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BLACK METAL  |  STUDIO

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- Membre : Amesoeurs, Aorlhac
 

 Label De Famine (1578)

PESTE NOIRE - L'ordure À L'État Pur (2011)
Par VOLTHORD le 12 Juillet 2011          Consultée 8158 fois

« Toi Métal Noir ! Forgé dans la nuit des garages
Comme un obus artisanal
Fait moitié-rêve moitié-rage,

Toi Métal Noir ! Sortant des tripes de la terre
Comme une énorme sonde anale
Exploser des villes entières ! »

Ce sont les quelques lignes de bon sens qu’il faudra retenir du nouveau PESTE NOIRE, qui après un album qui s’en allait en guerre, perd autant le Nord qu’il en rêve. Famine lâche Baudelaire, Verlain et Villon. Le seul poète, c’est lui, qu’on s’y fasse ou non. "L’Ordure À l’État Pur", ce n’est que la gerbe fière d’un artiste dégénéré, qui dans une volonté ultime de s’extrémiser sur tous les points, ne cherche plus à être crédible. Il devient son propre pastiche et l’assume tellement bien qu’on n’arrive plus à lui en vouloir.

Famine se met plus que jamais sur le devant de la scène, son chant devient une auto-caricature vivante de Black Metal, de Oï, de Punk, ou d’à peu près n’importe quelle musique où le but est de dégueuler ses tripes dans un micro mal réglé, sa musique se redéfinit à chaque nouveau morceau ou presque, oscillant entre ce que l’on connaît, et du jamais-entendu.

Aujourd’hui, PESTE NOIRE n’est médiéval que le temps d’un long "J’ai Rêvé Du Nord", suite quasi logique de titres comme "Ballade Cuntre Lo Anemi Francor" sur l’album du même nom.
Aujourd’hui PESTE NOIRE n’est purement Black Metal (comme défini dans "Folkfuck Folie") que pour le temps d’un "Sale Famine Von Valfoutre", l’équivalent Black Metallesque de l’egotrip d’un rappeur hardcore (vivement un clash Booba/Famine). Famine est passé du Donjon à la Tourette, de Verlaine à GRONIBARD. Sans transition. Le bizarrement industriel "Cochon Carotte Et Les Sœurs Crotte" pourra amuser pour son jusqu’au boutisme et sa crise de nerf misogyne, on pourra apprécier quelque peu un final SEAR BLISSien imposant… mais décidément, ces deux pistes sont clairement moyennes, surtout si l’on considère ce qui les entoure :
Un "Casse, Pêches, Fractures Et Traditions" au message illisible passe de la puanteur Heavy/Black que l’on connaît au groupe à un accordéon qui sent l’odeur de tabac froid des bars PMU, d’un sample des visiteurs à un ‘royco-cocorico, cocoricoooo’ hurlé à perte de voix en plein milieu d’un délire ska/punk incroyablement juste et accrocheur.
Et ce "La Condi Hu", avec sa froideur de fin du monde, son Doom déprimant et son texte sous forme de liste de courses des plaies humaines. PESTE NOIRE incendie sa dernière piste avec une ironie fortuite, il invalide tout, il s’autodétruit avec complaisance, en toute beauté.

Pas vraiment au sommet de son art, mais plutôt au bord du gouffre de la folie du sommet de son art (la métaphore est un peu naze, j'avoue), François le Français rance de France, alias Famine, n’a plus vraiment peur de quoi que ce soit, même de se noyer dans son propre vomi en gargouillant la Marseillaise à l’envers à qui veut encore l’entendre.

Sans être le meilleur PESTE NOIRE (loin de là), cette offrande de 2011 est en tout cas ce que le groupe aura fait de plus bizarre. Sans grande cohérence d’ensemble, "L’Ordure À l’État Pur" pue un peu le caca, à chaque fois différemment, mais bizarrement les papilles gustatives du black métalleux primaire devraient y trouver un enthousiasme déconcertant. Même le fan de Heavy Metal où celui qui aime la mélodie, l’avant-garde et le délire dégénéré pourra éventuellement se tâter le bout de gras sur cet album, qui est peut-être un peu plus étonnant que son prédécesseur, mais certainement pas meilleur si l’on en garde une vue d’ensemble : la seconde et avant-dernière piste n’apportent en effet pas grand-chose à l’opus, si ce n’est la mine déconcertée d’un auditeur qui devrait vraiment arrêter de chercher à comprendre. Les quelques vers du haut résumeront la seule, unique (et précieuse) chose que l’on peut attendre d’un tel album : la musique extrême comme exutoire intime, comme défouloir transgressif, sans compromis et sans états d'âme.

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- Dj Famine (guitares, chant)
- Indria (basse)
- Vicomte Chtedire De Kroumpadis (batterie)
- Audrey Sylvain (chant)


1. Casse, Pèches, Fractures Et Traditions
2. Cochon Carotte Et Les Sœurs Crotte
3. J’avais Rêvé Du Nord
4. Sale Famine Von Valfoutre
5. La Condi Hu



             



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