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OM - Conference Of The Birds (2006)
Par POSSOPO le 17 Février 2010          Consultée 4022 fois

En 2006, OM existe !

L'aventure SLEEP qui avait largement bavé sur le début de carrière du duo est aujourd'hui terminée, "Conference Of The Birds", évidemment toujours riche des effluves laissés sur lui par le groupe qui l'a précédé, se découvre une personnalité propre. Tout ça en poussant un bouton, dingue quand même.
"At Giza", une basse en son clair. Une basse ronde, chaude, imposante mais en son clair. Et une batterie toujours en apesanteur. Impossible alors d'établir un quelconque parallèle avec "Dopesmoker", "Jerusalem", "Sleep's Holy Mountain", encore moins "Volume One". Et si beaucoup n'ont pas vraiment cherché à faire la différence entre l'avant et l'après Matt Pike, Al Cisneros et Chris Hakius ont aujourd'hui décidé de montrer à la face du Stoner que tout en continuant dans la direction narcoleptique et herbeuse qu'avait suivi SLEEP tout le long de sa carrière, OM est bel et bien autre chose, une entité à part entière qui révèle à présent tout son caractère.

"Conference Of The Birds", trois personnages d'égale importance pour un disque remarquable et susceptible de faire de l'ombre à n'importe quel opus de la lourde discographie de son géant de prédécesseur s'il n'était pas justement devenu si singulier et original.

Quatre cordes pour mener la montée vers des cieux du haut desquels le grand SABBATH contemple ses ouailles. Des schémas qui se répètent sans lassitude, de véritables riffs, des semblants de soli joués avec lenteur dirait-on, la basse se joue des règles et fait bien ce qu'elle veut, usant de toute la longueur de son manche pour rappeler aux oublieux toute la richesse d'un instrument trop souvent voué à suivre bêtement quelques lignes tracées rapidement, histoire de gonfler un spectre sonore dominé par le gratouillis des guitares. Ici, dans un confortable nuage de volutes, l'instrument a de la place et prend toutes ses aises. Rythme et mélodie, danse langoureuse jusqu'à ce fuzz qui déboule enfin pour disparaître. Et qui réapparaît plus fort qu'avant. La pédale reine prend place dans l'arène dans une très grande, dans une très longue, dans une très majestueuse progressivité. Puis c'est l'envolée Stoner/Doom.

"At Giza" était un tremplin, "Flight Of The Eagle" se veut tout aussi personnel malgré une utilisation des instruments qu'on pourrait croire en tous points identique à "Variations On A Theme". Gloire à la batterie.
Une batterie aux relents jazz feutrés, formidable de présence discrète, elle aussi nouvelle reine de la progressivité et qui gagne en puissance tout au long d'un premier morceau qui monte encore et toujours. Mais c'est sur "Flight Of The Eagle" que l'instrument céphalopode gagne tous ses galons. Car il sait conserver une pondération bien inconnue de la plupart des morceaux Rock de la création. De l'énergie, beaucoup d'énergie mais encore plus de mesure et de retenue pour un Stoner lorgnant vers du très vieux PINK FLOYD en mode jam.

Reste la mutation vocale. Quelle expressivité et quelles modulations entre deux morceaux incapables de vivre l'un sans l'autre. La clarté d'un déclamatoire modelé chez les experts du Rock psyché seventies le plus hypnotique associé au SABBATH acoustique des premières années d'un côté, les accents rauques chers à nombre de représentants actuels du Stoner Doom lénifiant cependant rehaussés d'une immense pudeur qui fait toute la richesse d'un organe devenu magnétique de l'autre. Une pudeur qui fait toute la différence.

En piochant loin au fond de ses influences (OM recycle plus qu'il n'invente), OM vient ainsi de se trouver une personnalité, bien plus que ça de concocter sa petite formule magique à lui. Et "Conference Of The Birds" est un long escalier menant à l'extase. La nébuleuse Stoner comporte désormais dans ses rangs un nouveau grand qui, quelque part entre minimalisme et sublime retenue, nous livre un bœuf en courant ascensionnel qui frôle le cinq étoiles d'un demi-quart de bang. Qui pour une soufflette ?

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   (2 chroniques)



- Al Cisneros (basse, chant)
- Chris Hakius (batterie)


1. At Giza
2. Flight Of The Eagle



             



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