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2012 Head Down
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2019 Feral Roots
2023 Darkfighter
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- Style : Tax The Heat, Jeff Beck, The Tea Party, Dewolff, Cactus, Greta Van Fleet, Cream, Black Mirrors, Childrenn, The Who
 

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RIVAL SONS - Darkfighter (2023)
Par DARK BEAGLE le 1er Juillet 2023          Consultée 2866 fois

Que "Darkfighter" s’avère compliqué à appréhender dans son entièreté ! C’est un peu comme si RIVAL SONS s’échinait à rendre son nouvel album aussi perché musicalement que l’est son chanteur. Enfin, perché, ce n’est pas le mot. Ceux qui ont vu la formation sur scène savent que Jay Buchanan semble entrer en transe tant il vit ce qu’il fait et que cette transe est très communicative, les shows pouvant devenir quasi mystiques. Cependant, ce n’est pas tant cela qui rend "Darkfighter" plus difficile d’accès, il s’agit d’une accumulation de petites choses qui, reliées les unes aux autres, confineraient presque au génie.

Cela commence par une petite déception personnelle, la pochette, qui tranche complètement avec la poésie développée sur les deux précédentes. Les nuances sont plus brutes, elles sont moins éthérées. Et surtout, il y a bien moins de couleurs. Cela indique plutôt bien la direction que prend ce disque, qui se veut conceptuel. Concrètement, il s’agit de l’histoire d’un homme qui marche. Mais cela, c’est la version terre à terre, il faut y chercher des métaphores et des interprétations plus philosophiques pour totalement appréhender l’univers développé sur "Darkfighter" et qui trouvera sa conclusion sur l’opus suivant, prévu pour la fin de l’année.

Parce que oui, "Darkfighter" verra en "Lightbringer" son complément, sa continuité directe et la fin du voyage pour les auditeurs. À l’instar de MASS HYSTERIA, RIVAL SONS ne présente pas un véritable double album mais le travail des Américains me rend moins circonspect au final que celui des Français qui ne proposent que vingt-six minutes de musique quand nous en avons quasiment quarante ici. Il faut dire que le Covid est passé ici et que quatre années nous séparent de "Feral Roots". Pour un groupe de scène comme RIVAL SONS, c’est long, très long ; Scott Holiday et Buchanan ont eu le temps de composer, d’imaginer un premier album, puis un second, avec un style qui évolue entre les deux.

Aussi, ils nous laissent un répit à la fin de "Darkfighter", pour pouvoir le digérer complètement. Convenablement, serai-je même tenté de dire tant la musique proposée ici est riche et s’échine à nous prendre à contre-pied. Car nous y revenons toujours, c’est ce qui nous unit, nous anime parfois, cette musique qui est une langue à part entière, d’où son universalité. Désolé, Buchanan semble déteindre sur moi. L’album se déploie sur huit titres, possédant chacun une identité très forte et nous plongeant dans une atmosphère très sombre, mais jamais étouffante.

Ceux qui ont apprécié "Hollow Bones" et "Feral Roots" peuvent mettre un certain temps pour entrer pleinement dans cette œuvre. Au début, j’ai songé à un retour aux sources de la part des musiciens, mais plusieurs écoutes plus tard, je dois bien admettre que ce n’est pas cela. RIVAL SONS sonne plus Rock, certes, mais il se veut également subtil dans ses arrangements et son aspiration. Le groupe délaisse l’aspect Soul développé sur les deux essais précédents afin de se concentrer sur l’énergie et les ambiances. Et de plus en plus, RIVAL SONS retentit comme du RIVAL SONS, il ne donne plus l’impression de tirer sa force des Grands Anciens que sont LED ZEPPELIN ou CREAM.

"Mirrors" ouvre le bal avec un orgue Hammond qui déblaie le chemin pour la guitare de Scott Holiday. Le riff est simple, efficace, mais on remarque qu’une guitare acoustique est également présente, assurée par Buchanan pour offrir plus de latitude à son compère afin de créer une force de frappe parfois inhabituelle. De là venait cette impression de retour aux sources, quand RIVAL SONS sonnait plus primaire et qui atteint rapidement son paroxysme sur le titre suivant, "Nobody Wants To Die", qui ne fait pas dans la dentelle et qui est tellement classique pour la formation qu’avec ses allures de single inévitable et providentiel, il s’agit peut-être bien du morceau le plus faible de cet album.

La suite se veut en effet plus inventive, le groupe ne se fixe pas de limite, il explore les différentes voies du Rock et les assaisonne à son goût, offrant une versatilité bienvenue, qui n’a rien de dérangeante. Nous pouvons passer d’ambiances très ’60 à des pièces plus alambiquées et parfois malaisantes, à l’image de ce "Rapture" qui nous met mal à mesure que son groove nous enveloppe. Le chemin n’est pas si long jusqu’au "Darkside" final qui tranche avec l’aspect lumineux des fins d’albums de RIVAL SONS. Là, le combo nous offre en réalité un cliffhanger, à faire enrager que la suite ne soit à date pas encore disponible. Mais quelle noirceur, quelle intelligence d’écriture ! Il s’agit d’un titre quasiment Sabbathien dans les intentions, mais avec un chant magnifique, quasiment religieux, qui vient apporter un contrepoids magistral à cette composition.

Difficile également de passer à côté de "Horse’s Breath", titre qui prend la forme d’une chevauchée sauvage, habitée par un chanteur en état de grâce et un guitariste à l’unisson, sans oublier une section rythmique solide, qui n’oublie pas que le Groove est une des parts essentielles du Rock’N’Roll. Chaque titre mériterait d’être développé, que ce soit "Guillotine" et ses multiples tiroirs, qui bat constamment le chaud et le froid pour un résultat bouillonnant, "Bird In The Hand" et son aspect gentiment désuet qui ramène aux années 60, "Bright Light" et son refrain pour le moins… lumineux et qui se nourrit de la même décennie pour s’épanouir.

Mais "Darkfighter" se mérite. Il n’est pas des plus faciles d’accès, il propose une telle diversité et déploie une telle intensité qu’il demande du temps pour être dompté, apprivoisé. Je vous parlais de "Horse’s Breath" un peu plus haut et cela résumerait assez bien ce qu’est ce disque : un étalon sauvage qui ne compte pas se laisser faire (notez cependant que cette chanson ne parle absolument pas de canasson, il s’agit d’une image, encore une fois). On peut passer une, deux, voire trois écoutes sans trouver le déclic. Si au-delà de ça vous n’entrez toujours pas dans cet univers, tant pis. Ou alors la persévérance finira peut-être par porter ses fruits. Mais dès que l’on a compris la mécanique de ce disque, tout devient plus évident.

Le travail de Todd Ögren paraît moins essentiel ici, car au final moins présent, et pourtant chacune de ses interventions est bien pensée, elles arrondissent les angles, apportent une dynamique nouvelle ou consolident les différentes lignes de guitare par exemple. De fait, il convient de mentionner l’excellente production de Dave Cobb qui encore une fois a su doper le son des RIVAL SONS et lui apporter cette justesse de ton absolument essentielle pour le projet des musiciens, qui veulent encore grandir, prouver qu’ils n’ont pas fini de déployer leurs ailes.

"Darkfighter" n’est pas un disque simple. Il marque donc une nouvelle évolution pour RIVAL SONS, une nouvelle étape dans la marche en avant inexorable qui semble animer le groupe. Néanmoins, il se veut également terriblement frustrant car sans nous laisser sur notre faim, il appelle forcément à plus, à cette fameuse suite qui ne devrait voir le jour que dans quelques mois. S’il s’avère au moins aussi bon que ce premier volet, RIVAL SONS aura alors frappé un grand coup en cette année 2023 et il en fera assurément son millésime. Pour cela, il faudra faire au moins aussi bien. Mieux serait bien entendu un plus non négligeable.

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   DARK BEAGLE

 
   JOHN DUFF

 
   (2 chroniques)



- Jay Buchanan (chant, guitare acoustique)
- Scott Holiday (guitare)
- Dave Beste (basse)
- Michael Miley (batterie)
- Todd Ögren (claviers)


1. Mirrors
2. Nobody Wants To Die
3. Bird In The Hand
4. Bright Light
5. Rapture
6. Guillotine
7. Horse's Breathe
8. Darkside



             



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