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GRAVEWORM - Ascending Hate (2015)
Par MEFISTO le 7 Juillet 2015          Consultée 1359 fois

Putain, neuf albums. Je n'aurais jamais cru que les Italiens se rendraient aussi loin. Avouez que vous non plus, hein ?

Pourtant, quatre ans après "Fragments Of Death" – soit le double du délai auquel il nous a habitués depuis "Scourge Of Malice" en 2001, GRAVEWORM vient nous roter son ail et son basilic au visage. La question est : a-t-il (enfin) amélioré sa recette ? En tout cas, il a opéré un changement majeur dans sa brigade, car la claviériste Sabine Mair (1997-2012) a foutu le camp après "Fragments Of Death" et a été remplacée par un musicien studio et le guitariste Stefan Unterpertinger est de retour après 12 ans d'absence !

GRAVEWORM est le genre de groupe pour lequel, si on apprenait sa dissolution dans l'acide du temps demain matin, personne ne verserait une larme. Pas même de nostalgie. Car il a depuis longtemps épuisé ses meilleures idées, vous le savez. Et ça tombait bien, ou pas selon votre philosophie, car c'était au début de sa carrière. Alors quand on le voit sortir les albums à un rythme régulier quand même, dans une indifférence que je caractériserais sans trop me tromper de « quasi-générale », on a presque envie de le prendre par la main et l'amener de force à prendre sa (pré)retraite.

Autant enlever ce caillou de ma chaussure tout de suite : GRAVEWORM tangue trop à mon goût sur la mince frontière entre le Black et le Death Mélo. Surtout que sa musique, très accessible et ratoureuse, n'effraie plus depuis longtemps, alors on a droit à des riffs, des mélodies et des nappes de synthé à haute teneur en sucre, en eau de rose et en « convenances », oserais-je écrire. C'est bien entendu sa facette gothique qu'il a toujours assumée et qui nous a toujours fait suer depuis… trop longtemps déjà. Alors oui, on demeure en perdition sur l'océan "easy listening", on a l'impression que notre bouée va se désintégrer dans nos bras fatigués.

MAIS… (l'intérêt de cette chronique se trouve dans ces quatre lettres)

Je dois rendre aux Italiens ce qu'il leur revient de plein droit avec "Ascension Hate" : on ne s'emmerde pas autant qu'anticipé. Bon, j'aurais pu faire mieux côté « annonce officielle » avec tambour et trompette, mais n'oublions pas qu'on part de loin avec le quintette ! Or, il nous permet d'espérer une réconciliation ; pas nécessairement à long terme, mais un fantasme gorgé d'espoir.

GRAVEWORM est capable d'être solennel sans être exceptionnel, impressionnant sur "Ascension Hate", sans être pompeux. Et il sait encore se la jouer cinématographique (le début de "Downfall Of Heaven" est pas mal !), nous asséner de bons refrains ("Buried Alive") et pondre des ambiances et mélodies passionnantes, même si son côté gothique prend souvent le dessus. Même si le podium vous aidera peut-être à vous laisser tenter, dites-vous qu'il y a une belle constance sur la galette et que les pièces s'enchaînent sans trop de heurts. Tout cela grâce à une inspiration renouvelée, une envie retrouvée de composer, et non juste de créer pour créer.

Il faut aussi se rendre à l'évidence : le retour d'Unterpertinger a donné des ailes au groupe, qui sonne comme une tonne de briques pour la première fois depuis belle lurette. Les passages à la guitare sèche sont notamment savoureux et viennent contrebalancer les moments très gothico-intenses que l'on retrouve sur la majorité des morceaux. Il me semble d'ailleurs que des chœurs auraient été les bienvenus, question de pousser le bouchon plus loin.

Ce repos de quatre ans a permis de bien recharger les batteries, de réfléchir au lieu de chier un autre album coulé dans le même moule. Oui, on entend du GRAVEWORM, le synthé n'est pas le plus agréable dans le genre, mais l'ensemble est juste au niveau. Tellement, que Stefano Fiori me tombe un peu moins sur les nerfs, ce qui n'est pas négligeable !

Ce disque de la rédemption, ce petit exploit, me fait penser à ce que LACUNA COIL a réussi à accomplir avec son dernier album. Comme quoi certains groupes arrivent à accepter la critique, faire leurs devoirs et réajuster le tir avant que leur talent s'effrite et que leur dernière chance s'évanouisse. Je ne sais pas si GRAVEWORM a effectué une si grosse introspection, mais le résultat est probant. "Ascension Hate" est une réussite, dans les circonstances. On n'attendait pas autant des Italiens, mais alors pas du tout.

*Notez par contre que sur la version bonus, ces maudits mangeurs de pizza deux ingrédients nous affligent encore avec des reprises de musique pop. Cette fois, c'est "Runaway" de BON JOVI et "Billie Jean" de Michael Jackson qui sont détruits… comme quoi, on aura vraiment, vraiment, tout entendu.

Note : 3,5/5.

Podium : (or) "Rise Again", (argent) "The Death Heritage", (bronze) "Downfall Of Heaven" et "Buried Alive".

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- Stefano Fiori (chant)
- Stefan Unterpertinger (guitare)
- Eric Righi (guitare)
- Martin Innerbichler (batterie)
- Florian Reiner (basse)


1. The Death Heritage
2. Buried Alive
3. Blood, Torture And Death
4. To The Empire Of Madness
5. Downfall Of Heaven
6. Stillborn
7. Liars To The Lions
8. Rise Again
9. Son Of Lies
10. Nocturnal Hymns Ii (the Death Anthem)



             



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