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QUEENS OF THE STONE AGE - Era Vulgaris (2007)
Par CANARD WC le 10 Septembre 2007          Consultée 8701 fois

Jusqu’en 2005, si vous rencontriez un fan de Stoner, suffisait de lui glisser dans l’oreille « Joshua » pour voir son visage s’illuminer. A croire que l’HOMME représentait à lui seul le mouvement musical. Après, il y aura toujours des bougons pour cracher sur KYUSS, dire que les QUEENS OF THE STONE AGE « bah c’est pas si terrible que ça » ou démonter les DESERT SESSIONS. Mais si on reste sérieux 5 secondes, faut vraiment être de la pire mauvaise foi pour ne pas reconnaître le talent du groupe, comprendre son succès et se retenir de dandiner comme des dindes à l’écoute de tubes comme "Lost Art of keeping a secret" ou "No one knows".

Puis « Lullabies to paralize » est sorti. Sans être absolument mauvais, il était écrit que Lullabies serait « forcément » décevant. Fatalité ou méforme ? Même si les critiques ont encensé l’album, cherchant à y voir plus que son contenu ne le susurrait, avec un peu de recul il faut avouer que nous n’avions pas grand-chose à nous mettre sous le coude. Son coté faussement « sombre » et sa palanquée de titres plats témoignaient d’une grave stagnation artistique. Même pris en tant qu’album de « transition », cette hésitation entre une forme de complaisance narcissique et un certain déni d’inspiration n’était pas super rassurant.

On attendait donc de pied ferme le nouveau QUEENS OF THE STONE AGE pour prononcer définitivement l’avis de décès artistique du groupe... ou la renaissance d’un des groupes de Stoner les plus excitants qui soit. Rien que ça. Quel enjeu. Excitant n’est-il pas ?

Si vous le voulez bien, écartons d’emblée le débat du « mieux / moins bien que Song for the Deaf ? ». Il semble à peu près certain que « Song » restera à jamais l’OVNI discographique des QUEENS OF THE STONE AGE. Et ce « Era Vulgaris » s’écarte tellement de la démarche initiale du groupe, qu’une remise en perspective apparaît comme inutile. « Philosophiquement » même, la bande à HOMME s’est – semble t’il – davantage inspiré de ce que le sieur a produit avec les DESERT SESSIONS (allez écouter « I see you hearing me » 9&10), plutôt que de repenser un éventuel « Song for the Deaf volume II ». Et c’est tant mieux, une redite aurait été malvenue.

Tabula rasa donc. Les QUEENS OF THE STONE AGE sont donc repartis à l’assaut du « grand » Stoner, conforme à l’idée qu’on peut s’en faire : aventureux, imprévisible et intrinsèquement rebelle. Inutile donc de chercher sur « Era Vulgaris » les tubes FM imparables ou les bombes faisant l’unanimité, le groupe a suffisamment de talent pour planquer plus subtilement les choses. Non pas que des titres comme "Sick, Sick, Sick" ou "I’m designer" n’ont pas la carrure pour séduire un large public, mais même les morceaux les plus évidents de l’album conservent à chaque fois leur part de mystère et leur rugosité inhérente. Ere vulgaire, ère actuelle ? Ni l’une ni l’autre, QUEENS OF THE STONE AGE préfère évoluer à part, entre sophistication un rien élitiste et Stoner soigné jusqu’au bout des ongles.

Pourtant, QUEENS OF THE STONE AGE n’a pas voulu élever faussement le débat. Loin de là. Mais son nouvel album risque de diviser le public entre les fans de l’immédiateté du groupe et les amateurs de Stoner au sens large. Car de prime abord « Era Vulgaris » est déroutant. Les premières écoutes sont décevantes, presque désastreuses. Mais l’album a de la ressource, il s’apprivoise, se gagne au fil des écoutes. En 12 titres et 50 petites minutes, QUEENS OF THE STONE AGE réussit le tour de force d’arborer un Stoner complexe mais sans fioriture. Mélangeant avec un zèle ardent des registres antinomiques, « Era Vulgaris » se nimbe de sa production « crunchy » (un peu garage) pour nous pondre un éventail de titres hallucinogènes et vénéneux. Les guitares vrombrissantes intimident d’abord. Ce mur de décibels est hermétique puis encourageant. On ne voit pas de suite où le groupe a voulu aller. Alors que quelques écoutes auparavant l’album vous tombait des mains, une exquise sensation de légèreté finit par vous transporter. La lumière se fait progressivement et vous voilà projeter en orbite aux confins d’un Metal doucereux, psyché et carré, agressif et tendre à la fois.

« Era Vulgaris » commence sagement. C’est un délire qui s’annonce assez « consensuel ». Efficaces, entêtants mais pas inoubliables : "turning" et "sick, sick, sick" sont des singles honnêtes. Puis dès le troisième titre, c’est l’envolée. QUEENS OF THE STONE AGE vous prend à rebrousse poils, s’installe dans un coin de votre crâne et la magie opère doucement. Ca commence comme un hymne plânant gentillet, puis ça bascule dans un Rock psyché qui tabasse ("Suture up your future"). ZAPPA n’est plus très loin. Vos repères s’envolent, comme vos a priori. L’album commence vraiment.

Chaque titre de « Era Vulgaris » est de ce fait une pièce à part. Les titres se révèlent avec le temps, prennent au fur et à mesure le relief nécessaire. La cohérence de l’oeuvre tient donc dans cette faculté à tout mélanger avec brio. Il n’est pas sûr que le groove intergalactique de "Into the Hollow" plaise à tous. Sans parler de la folie spatiale de "Battery Acid" ou le chaotique "River in the Road". Finalement la seule vraie blague, c’est d’avoir refuser d’inclure le titre éponyme (avec Trent REZNOR en guest excusez du peu) pour des motifs d’«unité artistique».


Enfin peu importe, les Queens of the Stone Age sont redevenus les « Rois » du Stoner. C'est l'essentiel.


Note : 4,5/5

Morceaux préférés : Into the Hollow, Suture up the Future, River in the Road
Morceau bof : turning on the screw

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   CANARD WC

 
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- Josh Homme (chant,guitare)
- Troy Van Leeuwen (guitare,basse)
- Alain Johannes (guitare,basse)
- Joey Castillo (batterie)


1. Turnin' On The Screw
2. Sick, Sick, Sick
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