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DEVIL SOLD HIS SOUL - Blessed & Cursed (2010)
Par FENRYL le 26 Juillet 2010          Consultée 8062 fois

Je n'ai de cesse de le dire partout et de l'écrire ici même : ce qui fait toute la beauté, que dis-je, toute la magie du Metal au sens ultra large, c'est son immense diversité proposée.
Aucun autre genre de musique ne peut se targuer de proposer autant d'univers, d'ambiances, de styles mais surtout d'émotions.
C'est sans doute ce qui nous habite le plus, ici même, sur NIME : faire notamment passer ses sentiments, quels qu'ils soient, mais surtout transmettre l'envie, le désir ou la soif de découverte pour un groupe, un album ou un concept...

Si l'on observe notre base de données, NIME peut se vanter d'offrir un panel des plus larges, illustrant mes propos précédents. Et si vous guettez les prochaines sorties "nouveautés", vous allez devoir faire preuve de souplesse pour passer d'un Black à un Hair Metal, en passant par un Death des cavernes, que sais-je encore !

A ce titre, la "dure" vie du chroniqueur l'oblige bien évidemment à se placer dans toutes ces ambiances diverses et variées, le plus sereinement et objectivement possible pour ne pas faisander le contenu des galettes dévorées. Et si d'ailleurs certaines sorties tardent à paraître en ligne, c'est bien parce que notre volonté n'est pas de pondre des textes après deux écoutes mais bien en parlant avec maîtrise et connaissance des compositions que nous venons de savourer ou détester (je sais, c'est très manichéen, je caricature un poil !).

Depuis le début de cette année 2010, l'un de mes partenaires (Century Media pour bien le nommer) me gâte : du Thrash espagnol de haut vol (ANGELUS APATRIDA), l'un de mes groupes fétiches (DARK TRANQUILLITY), un WITCHERY de retour avec Legion au chant... Bref, personne de mon côté pour dire que le monde du Metal connait la crise en cette fin de premier semestre...
Et ce n'est pas encore avec DEVIL SOLD HIS SOUL que je vais être déçu.

ATTENTION, "Blessed & Cursed" est une expérience, franche et totale. Il ne vous serait pas toléré de passer à côté... Comme malheureusement jusqu'ici toute personne ne résidant pas en Angleterre.
Le sextette britannique formé en 2004 nous délivre son second opus après un premier E.P ("Darkness Prevails" en 2005) puis le très bien reçu dans le milieu, "A Fragile Hope" (2007, premier LP). Largement encensé par la critique de son pays, DSHS a pris son temps pour enfoncer le clou et transformer l'essai.
Aucun doute là-dessus : "Blessed & Cursed" est taillé pour l'international et le groupe originaire du Sud de l'île est bien décidé à exporter son Post-(Hard)core au-delà des eaux territoriales de son pays...

Une gifle... Dans le noir, face à un écran (je vous la fais courte étant donné que l'immense majorité de mes écoutes s'effectuent au casque, devant mon TFT 20') de façon totalement inattendue. On lance un album, on découvre les premières minutes et on est de suite transporté. Voilà décrite très sommairement ma découverte de DEVIL SOLD HIS SOUL.
Un sample, une basse qui ronfle, qui ronronne, des guitares modernes et peu saturées, une ambiance planante, atmosphérique... Fermez les yeux, allongez vous : DSHS ne peut donc se savourer qu'allongé. "Tides" à mi-chemin m'enchante avant de lâcher Ed Gibbs, le hurleur-screamo : bluffant. Oui, le terme "Screamo" fait fuir mais là, je vous assure que ce type va vous faire revoir votre jugement. Il est capable de tellement de mélancolie avec son chant clair, et d'autant de furie quand il hurle, que la musique semble entrer en symbiose avec le chant... Après 3 minutes et 40 secondes (le titre le plus court de la galette), on bascule sans transition sur l'exceptionnel "Drowing/Sinking" pour quasiment 8 minutes (les morceaux tournent autour de 7 minutes en moyenne !!).
La base de la musique du groupe repose sur un Postcore quelque chose mais étant donné l'aspect super vaste et plutôt bordélique de l’appellation, c'est bien le jeu des comparaisons qui va nous servir de base ici. Ici, vous allez faire très rapidement le lien avec l'aspect Néo de l'album et c'est bien du côté de DEFTONES ("An Ocean Of Lights", par exemple dans sa première partie), qu'il faut trouver une (forte) inspiration dans le côté "habité" de l’interprétation (Chino et Ed), copulant avec la construction alambiquée et ultra fouillée d'un groupe comme THE OCEAN période "Precambrian". D'ailleurs, les deux dernières minutes de la track sont entêtantes, avec le groupe chantant en chœur. Effet garanti, lancinant et planant une fois encore sur un rythme proche d'un Doomcore ! Technique reproduite sur le dernier morceau avec notamment une basse claquante sur "Truth Has Come", avec la rage de Ed, le final chanté en chœur, un côté hymne indubitable : un titre qui doit tuer en live, assurément taillé pour la scène...

Ici, tout n'est qu'ambiance : des guitares lentes, sombres et mélancoliques, en passant par une section rythmique envoûtante comme "A Foreboding Sky" aux frappes hypnotiques de batterie, à la guitare suave et cotonneuse portant à merveille le chant épuré et clair de Ed sur la petite première moitié du titre. L'ensemble est valorisé par des samples atmosphériques qui n'auront de cesse de mettre en valeur les hurlements déchirants, écorchés et intenses de Gibbs, lequel frappera un grand coup avec sa voix claire, un brin naïve comme notamment sur "An Ocean Of Lights" (sorte de slow aérien électrisant).
Si les guitares introductives de "Frozen" vous emporteront vers les SMASHING PUMPKINS de la grande époque, les débauches d'énergie de ce Postcore et son aspect "riffs plombés doomesques" n'auront de cesse de vous surprendre et de vous habiter, tout comme un "The Weight Of Faith", Doomcore par excellence !

Très rapidement sur chaque track, on heabangue, machinalement, lentement, les yeux fermés... Un peu le genre de sentiments et de sensations qui ont pu m'envahir sous le chapiteau de la Terrorizer Tent du Hellfest 2010 en découvrant JOHN GARCIA PLAY KYUSS.... Faites le test sur "The Disappointment" par exemple.

"Lourd à s'en damner, obscurément atmosphérique, avec des émotions intenses et ni plus ni moins que tout à fait fascinant"... Des mots qui résument la présentation du groupe ?
Oui.
Un chant criard (proche du Black parfois) et plaintif, des ambiances mélancoliques voire dépressives (proches d'un TOTALSELFHATRED dans son domaine) et des titres épiques, difficiles d'accès.
"Blessed & Cursed" n'est assurément pas un opus direct, pour des oreilles en soif de son "in your face". Des claviers savamment dosés, des interventions de chaque zico parfaitement à propos...
Et pourtant, il n'en demeure pas moins que la jeunesse du groupe (qui reste tout de même palpable dans cet aspect très cadré et soigné) ne laisse augurer que le meilleur.

Si le terme de Metalcore prog' pouvait être défini précisément, DEVIL SOLD HIS SOUL en ferait partie.

Une expérience à vivre, intensément, pleinement. Un moment magique et pure, sombre et envoûtant, beau dans son immense majorité touchant souvent au sublime.
C'est dit.

Note réelle : 4,5/5.

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Par FENRYL




 
   FENRYL

 
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- Ed Gibbs (chant)
- Jonny Renshaw (guitare)
- Richard Chapple (guitare)
- Iain Trotter (basse)
- Paul Kitney (samples)
- Leks Wood (batterie)


1. Tides
2. Drowning/sinking
3. Callous Heart
4. An Ocean Of Lights
5. Frozen
6. The Disappointment
7. Crane Lake
8. A Foreboding Sky
9. The Weight Of Faith
10. Truth Has Come



             



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