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SHINEDOWN - Attention Attention (2018)
Par KOL le 8 Juin 2022          Consultée 678 fois

Autant le dire immédiatement, je n’ai rien contre la Pop. Ni même son mélange avec le Metal. D’ailleurs, j’aime beaucoup Desmond CHILD ou GHOST, même si j’éprouve moins d’enthousiasme que mes comparses chroniqueurs sur le dernier album des sataniques Suédois. Donc ce n’est pas ici un procès à ce genre tant méprisé par la communauté metalleuse dont il s’agit. Le souci, c’est de rester le cul entre deux chaises, plutôt que de chercher à mixer deux genres qui, sur le papier, ne sont pas faits pour s’entendre. À trop vouloir lorgner du côté des charts, à pimper son esthétique, on finit boursouflé. Un peu comme Guillaume Canet dans le (très) mauvais « Rock N’Roll ». "Zick, Zack" dirait RAMMSTEIN. Quand on fait du Rock de stade comme peuvent le faire SIXX A.M. ou GODSMACK à présent, il faut le faire bien, et au moins savoir écrire des morceaux un brin singuliers, dans le style. Et quitte à prendre un virage, autant l’assumer jusqu’au bout, comme l’ont fait, pour le meilleur et pour le pire, LINKIN PARK ou BRING ME THE HORIZON, je laisserai les lecteurs juger s’il s’agit de la première ou de la seconde option, les avis étant partagés.

L’un des principaux problèmes de cet album c’est que les Floridiens l’ont botoxé de toutes parts. J’ai rarement entendu une production aussi pompeuse. Pour vous donner un ordre d’idée, à force de triturer les sons dans tous les sens, on ne reconnaît même plus les guitares des claviers. Les nappes de chœurs artificiels sont également omniprésentes. Les multiples arrangements sont étouffants et donnent une dimension synthétique à chacun des morceaux. Non pas que les compositions soient parfaites, on y reviendra, mais SHINEDOWN a plus de talent que cela et l’a prouvé par le passé. Son précédent opus était d’ailleurs plutôt réussi dans le genre, avec quelques bons anthems à beugler dans la fosse. Ici, tout est mis à plat, même les mélodies les plus réussies, comme par exemple "Devil", "Black Soul" ou "Monsters". Ces titres, bien que relativement convenus, feraient des chansons tout à fait acceptables sans ces couches prétentieuses.

De la débâcle, on pourra sauver un "Kill Your Conscience" assez fédérateur et bien troussé, ce qui reste bien peu, au final. C’est bien dommage, car par ailleurs Brent Smith le chanteur assure plutôt bien, un peu à la façon d’un James Michael aux côtés de l’ami Sixx. Il arrive même presque à donner quelques frissons ici et là ("Creatures"), malgré la guimauve des cordes, à la limite du supportable. Car le groupe sait encore écrire des chansons décentes quand il le souhaite, comme "Evolve" ou "The Human Radio", malheureusement la première sera suivie d’un "Get Up" affligeant de facilité, tant au niveau des textes que de la musique, caricaturaux tous les deux « Get up, get up, get a move on » : voilà le level du refrain…

Produit et mixé par le groupe pour la première fois, "Attention Attention" représente l’exemple parfait si l’on souhaite démontrer l’intérêt d’apporter un regard extérieur dans le processus de création d’un groupe. Au moins d’un point de vue artistique, car au niveau commercial l’objectif sera largement atteint par SHINEDOWN avec cet opus, les propulsant aux sommets des charts US. On compte ainsi à ce jour près de cent millions d’écoutes pour "Devil". Grand bien leur fasse. Cela aurait également permis d’épurer un peu la tracklist et épargner partiellement l’auditeur d’une partie des quatorze titres qui composent le menu ici, pour cinquante minutes. Less is (souvent) more.

Finalement, au-delà du passage raté chez le chirurgien esthétique, ce qui pêche ici c’est bien la fadeur indigeste des titres. Auraient-ils cherché à masquer le fond du problème, un manque d’inspiration coupable dans la composition, à travers ces artifices ? La séduction réside en effet dans la suggestion, pas dans le déballage vulgaire de tous ses charmes au premier rendez-vous. Malheureusement SHINEDOWN semble avoir largement oublié tout cela et il est bien loin le temps d’un "Cut The Cord", "Second Chance" ou "Enemies".

Pour les avoir découvert en live au Hellfest il y a quelques années, je peux témoigner que le groupe sait toujours y faire pour tenir son public et créer une connexion plutôt sympa avec leurs fans. Reste à réécrire des bonnes chansons et à prendre un producteur. Une reprise en main immédiate est attendue, faute de quoi la suite se fera sans moi, mais tout le monde s’en fout probablement, si j’en juge aux nouveaux fans conquis avec cet album.

Note : 1,5/5.

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   KOL

 
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- Brent Smith (chant)
- Zach Myers (guitare, chant, piano)
- Eric Bass (basse, choeurs, guitare acoustique)
- Barry Kerch (batterie)


1. The Entrance
2. Devil
3. Black Soul
4. Attention Attention
5. Kill Your Conscience
6. Pyro
7. Monsters
8. Darkside
9. Creatures
10. Evolve
11. Get Up
12. Special
13. The Human Radio
14. Brilliant



             



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