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JESU - Jesu (2005)
Par MOX le 25 Avril 2005          Consultée 5972 fois

GODFLESH : 1988-2002 –Mission is Terminated-. C’est l’unique message officiel qui nous est adressé lorsque l’on pénètre sur leur site. GODFLESH bouclait la boucle en 2001 avec « Hymns », conclu par un morceau qui désormais met la puce à l’oreille : « Jesu ». Filiation directe si l’on peut dire, et reconnaissable dans ce premier album d’un des multiples side-projects de l’Anglais Justin Broadrick. J’ai entre les mains le premier témoignage de cette nouvelle ère, sachant que l’EP « Heartache », enregistré plus tard, sortit auparavant. Soixante-quinze minutes nous contemplent, et l’on démarre l’ascension avec autant de plaisir que l’on a escaladé l’ultime effort de GODFLESH.

Vous saurez retrouver vos marques, décelant à chaque instant ce martelage précis et puissant du batteur Ted Parsons, cette basse dominante et ces rythmiques industrielles qui n’ont pas encore souhaité rendre l’âme. Mais elles se retrouvent esseulées, tentant continuellement de barrer la route à ces ambiances évidentes que Justin Broadrick génère en pondant ici une œuvre particulièrement personnelle. Lourd serait un adjectif approprié pour qualifier l’ensemble, mais ce serait élider les morceaux en eux-mêmes, et la très grande diversité musicale dont on ne se délecte pas forcément à la première écoute. Il faudra supporter cette basse vrombissante à la saturation exagérée, aux prises avec des guitares parfois plus planantes, mais généralement accompagnées d’autres cordes tout aussi bourdonnantes. La pince est douloureuse, la paralysie totale, et ces sons résonnants et infiniment répétés, aidés par une cymbale longue et claquante, serrent les membres à la manière d’un drone-doom dont il n’est que deux avis possibles : trop bruyant ou trop prenant.

Mais prenant est ce « Jesu » à deux teintes, à la mélancolie discrète et timide, noyée sous des flots de lourdeur et distorsion, et qui incorpore systématiquement des éléments nouveaux. Et c’est ainsi que l’on ne s’ennuie pas, puisque « Jesu » est en constant mouvement, préférant jouer sur les impressions que sur les structures, choisissant l’effet du son mais jamais au détriment de l’effet de la mélodie. Quoiqu’un riff incroyablement gras et rauque laboure les oreilles en introduisant « Friends Are Evil », quoiqu’on atteigne des sommets d’effilochage et de psychédélisme à la ESOTERIC sur un « Guardian Angel » final, quoique l’on se sente oppressé à l’écoute d’un « Man, Woman » industriel et crispant, il subsiste constamment ces guitares éthérées, au son cristallin et étrangement saturé qui rendent l’album planant, magique à certains instants. Et surtout, il y a l’unique chant clair de Justin Broadrick, facile à apprécier, mais qui contribue à faire valoir ce côté légèrement triste. Le plus bel exemple étant ces mots répétés et cette voix désespérée et éparpillée se foutant de suivre une quelconque ligne («Walk on Water »). Seul « Man, Woman » garde ce classique chant hurlé, parfait pour rendre le titre plus menaçant encore.

Différentes sphères disais-je plus haut. Et il me faut bien en énumérer quelques-unes : une dose de doom, une larme de sludge, une lichette de post-hardcore, un iota de drone, deux doigts de post-rock et un poil d’indus. A autant d’idées, autant de fausses pistes ? Non, une homogénéité effarante, un ensemble beau et pesant, un tiraillement perpétuel entre des notes majestueuses -hautes en couleur et scintillantes- et des instruments graisseux. L’accumulation des vibrations fait entrer les muscles en résonance, laissant l’auditeur hagard, capable de supporter la piqûre de drogue légère, aussi légère que ces subtiles mélodies. Il n’y a guère à pleurer, juste un rythme -alourdi au maximum- à suivre sans trop réfléchir. Les écoutes se suivent, on ne domestique toujours pas ce son, on se laisse inévitablement happer par ces guitares urbaines, cherchant dans le ciel un moyen d’échapper à cette rue crade et enneigée, faisant office de pochette.

Rien ne se ressemble et l’on pénètre progressivement dans l’album. L’accoutumance est difficile, la longueur presque excessive, les sensations plus fortes quand bien même votre concentration baisse. Il y a dans ce « Jesu » une saleté presque belle, rappelée sous forme de notes lisses et grandioses en fond, une prise en main inexistante (un chant relativement absent) aiguisant la curiosité puisque, dans l’absolu, c’est magistralement fait. Oh, je n’ai pas peur de ce mot. C’est magistral. Et Dieu a donné naissance à son gamin, aussi doué que le pater familias : Jesus.

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- Justin K. Broadrick (chant, guitare, basse)
- Ted Parsons (batterie)
- Diarmuid Dalton (basse)
- Paul Neville (guitares)


1. Your Path To Divinity
2. Friends Are Evil
3. Tired Of Me
4. We All Faulter
5. Walk On Water
6. Sun Day
7. Man, Woman
8. Guardian Angel



             



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