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WUTHERING HEIGHTS - The Shadow Cabinet (2006)
Par MR. AMEFORGEE le 27 Novembre 2006          Consultée 7847 fois

Pour tout bon ethnozoologue du metal, WUTHERING HEIGHTS est un manticore. Une créature fabuleuse et féroce, hybridation de plusieurs animaux (et en ce sens, WH l’est bien davantage que ses compatriotes de MANTICORA). Bien sûr, le corps de la bête est aisément identifiable : c’est celui du lion musculeux du speed-metal. Rythmiques effrénées, parfois colorées par le jeu des claviers. Mais déjà là, on doit nuancer et avouer que la partie léonine de WUTHERING HEIGHTS présente des caractéristiques de la race féline concommitante au speed : le heavy. Il suffit d’attendre les trois secondes d’introduction de ce "Shadow Cabinet" (rien à voir avec DARKTHRONE, au passage) pour encaisser le jeu de batterie, qui n’est pas seulement rapide, mais surtout très (très) puissant. De plus, Nils Patrick Johansson, le chanteur, ne tapine pas dans les aigus comme l’impose la caste des speedmélodistes, tablant plutôt sur le coffre fort de sa voix médium, qui rugit… comme un lion (l’ethnozoologue notera donc dans son calepin que WH joue ce que l’on appelle, dans le métier, du « speed à coucougnettes »).
Ensuite, le manticore possède des ailes de chauve-souris, qui lui permettent des déplacements complexes et heurtés, qui le rend aussi redoutable dans les airs que sur terre : c’est la touche progressive. On ne compte pas les breaks, les nombreux changements de rythme qui paraissent téméraires voire improbables au premier abord (encore une fois, on songera à cette intro fracassante de « Demon Desire »), les idées qui fourmillent et qui rendent le "Shadow Cabinet" plus difficilement accessible que son illustre prédécesseur. Mais l’on doit aussi au prog le fait que la musique, malgré les différentes influences, tienne la route, ne s’éparpille en définitive pas. Le tout est cohérent, et il faut bien un peu de cette magie pour faire coller des ailes de chauve-souris sur un corps de lion.
Enfin, la troisième créature à composer la silhouette de WUTHERING HEIGHTS, c’est le scorpion, qui a donné au manticore une queue articulée, dont le dard est connu pour contenir le venin létal du folk-metal. Ce dernier est moins virulent que sur "Far From the Madding Crowd", ce qui s’explique par le fait que "The Shadow Cabinet" n’a rien à voir avec l’univers heroic-fantasy développé dans les trois premiers opus. Du coup, le folk est moins présent au niveau des instrumentations (à l’exception d’une touche de violon ou de flûte ça et là) et ne sert plus à établir une atmosphère. En résumé, on peut dire que "The Shadow Cabinet" est plus heavy-speed et moins folk. Mais qu’on ne se trompe pas, la musique celtique nourrit encore copieusement les harmonies (vocales comme guitaristiques) et les rythmiques (les fameuses cadences sautillantes qui font le bonheur des trampolines) de l’album. WUTHERING HEIGHTS reste complètement reconnaissable.

Alors voilà. Il faut apprivoiser la bestiole, ce n’est pas évident au premier coup : mon avis a longtemps été mitigé. Mais après cela, il apparaît qu’il n’y a vraiment aucun morceau faible. Et très peu de temps mort et beaucoup d’épique. A partir de là, il tient de la gageure d’extraire quelques titres pour les commenter. Le début de l’album est très bon, très rentre-dedans, mais finalement, les meilleurs morceaux tendent à se situer vers la fin. On pourra apprécier le speed-folk de « Envy » qui se gorge de quelques relents thrash du plus bel effet (PANTERA ?), ou bien l’accrocheur « Snow », qui se permet même un petit solo hard-blues des familles à la Gary Moore (quand je vous parlais d’une créature hybride…). On peut encore citer le véloce « I Shall Not Yield », qui se pare d’attributs symphoniques (on songera inévitablement à RHAPSODY période POD, en moins kitsch).
Mais on retiendra surtout trois titres : l’excellent « Sleep », qui commence a capella, comme une complainte et qui se finit comme une bonne grosse tuerie speed. Il faut avouer qu’il comporte peut-être le refrain le plus fédérateur de l’album et pour cause, il s’inspire (la première partie du moins) de l’Hymne à la Joie de Beethoven, avec chœur retentissant et tout le tintouin. Ensuite, l’excellent « Faith », qui se présente comme le morceau le plus folk de l’album, avec intro et outro entraînantes au violon, et un refrain très prenant, ligne vocale sinueuse qui enivre (d’ailleurs, petite parenthèse : avec ces titres, on ne me dira pas qu’il n’y a pas de message codé pour les Français: "Shadow Cabinet", « Slip », « Fesse »… et je vous passe l’ « Envy »… C’est ça l’humour nordique ?!). Et pour finir, impossible de ne pas citer le génial « Carpe Noctum » qui clôt magistralement l’album, en bon hymne speed, guitares aux harmonies neo-classiques, chœurs, arrangements orchestraux, intermède folk, et au bout, refrain épique qui va crescendo, lorgnant du côté de MANOWAR et de RHAPSODY (« fight for the pride of the freedom of the glory tonight »), toujours plus ou moins rididule, mais tellement enthousiasmant.

"Far From the Madding Crowd" était un album fabuleux (que beaucoup ont manqué, le groupe ayant le malheur de ne pas être allemand mais danois…). "The Shadow Cabinet" perd pour lui l’effet de surprise et ne paraît pas aussi frais. Pourtant, en s’orientant vers une pente plus complexe et plus heavy, WUTHERING HEIGHTS signe là un album d’une solidité évidente. Pour être honnête, dans les premiers temps de la découverte de l’album, j’étais parti pour l’affubler d’un 3/5. Et puis, l’habitude aidant, le manticore se familiarisant avec ma présence, se laissant approcher, caresser dans le sens du pelage, l’appréciation est montée, petit à petit. Maintenant, il me paraît difficile de ne pas lui attribuer la note maximale, dans la mesure où il n’y a pas de mauvais morceaux (le bonus track est une ballade dispensable, mais qu’importe) et qu’un bon nombre sont même excellents. Il est globalement moins accessible, car plus dense, que FFTMC, mais proportionnellement, il se révèle meilleur. Certes, en abandonnant un peu de sa morgue folk et en renforçant l’aspect speed, il paraîtra aussi un peu moins original. Mais seulement de quelques poils.

Donc bref ! Vous croyiez que le speed-metal était moribond (spécial dédicace à David) ? WUTHERING HEIGHTS prouve magistralement que non : la solution, c’est l’hybridation.

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Par MEFISTO




 
   MR. AMEFORGEE

 
   MEFISTO

 
   (2 chroniques)



- Erik Ravn (guitare, claviers, mandoline,)
- Nils Patrik Johansson (chant)
- Morten Gade Sørensen (batterie, choeur)
- Andreas Lindahl (claviers, choeur)
- Martin Arendal (guitare)
- Teddy 'dr.müller' Möller (basse)


1. Demon Desire
2. Beautifool
3. The Raven
4. Faith - Apathy Divine Part I
5. Envy
6. Snow - Apathy Divine Part Ii
7. Sleep
8. I Shall Not Yield
9. Reason ... ?
10. Carpe Noctum - Seize The Night
11. + Midnight Song



             



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