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JESU - Infinity (2009)
Par POSSOPO le 4 Décembre 2009          Consultée 1906 fois

Une pochette qui me rappelle le légendaire "Autumn Aurora". Enfin, des arbres quoi… JESU aurait-il viré naturaliste ? Curieux contre-pied tout de même. JESU, l'après-GODFLESH, GODFLESH, le géant autoritaire du Metal Indus à tête de boulons rouillés. Pourtant, aucune surprise dans cette nouveauté, Justin Broadrick n'est pas homme à se laisser enfermé dans un quelconque cliché, aussi porteur soit-il, aussi loué des foules soit-il. Justin Broadrick refuse la sclérose, Justin Broadrick bouge sans cesse, un hyperactif aux dix mille projets, un vrai personnage de la scène Post et brouettes, un petit Moby à l'échelle de notre modeste genre préféré.

Le problème avec les hyperactifs, c'est l'éparpillement, la surproduction, la gesticulation en tous sens comme remède. Justin Broadrick crée trop et trop souvent. Il crée cette fois bâclé. Douze galettes étiquetées JESU depuis le tout premier "Heart Ache" il y a seulement 5 ans. Et je ne parle pas de tout le reste, c'est à y perdre la tête. Et voilà que j'apprends que, ça lui arrive de temps en temps, le lutin a sorti "Infinity" tout seul, Justin aux manettes, au micro, à la guitare… Absence de la moindre discussion, interdiction d'avis contradictoire. Mais j'arrête d'écrire, on m'informe que vient de paraître il y a quelques jours un nouvel EP, "Opiate Sun". Que se passe-t-il ? La machine Broadrick s'est simplement emballée, on ne peut plus l'arrêter.

Mini-flashback sur une discographie passée déjà pléthorique. Effectuons un large tri, ne conservons que les albums longue durée, c'est plus facile, ajoutons la série grandiose des opus de GODFLESH… Aucune faute de goût, aucun ratage, pas une seule impression de n'importe quoi ou de laisser-aller (à quelques plages de GODFLESH près, on ne va pas chipoter). Et le laisser-aller, voilà bien l'expression qui me colle au cerveau quand je tente d'analyser ce disque. L'installation toute nouvelle toute vilaine d'une routine. Très largement moins mélodique que "Conqueror", "Infinity" fricote avec des ambiances drone assez plates qui s'étirent à l'inf… qui s'étirent carrément beaucoup sans jamais trouver de direction précise (du GODSPEED! YOU BLACK EMPEROR en version moche ?). D'où ce refus de délimiter des morceaux qui n'existent pas, comme l'affirmation d'une défaite. Passablement moins usineux que l'album éponyme de 2005 (le meilleur du messie), "Infinity" navigue dans un courant tiède au caractère médiocre. Autre mauvaise nouvelle, paumé dans un registre sonore indécis (une majorité de chant clair, quelques rugosités de ci de là), Broadrick préfère souvent se taire et laisse alors parler des instruments au discours pas forcément plus fécond que sa voix. Un discours minimal, qui tend carrément vers l'absence en bout de course. Une fin de parcours qui voit également le rythme plonger pour tutoyer le zéro. Le vide s'installe, les yeux se ferment sous le coup d'une malheureuse somnolence…

Reste deux, trois idées en tiers de parcours (dont une mélodie parfaite pile poil à la 15e minute). Reste un fond de classe qu'on n'enlèvera jamais à un artiste aux gènes remarquables. Reste une identité réelle attachée à cette même classe.

Alors va-t-on dire que l'un des tout premiers responsables de la naissance du Metal Indus s'est planté ? Quel gros mot qui va si mal au bonhomme. Non, Justin Broadrick ne s'est pas planté, il s'est laissé envahir par son affection. Et au lieu de crier au scandale comme on a l'habitude de le faire pour un artiste lambda, on est plutôt triste et on n'en veut pas à ce personnage qui fait toujours partie de la classe des intouchables. Enfin, on a quand même sacrément peur pour la suite des aventureux du petit JESU et on aurait presque envie que le garçon de Birmingham en reste là pour ce projet et que, malade ou pas, il se réinvente ailleurs et autrement.

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