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THERAPY? - High Anxiety (2003)
Par BAAZBAAZ le 16 Décembre 2005          Consultée 2140 fois

Voilà, ils l'ont fait. Un bon album.
Alors on peut l'analyser, en décrire les qualités – nombreuses – et les défauts. On peut peser le pour et le contre, évaluer, argumenter, donner un avis final lapidaire et péremptoire. Et tenter d'expliquer comment le groupe, cette fois, a réussi son coup.
Mais la vraie question, c'est : pourquoi ?
Pourquoi, en 2003, le clône de Troublegum que tout le monde attendait huit ans auparavant ?
La qualité du disque n'est pas en cause. Du riff cru et compact qui ouvre « Hey Satan - You Rock », jusqu'à la sobre résurrection vocale de « Nobody Here But Us », en passant par la miraculeuse ligne de guitare qui survole le refrain de « Stand in Line », la première partie de High Anxiety est un miracle.

Cela faisait longtemps que Cairns n'avait pas chanté comme sur « Watch you Go ». Cela faisait longtemps aussi que le règne de Therapy? n'avait pas été rappelé aux nouvelles générations. Qu'elles écoutent « If It Kills Me », surtout la conclusion : deux riffs successifs qui se pressent, se répondent, tout le métal est là.
Quelques morceaux sont moins convaincants ? Vers la fin, oui. Avec « Last Blast » et « Rust », notamment, on a le retour de ce que le groupe a fait ces dernières années. Des chansons que l'on peut se forcer à faire mine d'aimer si l'on est un fan pur et dur. Mais ça ne fait rien. Seule compte l'inspiration retrouvée, même si elle n'a pas tenu sur un disque entier. Le plus important est que Therapy? ne se contente pas ici de caricaturer la vieille recette qui a fait son succès. Non, ça il l'a fait avec Semi-Detached, le disque du désastre.
C'est très différent, cette fois.

On se croirait revenu à l'époque de Troublegum. Certains des morceaux qui figurent sur High Anxiety auraient presque pu y figurer sans honte. Pas tout à fait, bien sûr, même si le groupe fait preuve ici d'un incroyable sursaut de créativité, retrouvant une capacité que l'on croyait oubliée à jouer du métal – du vrai – à jongler les yeux fermés avec des poutres en acier, à marteler et ciseler des enchaînements rythmiques en plomb et en or massif. A superposer les riffs comme on empile des enclumes.
Pas tout à fait, aussi, car ce n'est jamais qu'une redite. Un retour réussi à des terres déjà défrichées ; un retour là où il n'y a plus personne pour les accueillir – depuis longtemps déjà.

Voilà la vraie question : Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
Oui, c'est vrai, on peut se contenter de l'album tel qu'il est. Sans son contexte historique et discographique, sans penser au groupe, à son évolution, à la chute dont il ne s'est jamais vraiment relevé. On peut juste se taire et puis apprécier High Anxiety. Ses mélodies impeccables, son énergie punk de chaque instant, ses structures purement métalliques. La voix retrouvée – enfin – et un son à la hauteur du mythe. Le formidable cri de défi d'un groupe qui n'a pas voulu mourir lorsque tout le monde prédisait sa fin.
Un groupe qui a décidé de continuer, quoi qu'il en coûte – et le prix à payer fût lourd – alors que la légende et le culte se seraient mieux nourris de sa disparition brutale.

Aimer ce disque, ne pas se poser de questions, simplement l'accepter. C'est ce qu'on a tous fait à sa sortie, il y a déjà quelques années. Sans broncher, et avec soulagement. On l'a écouté jusqu'à plus soif, on s'est saoulé de ses riffs, on a braillé avec Cairns. On a suivi le groupe sur sa route de fer et de feu.

Puis est venu le temps de l'inquiétude. Un peu plus tard : les questions son innombrables. Que nous dit ce disque de la carrière du groupe ? On peut se demander s'ils auraient pu le faire plus tôt. S'ils avaient conservé la capacité de répondre aux attentes des fans de Troublegum et qu'ils ont plutôt choisi d'aller explorer d'autres territoires sonores. Attitude louable, on le sait. Mais peu probable tant les derniers albums du groupe ont été mitigés, médiocres ou simplement mauvais.
Et d'autant moins probable, évidemment, que l'évolution radicale de style fut la marque de fabrique de Therapy? à son apogée : chaque album était une renaissance et une refondation.
Se planter volontairement, c'était décider de ne composer que des morceaux largement en deçà de leur talent réel. Etrange hypothèse, mais fondée si l'on se souvient que la carrière du groupe fut marquée par le refus – la haine – du succès. Dans ce cas, High Anxiety serait une façon de jeter une fois pour toutes en pâture aux fans nostalgiques un bref retour en arrière, quelques chansons à l'arôme d'autrefois.

Une façon aussi de satisfaire ceux qui voulaient les enfermer dans un style unique, afin de leur prouver que, s'ils l'avaient voulu, ils auraient pu construire leur carrière sur l'exploitation d'une recette sans cesse répétée.
Mais quel vrai fan de Therapy?, quel admirateur de Nurse, Troublegum et Infernal Love aurait pu demander cela à un groupe dont la créativité semblait à une époque inépuisable ? Aucun. Au contraire, chacun de nous se serait empressé de suivre le groupe jusqu'au bout de ses expérimentations si celles-ci avaient été talentueuses et non pas décevantes ou bancales – comme ce fut le cas.

Non, High Anxiety est sans doute autre chose, un sursaut dans une discographie qui n'a peut-être jamais été pensée et maîtrisée, qui n'a pas été prévue ou calculée à l'avance. Un bref retour d'inspiration, une sorte de vague réminiscence de la gloire et de l'inventivité passées. Presque un disque entier – presque – où le groupe est enfin capable de tenir son rang, sans toutefois égaler la richesse dominatrice et la puissance spontanée de ses anciennes compositions.
Soyons clairs : personne ne tourne résolument le dos à la lumière. S'ils l'avaient pu, les membres de Therapy? auraient sans doute continué leur progression vers le succès. Tout le reste, les bravades anti-commerciales, les discours justifiant la chute des ventes et la médiocrité de la musique, toutes les belles paroles sur la volonté de ne pas se plier au joug des majors, tout cela n'est qu'idéologie : une surface, une façon de se convaincre soi-même et de ne pas penser à une carrière effondrée.
Ou alors peut-être manquaient-ils d'ambition, ou de force. Car le succès en nécessite beaucoup. Sans doute plus simplement avaient-ils tout dit en trois albums – les premiers.

Alors d'accord, apprécions High Anxiety, fêtons le retour des chansons bouillantes et denses, des guitares heavy, des mélodies incendiées, des rythmiques fières et sinueuses. Ce disque a sa place parmi les meilleurs du groupe. Considérons-le comme un cadeau, un petit plaisir partagé avec un groupe qui n'est pas dupe.
Sans penser à tout ce qu'il implique de remords, d'occasions manquées, de rêves brisés, de talent perdu, gâché, et de temps passé. Sans penser à ce qui aurait pu être, au meilleur des mondes possibles dans lequel Therapy? aurait poursuivi sa marche avant et son règne sans partage. Dans lequel ses disques successifs ne seraient pas devenus de la terre jetée sur la tombe de son inspiration.
Ce disque est bon, c'est vrai. Mais il est aussi un peu triste.

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   BAAZBAAZ

 
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- Andy Cairns (voix, guitare)
- Martin Mccarrick (guitare, violon)
- Michael Mckeegan (basse)
- Neil Cooper (batterie)


1. Hey Satan - You Rock
2. Who Knows
3. Stand In Line
4. Nobody Here But Us
5. Watch You Go
6. If It Kills Me
7. Not In Any Name
8. My Voodoo Doll
9. Limbo
10. Last Blast
11. Rust



             



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