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METAL SYMPHONIQUE  |  VHS/DVD/BLURAY

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2006 Lucidity
 

- Style : Dark Sarah, The Dark Element, Xandria, Tarja, Visions Of Atlantis, Nightwish, Lacuna Coil, Krypteria, After Forever, Stream Of Passion, Lafee
- Membre : Autumn, Mayan, Vengeance, Sun Caged, Hubi Meisel, Detonation
- Style + Membre : Phantasma, To Elysium, Epica, Within Temptation
 

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DELAIN - A Decade Of Delain - Live At Paradiso (2017)
Par JEFF KANJI le 21 Mars 2022          Consultée 455 fois

Parvenir à dix ans de carrière en sortant cinq albums et tournant pour le promouvoir, tout en s'assurant de rester proche de ses fans demande un investissement considérable qui constituent une performance à saluer. Ainsi, marquer son empreinte et célébrer cette réussite est un jalon, qu'EPICA aura su célébrer en grande pompe. Certes DELAIN n'est pas devenu tout à fait aussi important que le sextette de Reuver, mais tout de même. Car après le bruit qu'avait fait son premier album, "We Are The Others" et "Moonbathers" ont sérieusement haussé le niveau de jeu de la créature de Martijn Westerholt, qui le jour où le groupe se préparait pour le Graspop, il avait donné dix ans plus tôt jour pour jour son premier concert lors d'une convention du fan-club de WITHIN TEMPTATION, son ancienne formation.

Sauf que DELAIN, malgré une volonté de proposer une musique très accessible, voire popisante, qui suit en cela le chemin du grand frère batave, n'est pas une superproduction. Il reste un groupe qui malgré des albums toujours plus polis et produits propose une expérience live assez vivante, porté par une Charlotte Wessels lumineuse, et des musiciens impliqués. Et c'est sur la scène du Paradiso d'Amsterdam (un théâtre, qui évoque un croisement entre le Bataclan et le Trianon) que la sauterie va s'organiser.

Le coup d'œil aux crédits permet de voir que le maximum a été fait pour mettre les petits plats dans les grands, le grand regret étant sans doute la grande présence de Marco Hietala dans le documentaire et son absence du concert (enfin pas totalement puisqu'il effectuera deux duos virtuels avec lui. Mais la présence de Burton C. Bell est pour le moins inattendue et son entrée sur "Where's The Blood" fait son effet, même s'il en anéantit l'effet en chantant de bien piètre façon les couplets. DELAIN a fait un cadeau à ses fans, car il a rarement joué ce morceau sur scène, mais bon un peu empoisonné le cadeau quand même. Mais il faut dire que le bien heavy "Here Comes The Vultures" rattrape bien l'histoire. DELAIN joue bien, son bassiste Otto au nom imprononçable est aussi charismatique qu'un headbanger indispensable (et très efficace sur les quelques growls nécessaires, en particulier sur "The Glory And The Scum"), et le groupe occupe bien l'espace, comme j'avais pu m'en rendre compte au Ninkasi où les Hollandais avaient blindé la salle lyonnaise (sans nul doute venue en partie pour EVERGREY également) proposant une prestation soignée et très en son, comme c'est le cas sur ce "Live In Paradiso".

Deux regrets cependant, l'absence de la moitié de mes morceaux favoris de la bande, notamment "Control The Storm", "Are You Done With Me?" ou encore "Electricity", ce qui a sans doute une incidence sur ma sensation que le concert ne décolle qu'assez tardivement à partir de "April Rain". Et pourtant l'ouverture était soignée avec le duo ultra efficace avec Alissa White-Gluz et le récent "Suckerpunch". Mais selon moi ça fonctionne beaucoup mieux sur "The Tragedy Of Commons" un titre qui possède une histoire tragique ; celui d'une jeune Anglaise, Sophie Lancaster, battue à mort avec son copain par une bande de jeunes qui ne goûtait par leur look gothique. Oui ce genre de chose arrive encore... Et pour une ancienne grosse comme Charlotte, c'est émouvant ne serait-ce que d'évoquer toutes ces injustes discriminations auxquelles on peut faire face pour ce qu'on porte, ce qu'on aime ou ce qu'on écoute. L'évocation de cette histoire dans le documentaire n'a fait que renforcer ma sympathie envers ce groupe qui cultive une grande proximité avec ses fans, n'hésite pas à aborder des sujets sensibles et tristement réalistes (on occulte trop souvent le fait que Charlotte Wessels est une très bonne parolière, et je vous encourage chaudement à jeter un œil et une oreille au projet PHANTASMA qu'elle a réalisé avec Georg Neuhauser de SERENITY, c'est juste la classe).

Un show qui décolle à un tiers du début c'est un peu dommage, et j'en viens presque à me demander si le changement de tenue de Charlotte n'y est pas pour quelque chose. Je déconne, mais son haut doré qui dévoile sa très jolie poitrine vient contraster avec le noir qui libère sa chevelure à partir de "Here Comes The Vultures", ce qui donne également l'impression qu'elle est un peu plus libre de ses mouvements et davantage elle-même. J'aime particulièrement ses interactions avec la tornade Merel Bechtold qui semble réellement prendre vie sur scène (elle se distingue dans le documentaire par son mutisme et son visage constamment fermé).

"Live At Paradiso" sensé comme une célébration et donné devant une salle pleinement acquise à sa cause, la présence d'anciens membres du groupe (notamment de l'actuel bassiste d'EPICA) est un plaisir pour les fans, et la manière dont DELAIN a choisi d'incorporer les vidéos de Marco Hietala, sans avoir à recourir à un écran, fonctionne bien, et sur "Your Body Is A Battleground", cette apparition fantomatique renforce la portée de l'un des titres emblématiques de "The Human Contradiction". Entre les titres choisis et les entrées sur scène successives de Liv Kristine ou George Oosthoek (ce mec a un de ces charismes, je resterai éternellement fan), la fin du concert est une fête bien plus palpable, sans doute car le groupe semble lui aussi plus détendu, moins paralysé par l'évènement. En revanche on remarque également que le son est tellement calibré dans les moindres détails que quand le line-up de "Lucidity" interprète "Sleewalker's Dream", on se demanderait presque pourquoi DELAIN évolue à deux guitares...

Sans doute le montage n'aide-t-il pas, car on sent un travail d'édition assez poussé qui casse un peu la spontanéité d'une formation de toute façon contrainte à une certaine rigidité à cause de l'utilisation de samples, si bien qu'il n'est pas toujours évident de savoir ce qui est enregistré et ce qui est réellement joué par Martijn Westerholt. Le seul moment où le groupe s'en détache c'est sur le final en piano-voix de "Here Comes The Vultures", et autant vous dire que Charlotte et Martijn en jouent un maximum, ce qui semble très bien fonctionne sur le public, et crée un sentiment d'intimité qui manquait un peu à cette prestation, et qu'on le retrouve un instant sur "See Me In The Shadow" où Liv Kristine compense l'infinie beauté que le temps lui confisque par un magnétisme toujours aussi incroyable, ce qui constitue en passant le seul moment du concert où la parité hommes-femmes est respectée. Quand je pense au wokisme et autres revendications inquisitrices actuelles, je me dis qu'il y avait déjà chez DELAIN un féminisme bien plus profond et important que dans la plupart des formations dites à chanteuse.

Maintenant que ce DELAIN-là n'existe plus, "Live At Paradiso" prend inévitablement une importance historique, car il a permis d'immortaliser, certes pas au maximum de ses aptitudes (ou en tout cas pas de façon aussi spectaculaire qu'il l'aurait souhaité), une formation attachante qui avait su en peu de temps se faire une place de choix.

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Charlotte Wessels (chant)
- Martijn Westerholt (claviers)
- Timo Somers (guitare)
- Merel Bechtold (guitare)
- Otto Schimmelpenninck Van Der Oije (basse)
- Ruben Israel (batterie)
- -
- Alissa White-gluz (chant sur 2, 12)
- Burton C. Bell (chant sur 9)
- Rob Van Der Loo (basse sur 14)
- Sander Zoer (batterie sur 14)
- Guus Eikens (guitare sur 14)
- Liv Kristine (chant sur 17)
- Elianne Anematt (violoncelle sur 17)
- George Oosthoek (vocaux sur 19)


1. Intro (the Monarch)
2. Hands Of Gold
3. Suckerpunch
4. The Glory And The Scum
5. Get The Devil Out Of Me
6. Army Of Dolls
7. The Hurricane
8. April Rain
9. Where Is The Blood
10. Here Comes The Vultures
11. Fire With Fire
12. The Tragedy Of Commons
13. Danse Macabre
14. Sleepwalkers Dream
15. Your Body Is A Battleground
16. Stay Forever
17. See Me In The Shadow
18. The Gathering
19. Pristine
20. Mother Machine
21. Sing To Me
22. Don't Let Go
23. We Are The Others
- Documentaire
- Videos
24. Suckerpunch Video
25. We Are The Others (live Masters Of Rock)



             



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