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ARCTURUS - Arcturian (2015)
Par MEFISTO le 20 Mai 2015          Consultée 3562 fois

Quand on analyse le parcours du chasseur d'étoiles ARCTURUS, probablement un des groupes les plus singuliers et cultissimes issus de cette bonne vieille Norvège, on remarque que le quintette est allergique au surplace. De Black Sympho obscur sur "Aspera Hiems Symfonia", il a rapidement muté en un maître de piste dégourdi et subtil sur "La Masquerade Infernale", pour ensuite se matérialiser en combattant de l'Espace sur l'imbattable "The Sham Mirrors" et en astrophysicien sur "Sideshow Symphonies".

Toujours cette empreinte cosmique, toujours cette aura électronique et énigmatique planant sur les œuvres adulées du groupe. Ce respect découle essentiellement de la prise de risques et de la personnalité unique d'ARCTURUS, qui s'explique en trois points centraux : le charisme théâtral du frontman, que ce soit Garm (mon choix) ou Vortex, le son unique de ces guitares tranchantes qu'on dirait emprisonnées dans une pluie de météorites et, la partie la plus charnue de l'iceberg, la créativité sans bornes de Sverd, roi du synthé. On a souvent vanté l'habileté de Hellhammer derrière les fûts, mais le vrai génie chez les Norvégiens se nomme Sverd. Sur ce cinquième album, c'est encore plus vrai.

Et pourquoi ? La majorité des excellentes idées disséminées sur "Arcturian" sortent de son instrument blanc et noir. Certes, vous reconnaîtrez de suite ces guitares et le chant si spécial de Vortex, on nage en terrain archi-connu. Les fans apprécieront. Mais ce qui prend à la gorge à quelques endroits et rappellera chaque album d'ARCTURUS – l'intimité baroque de "LMI", l'extravagance des airs de "TSM" et les mélodies planantes de "AHS" et "SS", c'est Sverd le Magnifique. Notons aussi le travail des guests, dont un violoniste qui rehausse la mince facture folk/épique de l'album.

Alors que penser d'"Arcturian", qui nous tombe du ciel par miracle dix ans après "Sideshow" ? Considérons-le comme un curriculum ou un condensé de ses expérimentations et on ne sera pas trop déçu. N'attendons pas le Messie, car ce n'est pas sur "Arcturian" qu'il se pointera.

Pourtant, ce ne sont pas les sonorités éclectiques et notables qui manquent. On retrouve d'abord un rejeton de "Sideshow" avec "The Arcturian Sign", qui fait le pont au-dessus des dix dernières années. La clarté qui se dégage de "Crashland" et "Warp" est intéressante et le synthé martial à la "Radical Cut" ("TSM") sur "Angst" ravivera les passions des nostalgiques. La versatile et doucereuse "Game Over", ainsi que la veloutée "Demon" et son superbe refrain, coupent l'album en deux avec finesse. ARCTURUS offre ensuite la meilleure des deux moitiés du disque avec quatre pièces qui s'emboîtent parfaitement. On retrouve tour à tour l’ARCTURUS grandiloquent sur "Pale" et "Archer", l'aérien et lyrique sur "The Journey", LA surprise de l'album, et le baroque sur "Bane", qui clôture avec fraîcheur ce "Arcturian".

Si j'avais à qualifier simplement cette offrande inespérée des Norvégiens, je dirais qu'il est une œuvre douce à l'oreille, ultra accessible, variée et garnie de flashs géniaux qui font palpiter les pavillons. "Arcturian" est enveloppant sans être transcendant, dépaysant sans être hallucinant, un brin alambiqué sans brûler les cellules. C'est le genre d'album que je m'attendais à recevoir de la part d'un groupe qui avait envie de reprendre le collier et partager, pour le plaisir, un autre morceau de son univers qui a mijoté durant une longue décennie.

Le plus important est qu'ARCTURUS est encore pertinent, même si son influence n'attendra jamais plus le niveau des années 1997 à 2002. Plusieurs groupes, qui ont tété à ses mamelles ou non, ont désormais pris leur place dans ce style. Alors même si c'est cruel de le dire ainsi, ARCTURUS pourra être considéré avec "Arcturian" comme un oncle ou un grand-père bienveillant et lucide. Le genre de membre de sa famille qu'on aimait bien jadis, mais qu'on a perdu de vue et qui, comble de bonheur, revient dans notre entourage. On échange alors avec lui sur ses exploits passés et on lui demande conseil pour améliorer notre jeu.

La note peut paraître sévère, mais avec la remise en contexte historique et la qualité générale des compos, je ne peux considérer "Arcturian" comme une énorme baffe. C'est un de ces nombreux cas dont on décroche difficilement tellement l'album est efficace, mais qui ne révolutionne rien ou presque. Alors en toute conscience, et en n'oubliant pas de vous inciter vivement à vous forger une opinion, le verdict tombe.

3,5/5.

Podium : (or) "Archer", (argent) "Bane" et "The Journey", (bronze) "Angst".

*Avouez que la pochette vous fait penser à un condensé des anciennes du groupe...

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- Simen 'ics Vortex' Hestnaes (chant)
- Knut Magne Valle (guitare)
- Steinar 'sverd' Johnsen (synthé)
- Hugh 'skoll' Mingay (basse)
- Jan Axel 'hellhammer' Blomberg (batterie)


1. The Arcturian Sign
2. Crashland
3. Angst
4. Warp
5. Game Over
6. Demon
7. Pale
8. The Journey
9. Archer
10. Bane



             



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