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EARTH - The Bees Made Honey In The Lion's Skull (2008)
Par KERAZ le 27 Mars 2008          Consultée 3554 fois
Avec près de 20 ans de carrière discographique, EARTH est devenu un incontournable, dans le monde du doom metal. Véritables pionniers, ils ont repoussé les limites, déjà marginales du style, pour créer le drone metal, une musique encore plus difficile d'accès, prônant le minimalisme, notamment à travers une lenteur dépassant parfois l'entendement, et un son principalement axé sur les ambiances, et bien entendu, aucune trace de vocaliste chez EARTH! Un groupe culte, donc, mais très méconnu du public metal en général. Pourtant, au fil des années, leur musique a atteint un niveau de raffinement peu commun, et s'est enrichie de diverses influences, pas toujours associables au metal en particulier. D'ailleurs, l'écoute de leur nouvel album, "The Bees Made Honey In The Lion's Skull", objet de cette chronique soulève en moi une grande question: font-ils encore du metal? Voici ce que j'en pense.

Cet apparent changement de cap (je n'ai pas écouté les derniers albums en liste) n'affecte toutefois aucunement l'intégrité de la formation. Dès les premières notes de "Omens and Portent I: The Driver", on sait à quoi s'en tenir. Une musique lente et pesante comme une tonne de plomb, mais qui a la particularité d'être étonnamment mélodique et ambiante. S'inspirant probablement des œuvres du PINK FLOYD de l'ère pré "Dark Side Of The Moon", où des expérimentations successives des groupes d'électro des années 70 comme Kraftwerk, le groupe excelle dans l'art de créer des ambiances sombres, voire même glauques. Ce premier morceau officie en quelque sorte d'introduction à l'œuvre, par sa structure minimaliste à souhait et ses improvisations successives. 9 minutes pas forcément lassantes, si on écoute attentivement tous les passages de la pièce.

Le deuxième morceau, malgré une minime accélération du rythme, est tout aussi aérien que le premier, n'offrant aucunement les riffs lourds et distordus qu'on pouvait appréhender. Certes, la guitare est plus présente, l'une doublant la basse, dans une structure très répétitive, et l'autre en avant-plan, créant diverses sons et jouant quelques arpèges, qui sonnent agréablement bien à mes oreilles. "Rise To Glory" est un morceau tout aussi énigmatique que le premier (notamment par ses silences inopinés), et qui passe excessivement rapidement. Par-contre, sur le morceau suivant, intitulé "Miami Morning Coming Down II (Shine)", on commence à tomber dans l'ennui. Le morceau est beaucoup plus fade que ses prédécesseurs, et apporte peu de nouveau, si ce n'est que de petits leads de guitare aériens au milieu du morceau. La séquence plus que répétitive du morceau martelle le cerveau jusqu'à la toute dernière seconde... Mais heureusement, le morceau suivant, le très Floydien "Engine Of Ruin" vient sauver la donne, avec son brillant jeu de guitare, utilisant à souhait les harmonies, les arpèges et divers sons, caractéristiques au groupe. On peut quasiment parler de rock progressif tant ce morceau est riche en variétés. Sans doute l'un de mes coups de cœur de l'album.

Suit le dernier avant la fin de l'album, qui se fait un peu tardive (c'est quand même long écouter un album de drone!). Mais heureusement, la curiosité et l'appréhension dépassent la fatigue, et c'est avec intérêt que j'ai écouté la deuxième partie du morceau "Omens and Portent". Un morceau pas forcément différent du premier, qui offre une structure similaire, mais avec un jeu de guitare résolument plus inspiré et développé. La première partie constituait donc une introduction à ce morceau, en plus de l'album en entier. "Omens And Portents Part II: Carrion Crow" n'est pas un morceau particulièrement brillant, mais il parviendra tout de même à vous garder éveiller jusqu'à la fin. "Hung For The Moon", bien qu'il soit très potable aussi, n'apporte rien de nouveau à cet album, qui reste fidèle au style (répétitif bon sang !). Inutile donc de s'y attarder, d'autant plus que le morceau éponyme est beaucoup plus intéressant.

Impossible de parler de ce titre sans parler du brillant jeu de guitare, encore plus inspiré que sur les pièces précédentes, rendant le morceau littéralement transcendantal. Absolument rien de heavy dans ce morceau. En fait, il évoquerait parfaitement le passage de la bible auquel il fait référence. La fusion entre la guitare et le piano est tout à fait sublime, et l'arrivée de la guitare électrique vers le milieu du morceau ne fait que l'enrichir. Les solos sont tout à fait magnifiques, et croyez-le où non, "The Bees Made Honey In The Lion's Skull" contient des moments d'intensité. Un grand morceau d'ambiant, d'expérimental, bref de tout ce que vous voulez! Voilà une façon exemplaire de terminer un album de ce genre.

Bien qu'il comporte ses imperfections, "The Bees Made Honey In The Lion's Skull" prouve sans contredit la maturité et l'inspiration du groupe, qui pratique un genre musical plutôt critiqué pour son minimalisme. Une chose est certaine, cet album est un album inspiré, et très inspirant également. À écouter avant de se coucher.




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   KERAZ

 
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Non disponible


1. Omens And Portens I: The Driver
2. Rise To Glory
3. Miami Morming Coming Down Ii (shine)
4. Engine Of Ruin
5. Omens And Portens Ii: Carrion Crow
6. Hung From The Moon
7. The Bees Made Honey In The Lion's Skull



             



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