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CULT OF LUNA - Eternal Kingdom (2008)
Par VIVI le 11 Septembre 2008          Consultée 4510 fois

Être fan, c’est parfois difficile (LOLZ). Surtout quand on aime de façon irrationnelle un groupe. C’est un peu mon cas avec CULT OF LUNA. Cela fait désormais un moment qu’il truste la première place de mes groupes favoris et c’est pourquoi chaque nouvelle sortie est un moment insoutenable où mon inquiétude n’a d’égale que mon impatience de gamine. Difficile donc de rester objective dans ces moments… Autant vous le dire d’emblée : j’aime "Eternal Kingdom", j’ai été séduite. Mais voilà, au-delà de ce fait, il est loin d’être un chef d’œuvre ou génial. Explications…

Déjà, faisons un petit cours sur la genèse de cet opus. Le groupe, suite à la découverte dans leur local de répet’, construit sur un hôpital psychiatrique des années 20, d’un journal intime d’un ancien patient, s’inspira de ce fameux journal pour créer ce concept-album. Les textes narrent les errances d’un homme fou ayant tué sa femme et vivant dans son monde imaginaire, mais qui clame son innocence en expliquant qu’elle a été tuée par Näcken (ou Satan dans le jargon trVe-Evil). Les écrits trouvés dans le journal intime ont donc été réutilisés ici pour recréer l’histoire de cet esprit malade. Passons à la musique maintenant…

Ma première écoute fut tout à fait jubilatoire, j’avais l’impression de retrouver l’ambiance de leurs premières œuvres : à la fois corrosive et plombée. Et cette impression ne fera que se confirmer avec le temps, "Eternal Kingdom" pouvant se définir comme une synthèse de "Cult of Luna" et "Salvation".
Quelque part, le combo vient d’opérer une sorte de régression. J’entends par là qu’il est revenu à ce qu’il faisait au début, plutôt que de continuer sur la lancée Post-Rock de "Somewhere Along The Highway". Est-ce vraiment un mal ? Pas tant que ça. D’une part, il ne se rapproche de ses débuts uniquement dans les ambiances et non sur la forme. Ici s’exprime tout le savoir-faire d’un riff qui t’enfonce six pieds sous terre, d’une basse qui te secoue la moindre entraille et d’un chant rempli d’une telle rage que tu ne peux que te joindre à son désespoir.
Jamais la formation n’avait su aussi bien tirer parti de son line-up (et ils sont huit désormais !!). EK est un album riche, il suffit d’écouter la discrétion des touches électroniques de "Mire Deep" ou la percée des guitares sur "Ghost Trail" (qui justifie à lui seul l’achat du disque) pour s’apercevoir du travail de fourmi qui a été fourni. Je n’arrive d’ailleurs jamais à me remettre de cette piste tant elle est furieusement épique et jouissive. Et ce ne sont pas les seuls moments de bravoure. Je retiens principalement "Curse", véritable bloc de désespoir d’une lenteur asphyxiante, ainsi que le titre de clôture "Following Betulas". J’admets avoir été tout d’abord gênée par la présence des cuivres, mais avec le temps, cette démarche lui donne une touche singulière et dérangeante (quelle fin mes aïeux !).

Mais voilà, c’est aussi ce titre qui m’amène à faire mon premier constat négatif : à part cette dernière, on ne dénote pas vraiment de grandes prises de risques. Bien entendu, un soin tout particulier a été fait au niveau des arrangements, mais ils se contentent de rebalancer la même sauce en la relevant plus ou moins. La production est toujours un peu la même, et ils ne s’extirpent plus vraiment des codes du genre se laissant (trop) aller à ce qu’ils savent faire. Avec le temps, cela permet d’obtenir une musique toujours plus nuancée et fouillée, mais c’est aussi un catalyseur à la lassitude. Je me dois par ailleurs de lancer un carton rouge à Klas Rydberg. Même s’il reste l’un de mes chanteurs préférés pour la rage et le désespoir qu’il véhicule, on sent clairement qu’il est en train de se bousiller les cordes vocales. Un renouvellement de son chant s’impose, voire un renouvellement du chant tout court. Même si je l’adore, il est sacrément monocorde.

Il est évident qu’EK est homogène, et que son ambiance naviguant entre la folie et la tristesse fait son effet. Je ne peux pas parler de déception d’ailleurs, j’aime ce retour à l’abrasivité, cette lourdeur implacable, ce désespoir moite et ces percées de lumière ("Ghost Trail", encore lui !). En revanche, à trop être encensé par la critique, CULT OF LUNA s’est laissé aller à une sorte de routine et ne s’écarte plus vraiment des sentiers battus. Même si ma chronique ne sera qu’une goutte dans l’océan du web, c’est mon premier avertissement à leur égard : un album comme ça, c’est agréable car on est en terrain connu, mais il manque la prise de risque, la petite folie qui aurait pu (dû ?) le rendre unique. Est-ce qu’ils seront capables de changer la donne ? Honnêtement j’en doute, mais cela ne m’empêchera pas de rester leur number one fan…

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   (2 chroniques)



- Johannes Persson (guitare, chant)
- Fredrik Kihlberg (guitare, chant)
- Erik Olofsson (guitare)
- Klas Rydberg (chant)
- Magnus Lindberg (guitare, percussion)
- Thomas Hedlund (batterie)
- Andreas Johansson (basse)
- Anders Teglund (claviers, programmation)


1. Owlwood
2. Eternal Kingdom
3. Ghost Trail
4. The Lure (interlude)
5. Mire Deep
6. The Great Migration
7. Österbotten
8. Curse
9. Ugín
10. Following Betulas



             



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