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CHEVELLE - Hats Off To The Bull (2011)
Par BAAZBAAZ le 26 Août 2012          Consultée 3104 fois

Dans la galaxie post-grunge actuelle, qui est elle-même une sous-division étonnement tenace du Metal américain, CHEVELLE est un peu à part. Pas plus original que les autres, ce groupe ne se place pourtant pas, comme c’est trop souvent le cas, dans les traces archi-rabâchées et galvaudées d’ALICE IN CHAINS ou de CREED. Non, sur ce sixième album comme sur les précédents, la principale influence est à chercher du côté de TOOL, autre poids lourd influent dont la musique a marqué plusieurs générations d’apprentis rockers. Mais CHEVELLE n’est pas TOOL et n’en possède ni le goût des expérimentations, ni le talent, se contentant d’en proposer une version allégée, simplifiée et rendue plus commerciale grâce à des compositions accessibles.

Pour le dire simplement, CHEVELLE c’est un peu le « TOOL pour les nuls », c'est-à-dire de gentils plagiaires qui pratiquent une musique destinée à la frange la plus fainéante ou la plus pressée du grand public : celle qui veut des chansons faciles à assimiler, mais avec juste ce qu’il faut d’ambiances sombres ou torturées pour se donner l’impression d’écouter quelque chose d’intelligent et de profond. Les frères Loeffler ont d’ailleurs dû supporter les constantes railleries de ceux qui les accusent de n’être que de piètres copieurs. La critique est injuste, tant l’imitation a été érigée depuis longtemps déjà en sport national dans le petit monde du Metal. Sans compter qu’au fil des ans, le groupe s’est construit tant bien que mal une identité propre, incorporant d’autres influences et essayant de les fusionner dans un style plus personnel.

Sur ce "Hats Off To The Bull" le résultat est mitigé si l’on considère que l’oreille est sans cesse interpellée par des ressemblances diverses et variées qui révèlent que CHEVELLE, décidément, se contentera toujours de suivre les modes. Mais finalement peu importe ! Car on aura beau gloser sur l’authenticité supposée de cette musique, l’essentiel est ailleurs : l’album est bon. Pour peu qu’on fasse abstraction de son manque d’originalité, il faut reconnaître qu’il contient assez de compositions solides pour balayer tous les doutes. Le groupe possède, à son modeste niveau, une science du riff et du refrain qui le place largement en tête du peloton post-grunge actuel.

En guise d’entrée en matière, la syncopée "Face To The Floor" montre que CHEVELLE a retenu les leçons de DISTURBED sans sacrifier son sens de la mélodie. Toute la première partie est du même acabit : "Same Old Trip" et "Ruse" (avec sa toile de guitare puissante et complexe) sont des salves métalliques à l’ambiance torturée, navigant entre dureté et émotion et portées par une voix insolente. Le groupe manie à la perfection l’art typiquement Post-grunge d’alterner les moments calmes et les explosions d’énergie. Et une chanson riche, tendue et intense du calibre de "Piñata" se hisse bien au-dessus de la concurrence. On se surprend parfois à penser à une sorte de MUSE metal ("Envy", "Arise"), idée qui n’est finalement pas si incongrue qu'on pourrait le croire.

Hélas, tout cela manque de consistance. C’est d’ailleurs un problème récurrent chez ce groupe qui n’a jamais sorti d’album pleinement satisfaisant. La seconde partie contient des compositions plus faibles : "Hats Off To The Bull" et "Clones" sont des chansons bas de gamme et pesantes, tandis que "Prima Donna" est trop plaintive. Rentrant ainsi dans le rang, CHEVELLE nous rappelle que son Post-grunge peut être aussi morne et indifférencié que celui pratiqué par le gros de la troupe. Dès lors, même si l’on accepte ce disque pour ce qu’il est – un bon moment de Hard Rock qui ne révolutionne rien – on ne peut pas s’empêcher de lui trouver un petit côté suranné. Cette musique-là tourne en rond depuis trop longtemps déjà et elle s’effacera des esprits aussitôt que TOOL daignera enfin reprendre la main.

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- Pete Loeffler (chant, guitares)
- Sam Loeffler (batterie)
- Dean Bernardini (basse)


1. Face To The Floor
2. Same Old Trip
3. Ruse
4. The Meddler
5. Piñata
6. Envy
7. Hats Off To The Bull
8. Arise
9. Revenge
10. Prima Donna
11. Clones



             



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