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SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE - Anima (2007)
Par SPHERIAN le 28 Octobre 2007          Consultée 4483 fois

Cet album est un vrai scandale, une anomalie, une monstruosité. Pourquoi ? Parce que SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE (S.U.E) nous à refait le coup ! Cette fois-ci, pourtant, on ne peut pas dire que nous n’étions pas prévenus, qu’on nous a pris en fauve comme lors de la sortie du bien nommé Mental Torments qui fit tourner quelques têtes. On savait qu’Anima allait être plus agressif, on se doutait que le groupe aurait pris de la bouteille au fil des concerts et que l’expérience acquise ne pouvait être que bénéfique. Pourtant, on s’est encore fait avoir comme des bleus !

Pour ceux qui ne connaissent pas la formation niçoise, sachez que c’est tout simplement LE fleuron du prog metal français, probablement LE groupe hexagonal le plus prometteur du style et celui le plus à même d’éclater sur la scène internationale. Le label Intromental, (CIRCUS MAXIMUS, MANTICORA, PYRAMAZE, FAIRYLAND, REDEMPTION, WUTHERING HEIGHTS), très en vogue en ce moment ne s’y est pas trompé et a pris le groupe sous sa coupe pour, on l’espère, l’aider à dépasser nos frontières. Et le plus vite sera le mieux !

Là où Mental Torments impressionnait par sa diversité, sa technique et son inventivité (notamment par la facilité avec laquelle ces jeunes musiciens intégraient de nombreux styles différents tel un BEYOND TWILIGHT), Anima surprend par son unité, sa maturité (après seulement deux albums) et les talents de composition de Vince Benaim et sa bande. On est aussi frappé par la mise en avant des guitares rythmiques qui forment un constant mur sonore pour un album beaucoup plus heavy (parfois speed comme sur « Sceptic ») que Mental Torments. Le groupe avait laissé entendre que le ton se durcirait, on est servi ! Les atmosphères posées du premier album du groupe ont été remplacées par des chevauchées largement plus véloces (« Neptune’s Revenge », « World Of Madness ») qui donnent un côté bien plus sombre et heavy à Anima.

Le groupe a subi un important changement de line-up avec l’arrivée dans ses rangs de Nicolas « Ranko » Muller, le forgeron de la formation black metal ARTEFACT. Celui-ci a sans conteste beaucoup apporté à la section rythmique qui s’appuie maintenant (encore plus) sur des suites de mesures asymétriques superbement senties (« The Inner Quest »). L’arrivée de Ranko va sans doute aider le groupe à franchir un palier comme Mark Zonder l’avait permis à FATES WARNING en son temps. S.U.E, et c’est sa grande force, est une équipe soudée constituée de fortes individualités où chacun possède sa place. Ainsi, Vince Benaim est une machine à riffs acérés préférant souvent céder la place à Fred Columbo (claviers) pour les soli. Ce dernier peut toutefois à lui seul poser l’ambiance d’un titre (« The Key ») par l’utilisation intelligente de l’électronique et de petites ritournelles facilement mémorisables. Quant à Ranko et John Drai (basse), rien à dire c’est du solide ! On apprécie énormément le mix du grand Tommy Hansen (HELLOWEEN) qui a laissé une place énorme à la basse (fait plutôt rare dans le metal) et celle-ci fait souvent des merveilles (« The Inner Quest », « End Of Trauma », « Heal My Pain »). Mais la vraie perle du line-up, c’est Frank Garcia. Ce dernier, chanteur de session sur le premier album, est maintenant un membre permanent du groupe et c’est une excellente nouvelle car l’homme sait tout faire avec une facilité déconcertante. Emotion (« Questions »), rage (« Sceptic », « Heal My Pain »), ambiance angoissante (« The Key »), bien qu’il soit plutôt haut perché (tel un Didier Delsaux de MANIGANCE ou Jonas Heidgert de DRAGONLAND), ce qui peut agacer certains à la longue, Frank se positionne comme l’un des meilleurs chanteurs du genre.

Anima (l’esprit, l’âme en latin) n’est pas un concept album mais possède une trame commune. L’album est composé de scénettes décrivant divers personnages qui sont confrontés à leur sentiments. Rage (« Neptune’s Revenge »,) recherche du soi (« The Inner Quest »), indécision (« The Key »), les textes sont vraiment sympathiques (j’ai un petit faible pour le professeur de « The Key » ... que va-t-il faire ??) et quelques narrations dans différents langages (japonais, espagnol, italien, francais) viennent faire leur apparition ci et là pour ajouter au réalisme de chaque situation.

Tous les titres de ce nouvel opus possèdent un petit gout de reviens-y. Mention spéciale à « Neptune’s Revenge », d’une finesse bourrine (oui oui), « End Of Trauma » et son incroyable section instru avant la reprise du dernier refrain et « The Key » pour son atmosphère si particulière, genre roman de Jules Verne. Bizarrement, les deux titres qui m’ont le moins convaincu sont les deux qui ouvrent et ferment l’album « Sceptic » et « Black Materia ». Le premier est ultra-classique et présente d’emblée la facette plus heavy de S.U.E version 2007 alors que le deuxième est du pur progressif (très bonne incartade jazzy ... pas assez longue !) mais pas très accrocheur. Certains titres (« Being », « Stormy Dome ») sont à percevoir comme étant des introductions des chansons qui les suivent mais ne sont absolument pas dénuées d’intérêt. Pour moi, « Anima » démarre véritablement sur « Being ».

On a reproché à S.U.E de jouer une musique élitiste et difficile d’accès sur Mental Torments. Le groupe a intelligemment digéré les critiques et a rendu sa musique bien plus ouverte en offrant des points d’accroche pour l’auditeur. Les riffs et surtout les refrains sont manifestement plus facilement mémorisables. Malgré tout, Anima n’est pas le nouvel album d’IRON MAIDEN et il faudra bien compter 2-3 jours d’écoutes par titre avant que ça rentre ! Les plus persévérants seront récompensés par un disque à la durée de vie quasiment infinie. Apres près de trois mois d’écoutes journalières, je recense encore de nouvelles subtilités. Comme le disait Fredouille dans la récente chronique de MYRATH, si vous avez été déçus par les derniers pétards mouillés des cadors du genre, rabattez-vous sur des groupes moins connus qui méritent vraiment notre soutien.

Alors … pourquoi seulement 4/5 après une chronique aussi élogieuse ? Simple question de bon sens ! S.U.E à montré en seulement deux albums une virtuosité et intelligence rarement égalés sur la scène française et, si le line-up reste stable, on peut s’attendre à la naissance d’un des leaders de la scène metal internationale. Je prie chaque soir pour que le troisième album du combo soit un mélange entre la créativité de Mental torments et la puissance d’Anima. Le 5/5 n’en sera que plus beau.

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   SPHERIAN

 
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- Nicolas 'ranko' Muller (batterie)
- Fred Colombo (claviers)
- Franck Garcia (chant)
- John Drai (basse)
- Vince Benaim (guitares)


- Anima
1. Sceptic
2. Being
3. The Inner Quest
4. Neptune's Revenge
5. Stormy Dome
6. World Of Madness
7. End Of Trauma
8. Heal My Pain
9. Questions
10. The Key
11. Black Materia
12. Waltz Opus 64 No.2 (frédéric Chopin Cover)



             



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