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CROSSOVER EXTREME  |  E.P

Lexique thrash metal
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- Style : Carcass, Krabathor, Napalm Death, Pungent Stench, S.o.d., Terrorizer

MACABRE - Grim Reality (1987)
Par DARK BEAGLE le 4 Décembre 2021          Consultée 481 fois

Chicago, dans l’Illinois. Une ville liée au grand banditisme, à Al Capone. On ne parle pas assez de l’exposition Universelle de 1893. Mais certains ont peut-être entendu parler du Château, un bâtiment à l’architecture chaotique conçu par H. H. Holmes afin de torturer et tuer ses victimes la même année. Une histoire bien sordide, qui offre aux États-Unis un de ses premiers tueurs en série médiatisé, sinon le premier. De quoi fasciner Charles Lescewicz (basse et chant), Dennis Ritchie (batterie) et Lance Lencioni (guitare et chant), trois potes qui font de la musique ensemble et surtout, de quoi pousser un concept évident assez loin dans la démesure, faisant presque passer SLAYER et CANNIBAL CORPSE pour des prudes dans le texte.

Bref, MACABRE s’inspire des tueurs en série pour élaborer ses paroles, le tout avec un sens de l’humour très noir, qui peut échapper à certaines personnes. Les mecs vont en citer un bon nombre à travers leur carrière, tous des mecs très sympas. Sérieux, faire les recherches pour savoir de quoi ces mecs causent peut virer au calvaire si l’on n’est pas préparé un minimum, alors ne faites pas cela chez vous sans être bien accompagné ! Si vous trouvez que "Seven" et "Hostel" représentent le summum de l’insupportable, passez votre chemin. Aussi les musiciens ont fait en sorte de dédramatiser la situation en faisant preuve d’un humour sacrément tordu, en commençant par se trouver des pseudos pour le moins originaux (Nefarious, Dennis The Menace – qui rappellera des souvenirs aux lecteurs de Hank Ketcham – et Corporate Death, parfois connu sous le nom de Mr C. Death).

Musicalement, MACABRE est traditionnellement associé au Grind et au Death, mais sur ce premier EP, il faut plutôt chercher du côté du Crossover pour taper au plus juste. Il y a dans l’approche du groupe toute l’urgence du Hardcore et la furia du Thrash. Adepte du tremolo picking, la formation balance ses morceaux à toute blinde pour un résultat d’une brutalité rare et dense pour l’époque. Nous sommes en 1987 et pour le coup, MACABRE apparaît clairement comme un groupe très extrême, aussi bien dans l’interprétation que dans les textes. Les morceaux ne dépassent que rarement les deux minutes, faisant de cet EP de moins de treize minutes une décharge continue dans la tronche, faite de riffs assassins et d’une rythmique pas toujours très imaginative, mais terriblement efficace dans sa régularité.

Puis il y a le chant. Souvent au bord de la trachéite. Pour faire simple, imaginez un opossum couiner sa rage face à un glouton pas mieux dans sa tête. Alors ceux qui ne connaissent que le "Pogo" de Walt Kelly peuvent raviser leur jugement sur les opossums, ce sont des bestioles très agressives, comme beaucoup de marsupiaux et les gloutons ben… En anglais, ça se dit Wolverine et on ne peut pas dire que Logan soit l’exemple parfait du mec cool. Bref, vous mélangez ces deux voix et vous vous retrouvez dans la molestation en permanence. C’est tour à tour strident ou plus grave, mais ça ne fait jamais dans la dentelle et cela fonctionne très bien avec l’aspect épileptique de la musique.

Il faut dire qu’avec le peu de temps alloué à chaque titre, il faut faire passer le message le plus rapidement possible. Alors pour le moment, les gars ne vont pas encore s’amuser à faire des passages de "Americana" pour introduire des morceaux ou leur coller des ambiances particulières façon redneck (look qu’ils s’amuseront également à prendre. C’est connu. Vous vous perdez dans le sud des États-Unis, vous tombez en panne et on ne vous retrouve jamais. Ou en petits morceaux) et qui les conduiront à former MACABRE MINISTRELS, une version acoustique d’eux-mêmes. C’est du direct dans la face, on ne perd pas trop de temps sur les soli, ça rallongerait la composition pour rien. Et de fait, il y a beaucoup d’intensité qui se dégage de "Grim Reality", au travers une brutalité de tous les instants accentuée par des passages plus mid tempo destinés à briser des nuques lors des brusques accélérations.

Et forcément, même s’il y a plusieurs façon de traiter le thème, difficile de nier que ce que MACABRE propose correspond plutôt bien à son sujet. En l’espace de six titres, la formation va faire mention de cinq tueurs en série, d’époques différentes, mais dont les actes font froid dans le dos. Il n’est pas étonnant qu’un jour le combo fasse de son concept album autour de Dahmer son disque référentiel puisque quasi documentaire. Pour l’instant, ils se contentent de quelques histoires bien sordides, qu’ils enluminent avec leur humour corrosif ("Ed Gein"). Et même s’il est difficile de parler de recherche mélodique, on remarque que le groupe essaye par moments de nuancer son propos, pour mieux appuyer là où ça fait mal par la suite ("Mass Murder").

D’ailleurs, "Mass Murder" est un instrumental étrange, qui va proposer trois ambiances différentes en moins d’une minute trente, avec trois sous-parties très distinctes car manquant pour le moins de reprise, comme si les musiciens n’avaient pas la dextérité nécessaire pour lier toutes les parties (et quand on écoute la version remasterisée et remixée par Neil Kernon, il y a un peu de cela). L’aspect primaire de la musique peut se permettre ce genre d’approximations, mais elle est également un frein pour proposer des choses plus chiadées, surtout quand on essaye de poser un instrumental façon solo de Jeff Hanneman ("Mass Murder" toujours et encore).

Mais avec "Grim Reality", MACABRE fait déjà un pas dans l’univers du Culte, deux ans avant son premier LP, "Gloom", qui lui accordera définitivement ce statut. Pour une carte de visite, qui plus est sur un label n’ayant pas pignon sur rue (Decomposed Records), le trio frappe fort et ne fait pas dans la dentelle. Ils annoncent clairement la couleur et le virage Grind/Death n’est qu’une formalité, que l’on peut déjà commencer à déceler sur cette vision extrême du Crossover. Il existe plusieurs versions de cet EP, dont une qui rajoute deux morceaux ("Disease" et "Natural Disaster"), mais celle qui contient les six titres originaux est la plus référentielle. L’acte de naissance d’un combo qui n’aura pas une discographie fleuve, mais qui saura marquer les esprits.

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   DARK BEAGLE

 
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- Corporate Death (chant, guitare)
- Nefarious (chant, basse)
- Dennis The Menace (batterie, chant)


1. Serial Killer (henry Lee Lucas & Ottis Toole)
2. Mr Albert Fish (was Children Your Favorite Dish ?)
3. Mass Murder
- sulfuric Acid
- morbid Curiosity
- lethal Injection
4. Son Of Sam (david Berkowitz)
5. Hot Rods To Hell
6. Ed Gein (ed Gein)



             



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