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MUSTASCH - Mustasch (2010)
Par POWERSYLV le 28 Décembre 2009          Consultée 4369 fois

MUSTASCH, groupe suédois formé en 1998 (11 ans déjà) est un groupe complètement en décalage :
- par rapport à son label : parce que mine de rien, du hard rock « roots » sur Nuclear Blast c’est pas tous les jours que ça arrive. Vous me direz « Y a GOTTHARD » ... mais bon, même si j’apprécie les Suisses, les références de GOTTHARD c’est surtout les années 80.
- par rapport à son temps : car même si on sent que, depuis quelques années de jeunes pousses qui prêchent un revival et la promotion de l’authenticité connaissent un certain succès (THE ANSWER, WOLFMOTHER et consorts), les tendances métalliques du moment restent tout de même l’extrême et le metal à chanteuse.
- par rapport à son origine : la Suède ...

Parce que souvenez-vous, 10 ans plus tôt, la Suède, c’était quoi ? A ma droite : HAMMERFALL, LOST HORIZON, STEEL ATTACK, NOSTRADAMEUS ... le feu, l’acier, les armures, Musclor et son tigre de combat étaient ressuscités, pour la plus grande joie de ceux qui attendaient enfin ceux qui allaient pourfendre les restes d’un grunge moribond et d’un neo-metal iconoclaste. A gauche : IN FLAMES, DARK TRANQUILLITY et un SOILWORK qui commençaient à frétiller gaiement de la quéquette. Alors en 1998, en Suède, porter des chemises à carreaux, des barbes de 3 jours et jouer des gros riffs gras de mastodontes hérités du SABBATH des années 70 (le vrai), ça rimait à quoi ?

N’empêche qu’ils ont eu raison de persister à fouiller dans le cambouis les p’tits gars. MUSTASCH pratique un hard rock énergique en prenant tout ce que les années 70 avaient de meilleur, y compris les poils sous le nez (surtout) et sous les aisselles (accessoirement) - avec une injection de vrai stoner rock dedans. D’ailleurs, pour l’anecdote, le patronyme du groupe n’a-t-il pas été inspiré par des maîtres à penser aussi illustré que Tony Iommi, Freddie Mercury ou Buck Dharma (qui a dit José Bové) ? MUSTASCH parvient dans son pays natal et avec ses 2 premiers albums ("Above All" en 2002, "Ratsafari" en 2003) à faire sensation puisqu’il sera nominé à chacun d’entre eux aux Swedish Grammy Awards ... mais sans rien obtenir. Qu’importe, on n’est pas pressé. Après "Powerhouse" en 2005, c’est avec le EP "Parasite !" (2006) et leur 4ème album "Latest Version Of The Truth" (2007) que le nom de MUSTASCH commence à circuler plus loin que la Suède. Eté 2008, le groupe, coincé entre GIRLSCHOOL et NASHVILLE PUSSY fait flamber les bananes sur l’une des grandes scènes du Wacken lors de la première demi-journée du jeudi. Le créneau n’est pas forcément le meilleur mais MUSTASCH tire son épingle du jeu en attirant devant son show bon nombre de festivaliers.

Entre temps, le guitariste Hannes Hansson et le batteur Mats Hansson se sont faits la malle, remplacés derechef et respectivement par David Johannesson et Danne McKenzie. MUSTASCH II (le retour de la vengeance) est sur les rails. Et vroum, voici venir cet album auto-intitulé digne de son prédécesseur avec tous les ingrédients qui font la personnalité du combo suédois. Une intro doom/stoner bien grasse ("Tritonus" est le dernier titre de l’album mais l’intro sert d’avant garde à l’ensemble de l’album) met dans l’ambiance mais on se rend compte par la suite de l’album que MUSTASCH n’est pas qu’un combo de stoner mais de hard rock au sens large. Certes, y a du lourd : le diabolique "Heresy Blasphemy", (irrésistible) est dans la même veine - tempo soutenu, frappe massive, gros son, pont avec soli de guitare et pédale wah-wah tout azimut ... Ralf Gyllenhammar, vocaliste bourru, guitariste et maître incontesté de la troupe calque sa voix sur le tempo, au millimètre près. Y a aussi le graisseux "The Man, The Myth, The Wreck" qui s’imprime automatiquement dans les esprits (bien que je ne sois pas fan absolu de ce titre par contre), "Desolate" et l’intervention surprenante d’un accordéon, "Blackout Blues"...

Le propos varie avec l’urgent "Mine", plus rentre-dedans dans la rythmique ou encore l’entraînant "Deep In The Woods" qui sonne très années 80 (dès l’intro) : un titre qui accroche l’oreille tant il dépareille du reste. On observe également l’influence THE CULT qui est très présente sur "Damn It’s Dark" ou encore "Lonely" où le mimétisme entre la voix de Ralf et celle d’un certain Ian Astbury est saisissant. Enfin "I’m Frustrated" permet une pause ballade fraîche et sympathique, dans un contexte plus acoustique avec intervention de violons. Pour finir et on l’évoquait tout à l’heure, "Tritonus" (le morceau complet cette fois) : violons en intro qui donnent après quelques cris la main au thème principal du morceau (celui de l’intro, pour pousser l’auditeur à remettre le disque après), un phrasé central qui alterne avec un passage plus cool et confidentiel où Ralf est quasi-narratif (non, ce n’est pas Grand Corps Malade).

En somme, MUSTASCH n’a pas inventé l’emballage des babibels mais met les choses au point avec ce 5ème album éponyme : droit au but, quelques fantaisies pour ne pas lasser, pas de chichi et pas mal d’énergie. Un dégagement d’énergie qui ferait pâlir Nicolas Hulot et Noel Mamère réunis. Ben oui, un disque qui flambe comme ça dans la platine, ça dégage du CO2, j’y avais pas pensé. Bah, qu’on se rassure, ce CO2 là est bien inoffensif. Alors pas d’excuse : vous savez ce qu’il vous reste à faire. Un groupe avec lequel il faudra probablement compter dans le monde du hard rock à tendance graisse de phoque (grouiiik).

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- Ralf Gyllenhammar (chant, guitare)
- David Johannesson (guitare)
- Mats Johansson (basse)
- Danne Mckenzie (batterie)


1. Tritonus (prelude)
2. Heresy Blasphemy
3. Mine
4. Damn It's Dark
5. The Man, The Myth, The Wreck
6. The Audience Is Listening
7. Desolate
8. Deep In The Woods
9. I'm Frustrated
10. Lonely
11. Blackout Blues
12. Tritonus



             



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