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INGLORIOUS - We Will Ride (2021)
Par DARK BEAGLE le 4 Juin 2021          Consultée 1229 fois

Certains albums disent quand cela ne va pas dans un groupe. C’était le cas de "Ride To Nowhere" qui marquait un peu le pas par rapport aux deux premiers essais d’INGLORIOUS. Cela peut sembler normal, un coup de mou, un nouveau venu qui peine un peu à prendre ses marques et toutes les cases ne sont pas remplies, il manque quelque chose. Concernant les Anglais, c’est une histoire de tensions, vu que les deux guitaristes et le bassiste sont partis après la tournée, laissant Nathan James (chant) et Phil Beaver (batterie) dans une situation très inconfortable. Certaines jeunes formations auraient splitté, les compères se sont accrochés et ont poursuivi l’aventure, jusqu’à ce "We Will Ride", un titre qui annonce bien leur envie.

Pour le recrutement, INGLORIOUS a enregistré les arrivées de Danny Dela Cruz et de Dan Stevens aux guitares tandis que la basse échoie à un certain Vinnie Colla. Pas de gros pédigrées, mais le nouveau trio va faire le taf, ce qui est l’essentiel. Le disque est produit cette fois-ci par Romesh Dodangoda (FUNERAL FOR A FRIEND, Phil CAMPBELL AND THE BASTARD SONS…) qui va doter le groupe d’un son puissant et fluide. Alors ceux qui s’étaient arrêtés à INGLORIOUS comme étant un disciple de DEEP PURPLE très appliqué pourront revoir leur jugement, le groupe continue sa mue, qu’il avait déjà entrepris avec quelques maladresses sur "Ride To Nowhere".

Certes, la pochette n’est pas du meilleur goût. Elle tranche avec la simplicité de celle du précédent effort et le groupe nous replace une femme sur la jaquette, mais le nombre de clichés au cm² sera difficile à battre après cela. Enfin, elle a un petit quelque chose de conquérant qui colle bien avec l’état d’esprit des musiciens qui ici se font guerriers. Cela ne veut pas dire que INGLORIOUS vire Heavy Metal pur jus, encore moins Thrash. Mais il y a une espèce d’osmose qui s’est créée entre les musiciens, un peu à l’instar des deux premiers opus et cela fait la différence. Si "Ride To Nowhere" était parfois en roue libre, le groupe recentre le propos sur celui-ci et il ne fait pas les choses à moitié.

Comme je l’ai dit, la formation s’écarte de cette image de DEEP PURPLE-like qui les caractérisait pour poursuivre la mue entamée sur "Ride To Nowhere", mais avec bien plus d’envie et de réussite. Le clavier est toujours présent, mais en touches bien plus discrètes, les morceaux sont souvent très concis – les deux tiers n’atteignent pas les quatre minutes – et en se montrant assez peu bavard, INGLORIOUS livre un disque très condensé, mais qui laisse malgré tout les mélodies respirer et évoluer, elles ne stagnent pas, elles sont en mouvement et cela rend l’écoute assez agréable puisqu’il ne s’agit pas simplement d’un disque formaté que l’on met en fond, on prend plaisir à le découvrir, surtout que jamais rien ne semble acté.

Les trois premiers morceaux sont assez emblématiques de la faim qui anime les musiciens. Si l’ouverture est un Hard Rock assez classique, qui sent bon les années soixante-dix (quand on aime cette période musicale en tout cas, sinon ça pue le rance…), "Messiah" se veut nettement plus étonnant, plus moderne dans l’approche sans pour autant complètement renier le style du groupe, avec le chant de Nathan James qui se voit un peu trafiqué, pour un résultat très convaincant. Quant à "Medusa", ce titre fait irrémédiablement penser à du Southern Rock, avec ses guitares un peu traînantes qui ne cessent d’évoluer et une ambiance western très agréable. Cela résume assez bien le discours des musiciens : se faire plaisir et tant pis si l’ensemble manque de cohérence.

Ce qui, au final, n’est d’ailleurs pas le cas. Il n’y a rien qui choque à l’écoute de ce disque, rien qui fait dire que c’est hors de propos, que cela n’a rien à faire là. Si par le passé le groupe se cherchait un son et n’en déviait pas trop une fois qu’il l’avait trouvé, ici il explore et le champ des possibilités semble infini sans avoir à se trahir. "He Will Provide" et son riff « dansant » ne tranche pas avec le reste, "We Will Meet Again" plus bodybuildé s’insère parfaitement dans l’équation, "Eye Of The Storm" tient lieu de Power Ballad plutôt réussie, qui s’emballe au moment où l’on pense que ça risque d’être bien long. Le tout est réfléchi, mais cela ne donne pas l’impression d’être calibré, on sent qu’il y a encore de la spontanéité au sein du groupe. Peut-être parce que trois des musiciens sont du sang neuf ? ça, l’avenir nous le dira.

L’autre motif de satisfaction réside dans le chant de Nathan James. Dès les débuts, il a toujours eu beaucoup de présence, même s’il avait tendance à en faire des tonnes, à la façon d’un Ian Gillan à la grande époque. Aujourd’hui, il module nettement plus, il ne donne pas l’impression de trop forcer comme c’était le cas sur les opus précédents ; bien sûr, il y a toujours ses envolées, qui sont une marque de fabrique (le morceau-titre…) mais il se veut bien plus posé sur les couplets, développant une sensualité que l’on n’imaginait peut-être pas). Aussi, il rend l’album plus digeste, plus agréable à écouter, il en est un peu l’élément-clé. Il est d’ailleurs mixé assez en avant. Mais il ne faut pas croire qu’il tire la couverture à lui, les autres musiciens se font très bien entendre également, Dodangoda a vraiment fait un très bon boulot à la console.

Alors effectivement, INGLORIOUS ne ressemble plus tellement à ce qu’il proposait sur ses deux très bons premiers albums, mais il ne trahit pas sa formule pour autant. Nous restons toujours dans un univers qui leur est cher, mais avec bien moins de teintes pourpres. Le groupe se trouve un style, un nouveau son. Parfois, certains changements de line-up font du bien, même si cela est rarement souhaitable. Ici, on peut presque regretter que ces remaniements n’aient pas eu lieu avant l’enregistrement de "Ride To Nowhere" tant les gratteux actuels semblent bien plus à leur place dans ce genre d’exercice. Un grand bravo à INGLORIOUS donc, qui a su se relever et assurer un très bon album alors que la situation ne plaidait pas en sa faveur.

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- Nathan James (chant)
- Danny Dela Cruz (guitare)
- Dan Stevens (guitare)
- Vinnie Colla (basse)
- Phil Beaver (batterie)


1. She Won't Let You Go
2. Messiah
3. Medusa
4. Eye Of The Storm
5. Cruel Intentions
6. My Misery
7. Do You Like It
8. He Will Provide
9. We Will Meet Again
10. God Of War
11. We Will Ride



             



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