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THERAPY? - Never Apologize Never Explain (2004)
Par BAAZBAAZ le 19 Décembre 2005          Consultée 2704 fois

Au moins, les choses sont maintenant claires. Le titre du disque, en fait : ne jamais s'excuser, ni expliquer. On voit parfaitement où ils veulent en venir. Rien ne sera justifié, rien ne sera compris. Les errements d'une carrière qui avait commencé par la révélation d'un groupe disposant d'un potentiel assez important pour concurrencer les plus grands, et pas seulement sur les terres limitées du métal. Non, Therapy? à ses débuts semblait capable d'aller là où d'autres ont finalement pris sa place. Quelque part entre Pearl Jam, Korn, Placebo ou Radiohead, il y avait sans doute la place pour l'émergence d'un grand groupe populaire issu du punk et de l'alternatif, capable de manier avec le même talent et la même créativité les riffs les plus foudroyants et les mélodies les plus délicates. A cette période charnière que fut le milieu des années 90, on pressentait quelque chose d'immense pour ces irlandais, eux qui venaient d'aligner des albums merveilleux en quelques années à peine. Un compromis entre une musique à la fois directe et complexe, énergique et artistique.
Tout ce qu'ils ont précisément rejeté, ou qu'ils n'ont pas su mener à bien – personne ne le saura jamais. A présent le groupe affiche sa ligne de conduite : le temps des explication est révolu ; il n'y aura plus jamais de tubes, et il n'y aura plus jamais de bon album non plus. Que ceux qui se complaisent dans la nostalgie d'une époque passée cessent d'espérer. Que ceux qui guettent le disque – ou même la chanson – du renouveau aillent s'intéresser à un autre groupe : Therapy? est décidé à continuer sur sa lancée, à poursuivre son chemin à l'identique, sans s'écarter de la ligne de conduite suivie depuis dix ans par le groupe. Sortir souvent des disques. Des disques moyens, inégaux, indignes de la classe affichée à l'origine. Sans saveurs ou alors torturés, bruitistes, la plupart du temps insupportables et complaisants dans leur haine gratuite de tout ce qui ne serait pas brouillon ou répulsif.
Tout ce qui caractérise – en gros – ce nouvel album de Therapy?, qui brise évidemment – mais on s'y attendait – les vagues espoirs nés avec High Anxiety et son parfum suranné. Un album qui ne donne même pas envie d'en chercher les éventuelles qualités, susceptibles de le rendre seulement passable.

C'est pourtant ce que l'on fait, puisque que l'on aime le groupe et que l'on est peut-être le dernier. Bon, le ton est donné dès les premières notes de « Rise Up ». Ce sera du punk-rock alternatif crade et abrasif, un retour au son de Suicide Pact – You First. Un retour à un style qui avait marqué la période la plus sombre du groupe et dont les chansons valaient par leur spontanéité désespérée et rageuse. Le genre de chose que l'on ne fait qu'une fois, et qui ne peut être répété qu'au risque de se planter. Surtout – et c'est le cas ici – lorsque les compositions sont un peu en deçà de ce qui a déjà été proposé des années auparavant. Pour la plupart, du moins : de façon très fugace, une incartade rythmique, un retour de riff rappellent des temps meilleurs comme sur « Perish the Thought » ou sur « Polar Bear ». Il ne s'agit que d'une exception.
Le plus souvent, les morceaux de Never Apologize Never Explain n'ont pas la qualité de celles de Suicide Pact, ce qui signifie qu'elles ne sont pas au niveau du disque le plus controversé du groupe. C'est tout dire. Alors on se demande qui peut les aimer. Quelques fans prétendus purs et durs, qui invoqueront l'intégrité de Therapy? et sa volonté farouche de ne pas se plier aux lois du marché. De ce côté-là, c'est une réussite. Tout ou presque dans cette musique est fait pour repousser et éloigner celui qui l'écoute. Même un écho lointain de Infernal Love comme ce « Long Distance » sobre et énervé ne fait qu'agiter le fantôme d'une écriture autrefois souveraine. Et même si la seconde moitié du disque semble effectivement meilleure – ou disons moins hostile – c'est surtout que l'on finit par se raccrocher à la moindre mélodie, comme ce refrain de « Last One's to Heaven a Loser » qui n'est bon que parce que le reste est pire.
C'est tout le drame de Therapy? depuis longtemps déjà. Une fois enfermé dans le disque, concentré et attentif, il est vrai que certains morceaux prennent un peu de relief. Mais tout cela s'effondre dès que revient le souvenir de ce que le groupe savait faire – bruyamment, sans concession – avant de cramer son talent.

Et que vaut l'intégrité sans talent ? Pour pouvoir légitimement suivre sa route à l'écart du succès, et prouver qu'il s'agit là d'une démarche raisonnée, volontaire, encore faut-il prouver aussi que l'on peut écrire de vraies chansons et conserver la hargne et la splendeur à portée de ceux qui continueront à écouter. A la limite, à présent, ce serait le moment : plus personne ne sait que Therapy? existe, les médias s'en sont désintéressés depuis longtemps. Qui dit intégrité ne dit pas broyage systématique de toute trace d'inventivité et d'inspiration dans les chansons. C'est donc peut-être le moment de se remettre au boulot. De sortir un disque qui ne soit enfin ni une redite maladroite et poussive, ni un cri obscur et déstructuré, ni un élan punkoïde simplet, ni un retour ironique à un son enterré, ni même un assemblage grinçant de morceaux repoussoirs.
Qui ne soit donc aucun des cinq deniers albums mitigés d'un groupe qui n'a plus trop les moyens de sa prétention marginale ou élitiste. Et qui ne les aura jamais plus, évidemment. C'est pourquoi il est dur d'aimer ce disque, ou disons de ne pas vomir dessus. Non seulement parce qu'il confirme définitivement la mort artistique de Therapy? et ça, c'est long à accepter : il faut du temps pour que ça rentre bien dans le crâne. Mais aussi parce que cette fois le groupe en est très fier, et le clame sur tous les toits : oui, ne jamais s'excuser. Ne pas se justifier des morceaux en demi-teinte, ne pas expliquer la voix perdue de Cairns, la cassure artistique au départ de Ewing, la fatigue des nouveaux membres du groupe, la rotation des musiciens, le départ de McCarrick et le retour à la pseudo formule du trio, autre signe d'un passé omniprésent.
Alors non, on n'attend plus rien d'un groupe si satisfait de son éternelle pente descendante. Mieux vaut évoquer un drame, écrire une tragédie sur cette carrière, nourrir le culte : saisir cette forme étrange de romantisme sombre et mélancolique qui s'attache aux pas des destins manqués.

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   BAAZBAAZ

 
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- Andy Cairns (chant, guitare)
- Michael Mckeegan (basse)
- Neil Cooper (batterie)


1. Rise Up (make Yourself Well)
2. Die Like A Motherfucker
3. Perish The Thought
4. Here Be Monsters
5. So Called Life
6. Panic
7. Polar Bear
8. Rock You Monkeys
9. Dead
10. Long Distance
11. This Ship Is Sinking
12. Save The Sermon
13. Last One To Heaven’s A Loser



             



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