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STONER DOOM  |  STUDIO

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OM - Variations On A Theme (2005)
Par POSSOPO le 12 Janvier 2010          Consultée 3910 fois

OM commence bien, OM commence par son nom. OM (prononcez auuummm), la syllabe sacrée aux trois sons primordiaux, le commencement, la continuation et la fin, la naissance, la vie et la mort, Brahma, Vishnu et Shiva, la totalité de ce qui existe en un symbole unique, l'essence première de l'univers, la globalité des sons émis par l'être humain. Du mystique pour un groupe né des cendres encore chaudes du divin SLEEP. Et "Variations On A Theme" pourrait fort bien s'insérer dans la discographie du dormeur que personne n'y verrait à redire. Al Cisneros et Chris Hakius reprennent leur poste avec ferveur tandis que Matt Pike s'en va fonder le très satisfaisant HIGH ON FIRE, projet plus foncièrement Heavy.

À dire vrai, ce premier album ne semble qu'une première ébauche, presque un appendice à la colossale carrière de SLEEP. C'est même à se demander s'il ne s'agirait d'une espèce de vrai faux dernier album avorté, retardé pour problèmes de droits ou conflits au sein du groupe ou je ne sais quoi encore et amputé d'une guitare dont on oublie étrangement vite l'absence. Une guitare qui voit son spectre sonore (moins des solos aigus qu'on ne regrette pas plus que ça) récupéré par une basse plus imposante que jamais. Plus de rondeur dans la distorsion, évidemment. Variations sur un thème sorti du magma SLEEP et OM ne connaîtra l'émancipation qu'un an plus tard avec "Conference Of The Birds".

Ce dernier album de SLEEP moins Matt Pike / premier album de OM fait dans l'air et la terre. La terre de laquelle il puise sa force et ses intentions primales, l'air enfumé susceptible de le faire décoller et atteindre un état supérieur. Puisant toute son inspiration dans le sacro-saint terreau BLACK SABBATH, largement enrichi d'un engrais très actuel, "Variations On A Theme" poursuit sa recherche des origines. La quintessence du Doom initial, là est l'objectif d'ailleurs déjà atteint précédemment, sur un chef-d'œuvre venu d'un sol humide et chaud comme "Dopesmoker" (j'aurais pu citer "Jerusalem", peut-être même "Sleep's Holy Mountain"). Que dire de plus sinon que l'office ressemble en bien des points à toute l'œuvre passée d'un artiste dont OM ne se détache pas encore. Vous vénérez SLEEP, vous vénérerez cette nouvelle litanie lourde et saturée quand bien même le discours n'a guère changé de plus d'un instrument et d'un demi-iota. Trois titres qui s'étirent à l'infini dans un mouvement d'une lenteur qui rend hommage à la pesante évolution des éléments dans leur toute-puissante majesté, les premières expériences extrêmes d'un KYUSS poussées à leur paroxysme, un groove contraint à toujours plus de minimalisme. La formule est connue et ne fonctionne que par répétition. Du plus profond des entrailles de l'énorme boule qui héberge notre monde jusqu'à l'élévation cosmique, une messe lancinante pour accompagner ce long voyage, ce très long voyage psychotrope, équipé des éternelles substances. Elles aussi tellement terriennes, puis évanouies en fumée une fois le cône magique totalement consumé, elles rejoindront les cieux pour vous y attendre. Et tout recommencera… Vous êtes déjà partis ?

Restent les dernières ouailles peu habituées à tout le décorum narcoleptique qui entoure ces nouveaux acteurs de la scène Metal, l'antithèse de ce tout ce qu'on leur a appris auparavant. Des curieux qu'il faut charmer afin qu'eux aussi comprennent. Ce Doom enfumé, ce Stoner réduit à sa plus pure essence n'est pas une déperdition d'énergie, nul besoin de pogoter en espérant que la musique vous suive, le headbang est prohibé, oubliez vos refrains repris en chœur. Ce nouveau discours musical qui s'ouvre maintenant à vous vise à canaliser ce que vous avez toujours eu l'habitude de gaspiller. Une force immense vous envahit, une force paisible qui préfère parler à votre psychique qu'à votre physique. Ne bougez pas, restez là, ne faites rien, votre cerveau se laisse guider par les puissances telluriques prêtes à vous envoyer ailleurs, dans un endroit qu'aucun de vos prêtres du Metal ne connaît, un endroit différent, un endroit synonyme d'absolu. Répétez après moi… Auuummm, Auuuummm.
Votre petit monde étroit vient de se refermer, le grand Univers s'ouvre et attend que vous le visitiez.
Veuillez entrer.

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   (2 chroniques)



- Al Cisneros (basse, chant)
- Chris Hakius (batterie)


1. On The Mountain At Dawn
2. Kapila's Theme
3. Annapurna



             



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