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SUBROSA - More Constant Than The Gods (2013)
Par ENENRA le 23 Décembre 2013          Consultée 3817 fois

Sub rosa. Sous la rose. Je ne crois pas m'être penché plus en détails sur ce patronyme, mais ne vais pas non plus trop en faire, de peur de perdre quelques jolies têtes blondes et regards attendris au passage. Sous la rose, donc. Avons-nous déjà été aussi proches ? De cette chose tangible, certes, mais belle et bien palpable, de cette secrète (j'appuie le mot) admiration, silencieuse, similaire à celle que l'on porte aux étoiles, hautes dans le ciel ? Sous la rose, le monde est plus beau, des épines douloureuses mais une sensation d'oubli, léthargique presque, vous prend.

Elle est assez phénoménale, cette capacité qu'a SUBROSA de jeter chaque précédent album aux oubliettes, couvert de poussière, daté, oublié, sans saveur. Le plaisir était réel à l'écoute de "No Help For The Mighty Ones", mais voilà venu "More Constant Than The Gods" et le Monde peut bien aller se faire voir, parce qu'on en a plus rien à foutre, on est parti, loin, très loin. Évadés, flottants. Quittant les bords maritimes et les rituels, un peu bancals a posteriori, du précédent album, SUBROSA se tourne et se retourne, contemplant l'immensité de l'infini à travers sa propre chair. Telle un Ouroboros, chaque minute se déploie et s'avale dans une progression circulaire et comme à jamais emprisonnée.

You're more constant than the gods.
Because sometimes when we call, they don't answer at all


Là où certains y verront un disque au final assez riffu pour du Doom versant ascensionnel, surtout sur la première moitié avec des chansons telles que "Cosey Mo" et "The Usher", je ne vois dans cette débauche d'énergie tout à fait stellaire qu'une contemplation éternelle. Le regard perdu, admirant le rien, néant né de nulle part et entretenu par tous les membres du groupe. SUBROSA ne fait que contempler son éternel reflet et cette étendue incroyablement beige et sablonneuse au grain toujours présent. Déployant des murs sonores pour mieux plonger, pour mieux chuter continuellement dans le vortex, dans le puits sans fond non pas de noirceur mais de l'indifférence. Déployant tout son savoir-faire et tissant méticuleusement la toile monochrome de son ennui, de sa nonchalance emprunte d'une rêverie presque romantique. C'est à ce moment qu'il surprend le plus, au détour de ces allers et venues statiques, le voilà virant de bords, faisant évoluer son discours vers de nouvelles terres, non plus nettes, mieux définies ou que sais-je, toujours aussi livides, écrasantes et poreuses, aspirant toujours plus de notre énergie, nous laissant pantois, hébétés, avec ce soupçon d'admiration — presque enfantine, mais fondamentalement lucide. Lucide du petit coin de bonheur, de la petite brume qui souffle sur nous, de tout l'élan déployé contre nous, terrassant certes, abrutissant presque, mais étrangement retentissant, clairement.

Burning instead of beauty

Les instruments ne sont plus ici une somme d'individus distincts mais se retrouvent chacun à la fois partenaire et prisonnier de son voisin, déployant son discours en chœur et permettant de créer le magma sus-mentionné. Même les violons se retrouvent ici encore mieux mélangés à la recette, se faisant presque oublier en eux-mêmes tout en ornant chaque piste de la plus belle des manières (et te voilà renseigné). SUBROSA finit — et moi je continue de me répéter — par fournir un album incroyablement bien amené, doux, qui parle au cœur tout en plongeant dans une délicieuse fascination émerveillée, ces yeux pleins d'étoiles scrutant le vide. Le soi plongeant sans cesse dans le soi, déchirant toujours un peu plus les abîmes, éternelle obscurité percée de-ci de-là par des lueurs intérieures, la pensée totalement assoupie. "More Constant Than The Gods" est assurément un album beau, fort et puissant.


Engourdissant.


Because the truth is, there is no safe harbor anymore

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- Rebecca Vernon (chant, guitare)
- Sarah Pendleton (chant, violon)
- Kim Pack (violon, chant)
- Christian Creek (basse)
- Andy Patterson (batterie)


1. The Usher
2. Ghosts Of A Dead Empire
3. Cosey Mo
4. Fat Of The Ram
5. Affliction
6. No Safe Harbor



             



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