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SUBROSA - No Help For The Mighty Ones (2011)
Par ENENRA le 19 Juillet 2012          Consultée 2426 fois

Les femmes.... les femmes.... les femmes... on nous les ressort un peu à toutes les sauces maintenant dans ce beau monde masculin, viril et macho qu'est le Metal (accolez l'adverbe "faussement" devant l'adjectif de votre choix). Je suis moi-même le premier étonné de voir de plus en plus de personnes du sexe opposé aux concerts. Et je dois dire: ce n'est pas un mal. Mais ces individus aux cheveux longs et aux formes tentatrices (Erwin, aka. le Sage, vous en louera bien plus les bienfaits que moi) sont également mis très en avant pour ce qui est de la promotion de disques où elles sont impliquées.

Qui n'a pas entendu parler d'Angela Gossow, la femme "qui chantait comme un homme" (bullshit entre nous, Simone Plujimers assure plus, dans un autre registre certes) ? Ou encore de THORR'S HAMMER, groupe culte de Death Doom qui n'a sorti qu'un seul EP chez Southern Lord, une femme au micro ? Même les groupes pourris sont mis en avant juste parce qu'ils sont composés de femmes ou sont menés par une chanteuse, en vrac (et ça me fait beaucoup de mal d'écrire ces noms) : IN THIS MOMENT, KITTIE ou encore l'ignoble ETHS (ahurissant le nombre de soi-disant metalleux(se) qui "fappent" sur ce groupe en vue de l'édition 2012 du Motocultor). SUBROSA pourtant on n'en a pas fait des caisses. Ce n'est pas plus mal. Ce qui est surtout important à savoir avec ce groupe c'est qu'il est dorénavant signé chez Profound Lore Records. Signature qui ne peut aller que dans leur sens, étant donné que c'est un des labels indépendants actuels les plus intéressants, riches et viables. Alors réjouissons-nous mes frères, et sœurs, SUBROSA est entre de bonnes mains.

On se rappelle de SUBROSA comme un groupe au son un peu cheap, aux riffs râpeux, à la voix un peu maladroite et au violon souvent mal placé, hésitant et peu convaincant. Et bien je peux le dire haut et fort, il y eut un énorme progrès, mais aussi une révision du style pratiqué ; beaucoup moins Rock. SUBROSA sort de son garage où il répétait à l'arrache et va se promener, la nuit, dans les ruelles sombres et les parcs abandonnés afin de réaliser quelques rituels ésotériques aux propriétés encore secrètes. La musique du combo se fait plus sombre. "In the darkness he holds his son. There is no God, there is no love...". Déprimant tout ça. La basse dorénavant tenue par un individu mâle (ainsi que la batterie) est envoutante et guide les morceaux tout en les soutenant (bon sang cette intro déprimante sur "Beneath The Crown", jouissive et dérangeante. On notera également celle de "Dark Country", grondante et réchauffante à la fois). Toutefois le trio de tête Rebecca, Kim et Sarah respectivement guitariste et chanteuses capte toute l'attention.

Le groupe a vraiment trouvé son créneau sur cet album, appelé à juste titre celui de la maturité. Les atmosphères développées ici sont très fortes, portées par une basse et une guitare sinistres mais surtout deux violons qui gagnent grandement en intérêt car mieux maniés et dont les interventions ont été améliorées (ce violon fou, comme effrayé sur "Beneath The Crown", ces coups d'archets effrénés et tragiques sur "Attack On Golden Moutain"). Le chant de Mrs. Pendleton s'affirme également beaucoup plus que sur le premier album, il gagne ainsi en clarté et en sincérité. D'ailleurs, petite nouveauté, en "backing vocal", l'utilisation d'une voix extrême fait son entrée, ni growl, ni grunt (quoique...). "Harsh vocal", démerdez-vous. Ce tout totalement hypnotique étant renforcé par des paroles très sombres et inspirées par le livre "La Route" de Cormac McCarthy. Joie, tulipes et papillons sont au rendez-vous, vous l'aurez très vite compris.

Le combo de Salt Lake City s'est donc amélioré sur tous les points, se dotant même d'une vraie prod', pas trop léchée et bien obscure comme il faut, qui met les basses en avant tout en laissant les aigus (les violons) transpercer le mur imparable de désespoir tissé en osmose par les autres protagonistes. Le groupe perd l'once de ce qu'il avait de Sludge et vend complétement son âme au Dieu Doom, avec cette atmosphère nocturne et ésotérique, qui lui va bien et qui est parfaitement illustrée par une magnifique pochette de Glyn Smyth.
Cette guitare remplie d'effets en overdub, très en retrait sur le titre "The Inheritance". Ainsi que ces violons pleurant sur la fin du titre. Le groupe remplit à ras bord sa musique d'ambiances et de petits arrangements qui font de cet album un tout cohérent et prenant.

Et voilà magnifique transition, de toute beauté, pour embrayer en douceur sur le gros point faible du disque à mon sens. Son homogénéité. Alors oui, cet album est cohérent, mais, au fil des écoutes, les titres se fondent tellement les uns dans les autres qu'ils commencent à tous se ressembler, le riffing change peu, l'atmosphère dégagée est toujours à peu près la même. Et, finalement, à la fin de "The Inheritance" on a quasi tout entendu. Ce qui est dommage. La petite heure de l'album passe bien cela dit, les moments épiques ne manquent pas. Tenez, ce riff totalement ahurissant qui s'abat sur vous à 4:30 sur "Attack On Golden Moutain" ou celui à 4:21 sur "Dark Country". Et bien que cet album soit "trop" homogène, il m'enchante clairement. Je ne peux retenir mes larmes lors du final de "The Inheritance". Et je ne compte pas le nombre incalculable de moments où j'ai envie de chanter en chœur avec Mrs. Pendleton (déjà, toute la génialissime chanson A Cappella "House Carpenter" bourrée de réverb'. A genoux, les mains jointes).

Alors le méchant (et bête) chroniqueur que je suis doit trancher. 3/5 ou 4/5. Après tout vous avez la chronique au-dessus qui vous dira (si vous êtes du genre à venir voir la conclusion en priorité) que cet album est très bon et ne manque pas de qualité tout en étant la preuve que SUBROSA peut nous faire des morceaux prenants et envoutants. Mais cette homogénéité dessert vraiment le disque à mon sens. Ce sera donc un arrondi à la note inférieure (qui permettra également aux gens, je l'espère, de comprendre qu'un 3/5 n'est pas forcément mauvais) que récoltera le groupe. J'attends quand même de pied ferme leur prochain album car ils ont beaucoup à dire et ont prouvé avec "No Help For The Mighty Ones" qu'ils savaient construire des morceaux riches et ambiancés. Chapeau.


We're in the shadow of a dying world...

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   POSITRON

 
   (2 chroniques)



- Sarah Pendleton (chant, violon)
- Kim Pack (violon, chant)
- Rebecca Vernon (guitare, chant)
- Dave Jones (basse)
- Zach Hatsis (batterie, programmation)


1. Borrowed Times, Borrowed Eyes
2. Beneath The Crown
3. Stonecarver
4. The Inheritance
5. Attack On Golden Mountain
6. Whippoorwill
7. House Carpenter
8. Dark Country



             



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