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EARTH - Angels Of Darkness, Demons Of Light Ii (2012)
Par POSITRON le 5 Avril 2017          Consultée 488 fois

"Sigil Of Brass", titre remarquablement court pour EARTH, plus habitué à jouer pendant treize minutes que pendant trois, annonce la couleur. La partie un était encore trop dense, trop habitée, trop physique. L'heure est au dépouillement le plus méditatif. Les instruments résonnent dans le vide avec une lenteur démesurée, laissant la guitare s'éteindre lentement entre chaque accord pendant trois, cinq, dix secondes.

Plus effacé, plus léger, moins terrestre, "Angels Of Darkness, Demons Of Light II" est la dégradation, la décomposition, la carcasse de son grand frère. La batterie s'aventure parfois à la limite de l'audible ("His Teeth Old Brightly Shine"), quand au contraire elle n'offusque pas par instants les autres instruments qui disparaissent quelques secondes avant de revenir, dans un grincement de violoncelle, dans un froissement de guitare ("A Multiplicity Of Doors").

Ainsi, plus que son aîné, AODDOL 2 manifeste son influence Post Rock dans le déploiement de ses pistes, en jouant plus que lui sur les dynamiques, tout en conservant ses jam psyché lancinantes, évasives, évanescentes. Dans le même mouvement et quoi que de façon très relative, il s'éloigne un peu de cette impression de Stoner Doom en "clean", sans Metal, sans agressivité, sans distorsion. Et si AODDOL 1 avait sa pièce titre, AODDOL 2 possède "The Rakehell", l'une des sinon la meilleure pièce qu'ait réalisée EARTH dans ce style, détruisant progressivement un riff d'un simplicité joviale, débonnaire durant douze minutes.

Plus expressif, plus varié, plus aérien, moins proche des "Abeilles", AODDOL 2 est à la fois un pas en avant dans la démarche jam minimale de EARTH, et à la fois un pas en avant vers plus de qualité. Mais en définitive, les deux disques se ressemblant fondamentalement, c'est que ce pas en avant est un pas un peu court, et certainement trop petit pour franchir le fossé, - que dis-je le fossé - le gouffre que représente un point. Qu'importe. Les vrais de vrais savent qu'il faut lire les chroniques en entier* sans s'arrêter à la note... Et que d'ailleurs trois est une note très correcte, suffisamment haute pour traduire en dose non négligeables mon respect, et mon affection, envers un disque que j'aime sans passion, comme un ami qu'il est toujours agréable de revoir sans que notre existence en soit changée si jamais de cet ami il fallait séparer.

Fort heureusement, à l'heure de l'internet 2.0, il est désormais possible de maintenir des rapports sociaux comme de se procurer un disque ou son contenu avec un minimum d'efforts, grande nouvelle pour les fainéants tels que moi qui pourront consacrer le temps gagné à glander dans leur lit en écoutant la bande son de leur choix. Et je, de signaler pour remplir une chronique qui tiendrait parfaitement en quelques mots, que ce disque s'accorde très bien avec cette activité. Plus que le chroniqueur, croyez donc le paresseux.

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(*) Celle-ci étant de surcroît plutôt courte.

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   POSITRON

 
  N/A



- Adrienne Davies (batterie, percussions)
- Karl Blau (basse)
- Lori Goldston (violoncelle)
- Dylan Carlson (guitares)


1. Sigil Of Brass
2. His Teeth Did Brightly Shine
3. A Multiplicity Of Doors
4. The Corascene Dog
5. The Rakehell



             



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