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ABIGOR - Time Is The Sulphur In The Veins Of The Saint (2010)
Par MEFISTO le 9 Mars 2010          Consultée 3121 fois

S'il y avait encore quelqu'un qui doutait qu'ABIGOR avait délaissé le Black pur jus pour se lancer tronche baissée et cornes devant dans le Black Indus avec son dernier skeud ("Fractal Possession"), notamment, eh bien plus aucun doute n'est possible avec ce très curieux et difficile à cerner "Time Is The Sulfur In The Veins Of The Saint".

Je vous avertis, ce ne sera pas la chro de l'année. Enfin, pour ceux qui adorent strictement se coller à l'avis du chroniqueur qui exalte, pour sa part, à lui mettre de la poudre aux yeux avec sa prose. Pour les autres, dont je fais partie, j'essaierai de vous orienter sagement dans cet enfer technique industriel à forte teneur en n'importe-quoi qui prévaut sur ce huitième skeud des Autrichiens. Bref, je vous donnerai de l'info avec laquelle vous vous ferez votre propre opinion, des pièces du puzzle que vous replacerez à votre guise. Attention toutefois de tenter de faire entrer un morceau de contour au centre, vous risquez de forcer longtemps… Belle métaphore qui m'amène à parler de cet album de dingue qui repousse les limites de tout ce qu'a pu pondre le groupe.

"Fractal Possession" ne lorgnait pas simplement du côté Indus, il sautait dessus à pieds joints, chainsaw à la main. Les ambiances et samples de cet album sont tout simplement sublimes, horrifiques à certains endroits, démontrant que le Black Indus est une des sous-familles les plus mystérieuses et difficiles d'approche qui soit. Les prospecteurs comme moi adorent ce genre de trip sans prétention bâti par des mordus d'influences technoïdes et de Metal extrême fourre-tout et malpoli. Sorte de fusion de gros Black sordide avec des instruments à la fine pointe qui n'ont pas toujours des cordes et des tambours. Mais lorsque ses bons vieux instruments classiques sont utilisés par ces grands malades imaginaires, on peut être assuré que l'expérimentation est au rendez-vous. Et c'est justement dans ce domaine ambigu et mal-aimé de l'expérimental que patauge maintenant ABIGOR.

De l'Indus extrême, plus précisément. Et pas juste dans le sens violence extrême ou rythmes endiablés foutant des envies de meurtres en série, plutôt dans une optique de construction aléatoire. ABIGOR se fout de notre gueule sur "Time Is The Sulfur In The Veins Of The Saint", mais il ne nous manque pas de respect. Premièrement parce que malgré la courte tracklist, ce disque a une durée de vie infinie. Deux plages pour 38 minutes de musique intense (qui auraient pu être divisées si vous voulez tout savoir), sans queue ni tête, disparate, élastique comme tous les élastiques réunis et étirés au-dessus de l'Atlantique. Opaque, ébranlant, nimbé de passages hallucinants, rapides, lents, atmosphériques, psychédéliques, artificiels, organiques, du break, du break et encore du break, bref, un buffet.

Basse qui saute comme un ressort, batterie éclectique, guitare aux mille distorsions, voix cauchemardesque aux multiples intonations qui se meut parfois en chœurs… Un self-service où chacun pigera un truc différent en ne pigeant rien à la fin ; déboussolés vous serez, je vous le garantis. Et même après maintes et maintes écoutes. Cela va au-delà du Black archi débile ou du Death d'épouvante. ABIGOR ne veut pas être catégorisé, c'est clair. Il s'arrange pour faire chambre à part, même avec l'underground.

Comment dire… "Time Is The Sulfur In The Veins Of The Saint" requiert une patience énorme et un amour indéfectible pour le Metal hors normes. Ne serait-ce que pour simplement l'aborder, lui céder une place près de vous et accéder enfin à l'illumination. Je ne sais trop de quelle manière conseiller l'écoute de cette… « chose ». Je n'ose dire avec précaution car je ne veux pas freiner la soif orgueilleuse de découverte qui vous habite et je ne veux surtout pas dire à 180 kilomètres sur l'autoroute, car vous seriez peut-être tentés d'accélérer… Sans doute que la formule idéale est de s'ouvrir les récepteurs au maximum et de laisser les œillères dans la penderie. Mettez le cerveau à zéro, formatez le disque dur en somme, et laissez pénétrer ces deux longs chocs électriques en vibrant de toutes vos fibres.

Pour ma part, malgré l'imposant édifice qui s'étale devant moi, je suis incapable d'être abasourdi comme plusieurs. Je sais qu'un sérieux vent de sympathie souffle, mais je suis trop partagé… Alors je coupe la poire en deux. Certains détesteront, d'autres ne tariront pas d'éloges.

Un des albums les plus bizarroïdes que mes oreilles auront croisés au cours de leur déjà longue carrière…

3,5/5.

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- Arthur Rosar (chant)
- Peter Kubik (guitare, basse)
- Thomas Tannenberger (batterie, guitare)


1. Part I
2. Part Ii



             



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