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EARTH - Pentastar: In The Style Of Demons (1996)
Par MOX le 10 Mai 2010          Consultée 2632 fois

L’histoire d’EARTH n’est pas bien compliquée, mais elle aurait sans doute profité d’un peu moins de publicité autour de la mort de Kurt Cobain, puisqu’on nomme Dylan Carlson comme celui qui a acheté le fusil qui a tué NIRVANA (le coup était parti tout seul, selon des témoins oculaires). Dans de telles circonstances, on comprendrait l’attitude low profile de Carlson, qui mettra d’ailleurs en veille son groupe après cet album qui le consacre parmi les plus grands concepteurs de pochettes.

A apercevoir cette jolie caisse 70’s (écrivez-moi des mots si vous connaissez le modèle), on est tout en droit d’attendre du ronronnement de moteur, des couples en rage et des pots catalytiques qui explosent. Du son, du gros son. Du Drone ? Ah certainement pas, mon bon ami, cer-tai-ne-ment pas. EARTH avait commencé à tourner une page de sa propre histoire sur "Phase 3", et c’est carrément un nouveau chapitre qu’on entame ici, en terres stoner.

Reposante comme toujours, la musique d’EARTH s’enrichit cette fois d’une allure enfumée assez évidente. Aux rythmiques molles et baveuses se colle un chant parfois fatigué et lointain, et tout à coup, on imagine le groupe en mime Marceau du drogué en phase haute, tentant de rallier une épicerie de nuit un samedi. Le regard flasque, l’équilibre perdu mais dodelinant des membres avec régularité, l’héroïnomane d’EARTH ne fait ni pitié ni peur, il est plutôt à l’avenant. Pourtant, en dehors de ses gesticulations parfois entraînantes, il surprend à partir en tirades délirantes sur la vie, l’hyperespace et les déserts salins de Bolivie. On le perd un peu, il rabâche ses phrases, malhabile dans son expression. Il rabâche en fait un peu trop, ses troubles prenant trop le contrôle de sa santé mentale, et c’est ainsi qu’EARTH palabre près de la moitié de l’album à l’aide de nappes de claviers sans but, d’ambiances mal évoquées, de répétitions jusqu’à la nausée.

L’écoute n’étant pourtant pas si désagréable, on admet volontiers l’album « cool », « coolos », « tranquillou-mémère », « bien chill out en criss », etc. Soit parfaitement oubliable, en d’autres termes. Pour un groupe de cette trempe, le niveau semble bien faible, la prétention bien absente. Après des mastodontes comme "Extra-Capsular" et "Special Low Frequencies Version", EARTH a préféré continuer humble, rendant hommage à ses influences, jouant la même musique, sans surplus et ce jusqu’à reprendre un morceau d’Hendrix.

Après tout, ce n’est pas si mal. Il y a un sacré toucher de guitare, un son brouillon à même de plaire quiconque en est à sa deuxième pinte, un sens du rythme qui, au moment même où j’écris, active mes fessiers de la même manière que mes séances de musculation à domicile ; et le plan se déroule finalement sans accroc (celui qui ne reconnaît pas cette référence est une fille). Et puis, « Tallahassee » est le seul morceau d’EARTH que je sache siffler en public. Essayons de siffler « Teeth Of Lions Rule The Divine » pour voir, hein, on est à destination avant d’avoir commencé la deuxième note. Culte ou pas, le Drone d’EARTH, qu’on le considère écrasant ou reposant, ne peut s’écouter qu’en conditions particulières. Alors que ça, par exemple, passe très bien en voiture. En avion aussi, mais ça a moins d’effet je trouve.

Eh bien non. Un album de Stoner ainsi entrecoupé, à intervalles réguliers, de titres ambient et répétito-relou, brisent le feeling et la vibe avec mon mec. Et quand bien même, EARTH ne semble pas fournir un effort surhumain pour la composition. Le fait que "Pentastar" ne résonne pas dans le silence, qu’il n’accompagne que les soirées à thème et qu’il balbutie 50% du temps, le classe parmi les objets de moindre importance.

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- Dylan Carlson (guitare, chant, piano)
- Ian Dickson (guitare, basse)
- Sean Mcelligot (guitare)
- Mike Deming (orgue)
- Michael Mcdaniel (batterie)


1. Introduction
2. High Command
3. Crooked Axis For String Quartet
4. Tallahassee
5. Charioteer (temple Song)
6. Peace In Mississippi
7. Sonar And Depth Charge
8. Coda Maestoso In F(flat) Minor



             



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