, mais simplement de se faire se poser les bonnes questions quant à un groupe aussi connu que HIM et une musique tellement métamorphosée.
D'accord "Razorblade Romance" n'était pas si difficile d'accès, mais il était gage d'un comportement musical authentique et sincère que l'on n'a pas retrouvé par la suite, ni sur "Deep Shadows…", ni sur "Love Metal" (quoiqu'un peu plus, il faut bien le dire). Qu'en est-il de ce "Dark Light"? Peu d'entre nous doivent se faire d'illusions. Il est rare qu'un groupe diffusé aussi massivement que celui-ci revienne à une inspiration forte et gratifiante après deux albums en demi-teinte, visiblement écrits sous le signe de la facilité d'accès.

"Dark Light", c'est une certitude, est moins Pop que "Deep Shadows". Ce dernier semblait être effrayé par la saturation des guitares et les rythmiques étaient majoritairement assurées par des accords acoustiques drapés d'un semblant d'overdrive. Ici, on retrouve dès le déjà célèbre "Vampire Heart" une conduite légèrement plus métallique. Mais n'exagérons rien, HIM se rapproche relativement de ce que font les groupes emo-pop en vogue en ce moment. On constate l'emploi de rythmiques très conventionnelles permettant au chant de Ville Valo de distiller des mélodies toujours bien trouvées, mais malheureusement, et c'est l'un des défauts majeurs de ce "Dark Light", presque systématiquement mièvres à un point inimaginable. Le sommet est atteint sur la ballade "Dark Light" avec un refrain kitsch à souhaits, envahi de chœurs et d'échos dans la voix, avec claviers et mélodies à l'eau de rose pour ne rien oublier. Quelques instants éclairent un tableau peu réjouissant : un "Drunk On Shadows" relativement bien composé avec un sens de l'accroche plus original, refrain partagé entre une mélodie vocale moins évidente et une petite envolée de guitare électrique très agréable, bref, une chanson qui peut s'avérer sympathique, bien que la profondeur musicale ne soit pas la priorité! Pas d'erreur cependant, je ne tente pas de dire que "Dark Light" n'est "pas si mauvais que ça". Car, il faut en venir au fait, ce nouvel album de HIM n'est pas bon, il n'est pas nécessaire d'aller chercher très loin pour s'en rendre compte. La recette employée n'est certainement pas renouvelée, elle est même encore plus gavée de dentelles et de frous-frous que "Love Metal" qui pouvait se vanter d'intégrer quelques petites influences bluesy et new-wave pas désagréables du tout. Ici, finalement, tout n'est qu'apparence. Si les mélodies peuvent se révéler fort alléchantes dans les premières écoutes, tout comme les claviers atmosphériques assez jolis ("The Face Of God" est l'incarnation parfaite de cet album), il n'y a pas vraiment d'âme dans des compositions qui s'essoufflent et ne font rien d'autre que se battre entre elles pour gagner le titre de "la mélodie la plus obsédante". Comme si chanter les amours romantiques était devenu pour HIM une sorte de minimum syndical, fait sans aucune passion ni sans aucune conviction. Les paroles sont aussi factices que la musique, employant toujours les mêmes mots qui "font bien" (comprendre "Heart", "Bleed", "Love", "Angel", "Death"...) et qui pourrait donner un semblant de romantisme au premier abord, mais qui ne sont écrites que pour perpétuer l'image d'un groupe qui semble se forcer à rester ce que les autres veulent voir en lui. Quelques autres passages sont malgré tout plus intéressants et parcourus d'un souffle correspondant mieux au "vrai" HIM de "Greatests Lovesongs" et "Razorblade", tels "In The Nightside Of Eden" avec un refrain traité aux grosses voix gothiques plus typées The 69 Eyes/Type-O, ou "Behind The Crimson Door" où Valo se montre beaucoup plus sensible au niveau du chant, sans oublier un "Vampire Heart" au pont Neo-Metal qui fait office de bouffée d'air frais.

Mais non, ça n'est absolument plus romantique. "Dark Light" montre un HIM qui ne fait rien d'autre que se reproduire au point de faire une auto-caricature, remplie de manières, à la production sur-léchée. Et ça, ce n'est pas du tout romantique! Ecouter "Dark Light" donne l'impression de regarder l'un de ces insupportables téléfilms à l'eau de rose, romanesques dans le mauvais sens du terme, récitant sans aucune envie une liste de clichés tous plus éculés et ridicules les uns que les autres. Leur conduite musicale est probablement l'une des pires que l'on puisse faire, et je trouve tout cela bien triste. A ceux qui pensent qu'ils peuvent malgré tout prendre un peu de plaisir à écouter cela, qu'ils ne se privent pas, leurs envies d'écouter certaines musiques sans se prendre la tête sont tout à fait légitimes. Mais ils ne pourront là rien voir de plus en HIM qu'une entité qui a été, mais qui n'est plus.

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- Ville Valo (chant)
- Lily Lazer (guitare)
- Migé Amour (basse)
- Gas Lipstick (batterie)
- Emerson Burton (claviers)


1. Vampire Heart
2. Rip Out The Wings Of A Butterfly
3. Under The Rose
4. Killing Loneliness
5. Dark Light
6. Behind The Crimson Door
7. The Face Of God
8. Drunk On Shadows
9. Play Dead
10. In The Nightside Of Eden
11. Venus (in Our Blood)
12. The Cage



             



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