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P.O.D. - Testify (2006)
Par BAAZBAAZ le 22 Mai 2006          Consultée 3976 fois

Avec ce disque, on se fait d'abord une petite frayeur. Passé le très bon « Roots in Stereo », rapcore étincelant aux guitares acerbes, teinté de reggae et de mélancolie post-grunge, on est soudain pris d'un doute : la faute au morceau suivant, « Lights Out ». Pas forcément désagréable mais pas très subtil non plus. Moins noble, moins nuancé. Juste ce qu'il faut pour se souvenir que P.O.D n'a pas toujours fait dans la dentelle ; aux mélodies fines et posées côtoyant parfois l'extrême agressivité du néo-métal, s'ajoutaient souvent des compositions médiocres, un peu empêtrées dans leur lourdeur ronronnante. Chaque disque de ce groupe, jusqu'à présent, a été gâché par des chansons brouillonnes et fatigantes que l'on finissait immanquablement par éviter. Et là, dès le deuxième morceau, survient un doute : et si, une fois encore, on allait devoir subir l'alternance résignée entre ces chansons lumineuses dont le groupe a le secret, et celles plus fades dont – hélas – il s'est fait aussi une spécialité ? Peut-être P.O.D, finalement, ne sortira-t-il jamais un album homogène, à la hauteur des promesses esquissées autrefois par intermittence dans le très bon – et très bancal – Satellite.

Et puis les morceaux s'enchaînent, et plusieurs petits miracles se produisent les uns à la suite des autres. Comme une confirmation progressive et patiente d'un talent qui, soudain, semble décidé à éclore au grand jour. Une chanson après l'autre s'installe la conviction que cette fois, on tient le grand disque nerveux, brutal et triste que l'on attendait. D'abord il faut entendre « Goodbye for Now », son rap posé et chaud, son ambiance entêtante supportée par une rythmique discrète et expressive. Mais il faut aussi entrer dans les tonalités plus sombres et plus combatives de « On the Grind », minimaliste, ponctué par un refrain – calme et fort – qui reste longtemps, sans s'imposer, après la fin du morceau. Des compositions puissantes et modestes qui installent une impression étonnamment riche en émotions : la palette des sons rappelle By the Way, le grand chef d'œuvre pop des Red Hot Chili Peppers, ou bien – par sa densité sèche et inexorable – évoque parfois Senser, ce groupe maudit que les connaisseurs ne pourront jamais oublier. Tout à coup, un équilibre se dessine enfin chez P.O.D, qui s'installe à la rencontre du rap, du grunge et d'un rock radieux aux accents électroniques.

Et tout n'est pas calme ici. Les morceaux les plus sensibles et les plus accessibles sont une façon de préparer par instant le déclenchement terrible des hostilités, les déflagrations rapcore les plus immodérées : le temps d'un refrain agonisant sur « Mistakes & Glories », ou surtout à travers les guitares heavy et lâchées en rafales de cet énorme « Teachers » claqué à l'arraché à la fin du disque. Ainsi P.O.D répartit les ambiances et les textures, et prouve l'excellence de son inspiration tant dans la dureté que dans une sérénité menaçante où l'on pressent l'annonce d'une explosion. Cet album est beau et cruel à la fois, à l'image de ce reggae enivrant, « Strenght of my Life », qui ajoute à la diversité intrigante de l'ensemble. Et puis il y a cette production : cette clarté pleine d'échos, d'une parfaite netteté mais qui sait aussi ménager des zones d'ombre, laisser le temps aux arrangements pour se dévoiler peu à peu, vient parachever l'impression de profondeur. Au fil des compositions, ce disque se fait enveloppant. Si l'on accepte que les guitares parfois se taisent, si l'on accueille le rythme rusé des vocaux, alors on peut se permettre de s'immerger totalement dans cette musique.

Le plus terrible est que certains passeront forcément à côté. Parce que le rap, parce que le post-grunge, parce que le métal n'est ici qu'un élément parmi d'autres. Tant pis, ils resteront sourds à cet incroyable évènement dans la discographie du groupe : le passage dans la division artistique supérieure. Un disque où éclatent parfois la tempête et le tonnerre assourdissant, puis où l'on n'entend plus – soudain – que la pluie tomber. Et à chaque écoute, un son de plus, une harmonie jusque-là négligée, une découverte au cœur même des morceaux les plus hargneux. Des bonnes nouvelles, il n'y en a pas tous les jours. Des albums qui donnent cette étrange impression de soulagement et de satisfaction, il n'y en a pas tant que ça. Surtout que P.O.D avait été un peu vite catalogué comme un espoir déçu qu'il était commode d'oublier. Mais les choses viennent de changer radicalement. Peu importe la suite, le résultat est là : en poussant à son paroxysme son style éclectique, le groupe est parvenu sans se renier à donner une force inégalée à sa musique. Tout ce qu'il a fait avant semble n'être qu'un avant-goût de ce disque-là. Et c'est ça, une bonne nouvelle...

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   (2 chroniques)



- Sonny Sandoval (chant)
- Jason Truby (guitare)
- Traa Daniels (bassiste)
- Wuv Bernardo (batterie)


- Testify
1. Roots In Stereo
2. Lights Out
3. If You Could See Me Now
4. Goodbye For Now
5. Sounds Like War
6. On The Grind
7. This Time
8. Mistakes & Glories
9. Let You Down
10. Teachers
11. Strength Of My Life
12. Say Hello
13. Mark My Words



             



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