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WOMBBATH - Choirs Of The Fallen (2020)
Par T-RAY le 5 Novembre 2020          Consultée 482 fois

Deuxième album en deux ans : WOMBBATH a décidé de ne plus perdre de temps. Avec une carrière déjà interrompue pendant presque vingt ans et quatre années d'écart entre son album du retour, "Downfall Rising", et son successeur, "The Great Desolation", la formation suédoise s'est rapidement attelée à l'écriture d'un quatrième longue-durée et, pour ce faire, a une nouvelle fois remanié son personnel. L'Italien Giulio Rimodi est venu récupérer, le temps de l'enregistrement du disque, la basse tenue par Johan Momqvist sur le L.P. de 2018. Henrik Åberg a cédé ses baguettes au britannique Jon Rudin. Enfin - et c'est là la meilleure nouvelle - l'Anglais Al Riglin a été remplacé, à la deuxième guitare, par le talentueux multi-instrumentiste Thomas Von Wachenfeldt.

Le retour de ce dernier au sein du groupe après sa prestation au micro sur deux des huit titres de "Downfall Rising" est un renfort de poids pour WOMBBATH. D'autant que c'est avec sa gratte et son talent de soliste que le bonhomme est revenu, et pas seulement avec ses cordes vocales. Et sa performance en la matière apporte un niveau d'accroche supplémentaire aux morceaux du combo, qui sait pourtant déjà y faire avec ses riffs et ses atmosphères sinistres. Pas besoin d'attendre cent sept ans, d'ailleurs, pour entendre ce que le bonhomme a à offrir guitare en mains : dès l'initial et rapide "Fallen", titre pleinement conforme aux canons du Death Suédois et pour le mieux, Wachenfeldt nous balance un solo au long cours dont il est difficile de détacher les oreilles.

Riches en mélodie et en émotion, les soli de celui que la musique folklorique suédoise connaît surtout comme violoniste illuminent, et enluminent même, des titres qui ne sortent pas particulièrement du lot. L'oubliable car trop standard "Void", malgré une ambiance horrifique sympathique, retrouve en effet des couleurs lorsque Thomas Von Wachenfeldt y va de son trop court solo. Le très groovy "A Vulgar Declaration", qui sait faire remuer son boule à l'auditeur sur les passages les plus vifs, bénéficie largement du coup de main du guitariste pour maintenir l'attention. Le solo au cœur du morceau fait figure de relance bienvenue pour un titre qui s'essoufflerait bien vite sans cela.

Voilà de quoi redonner un peu plus d'intérêt et d'allant à ce qui constitue tout de même le ventre mou de "Choirs Of The Fallen". Ces deux titres, sans cela, menaceraient de faire abandonner l'écoute du disque tant ils paraissent lambda, même pour le WOMBBATH récent. Car c'est bien sur les titres plus lents et plus longs que la formation suédoise tire une nouvelle fois son épingle du jeu. "Wings Of Horror", par exemple, idéalement lancé par un solo du sieur Wachenfeldt, fait honneur à l'éternel attrait du groupe pour le cinéma d'horreur et d'épouvante. Pièce de six minutes et quelques cendres, ce titre, à une seconde près d'être le plus long de l'album, ravit par son refrain martelé et surtout par ses ambiances qui siéraient parfaitement à un bon film de zombies rétro. Écoutez donc ces voix plaintives sur la mélodie finale en son clean. Prenant.

Tous les meilleurs morceaux de "Choirs Of The Fallen" prennent soin d'imposer leurs atmosphères et si WOMBBATH s'autorise évidemment quelques accélérations bien senties sur la plupart d'entre eux, c'est bien parce qu'il prend le temps d'installer des ambiances pesantes qu'il ravit. C'est sur un tempo lent que la mélodie lancinante mais imparable de "Crawling From The Pits" s'introduit dans les conduits auditifs pour n'en plus sortir. Les rugissements de bête féroce de Jonny Pettersson sur le refrain n'ont pas un rôle moins important dans l'installation de ces ambiances, d'ailleurs. L'homme n'est pas le plus impressionnant des vocalistes mais il dispose d'un timbre d'une rondeur et d'une raucité qui sied à merveille au Death Metal joué par WOMBBATH.

"Crawling From The Pits" fait figure d'entre-deux, à mi-chemin entre les morceaux rapides mais plus classiquement Swedeath et ceux sur lesquels WOMBBATH s'éclate, c'est-à-dire les titres plus longs et plus travaillés sur le plan de l'atmosphère. L'on a droit, sur ce dernier, à un riff principal hypnotique et presque Doom, dont on se souvient une fois le disque terminé, et à des accès de violence bien envoyés qui font de ce morceau un compromis entre les deux facettes affichées par le combo sur ce quatrième album studio. Ce qui donne une composition totalement adéquate pour lancer le disque sur une vitesse de croisière qu'il adopte bien vite et qui donne ses meilleurs résultats deux morceaux plus tard.

En effet, lorsque démarre "A Sweet Taste Of Death", WOMBBATH nous assène ce qu'il sait faire de mieux depuis son retour en 2014. Bien que frôlant à peine les cinq minutes, le titre dure plus de temps qu'il n'en faut à la formation pour démontrer sa maîtrise des ambiances de funérailles et de deuil. Ici, les mélodies sont lourdes, plaintives, mortifères. Et bien que quelques accélérations soudaines, telles des spasmes post-mortem, viennent secouer le morceau, elles ne le font pas dévier de son allure générale de cortège funèbre. Et c'est tranquillement que WOMBBATH nous conduit vers l'autre moment fort de cette première moitié d'album : "From The Beggar's Hand", pièce de plus de six minutes qui commence fort mais dévoile rapidement une atmosphère suintante de caveau, que Thomas Von Wachenfeldt se charge d'éclairer de sa flamme guitaristique.

Presque comme un calque de ces deux morceaux mais en sens inverse, "Wings Of Horror" et "Choirs Of The Damned" viennent relever le niveau après ce que je qualifiais plus haut de ventre mou de l'album. Sans revenir en détail sur "Wings Of Horror", je soulignerai quand même le grand soin apporté à l'ambiance du morceau et à sa construction, qui lancent idéalement un "Choirs Of The Damned" qui permet au disque de se diriger vers sa conclusion sur une note très positive. En effet, avec son tempo moyen, son riff simple mais très pertinent doté d'un petit air d'inexorable, la duplication des voix de Pettersson sur son refrain efficace et la patte de Wachenfeldt, ce morceau s'avère très accrocheur. Il aurait conclu l'album parfaitement si WOMBBATH n'avait pas tenu à placer "In A Cloak Of Anger" en dernière piste, titre puissant et sombre mais moins complet et moins soigné.

Inégal et sûrement trop long d'une dizaine de minutes, "Choirs Of The Fallen" parvient cependant à raccrocher les wagons "Downfall Rising" et "The Great Desolation" par les choix musicaux effectués, en particulier celui de donner la prépondérance à la guitare lead de Thomas Von Wachenfeldt, et celui de jouer à fond sur la science du mid-tempo horrifique de WOMBBATH pour bien entamer puis conclure les hostilités. Décidément, le duo de têtes pensantes constitué par Håkan Stuvemark et Jonny Pettersson a de la ressource. Hâte, donc, d'entendre les morceaux inédits que nous prépare le groupe pour le disque anniversaire de ses trente ans annoncé pour 2021, intitulé "Tales Of Madness" et dont la pochette, aux inspirations Lovecraftiennes tout comme celle de "The Great Desolation", me ravit déjà.

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- Håkan Stuvemark (guitares)
- Jonny Pettersson (vocaux, guitares)
- Thomas Von Wachenfeldt (guitares)
- Jon Rudin (batterie)
- Giulio Rimoli (basse)


1. Fallen
2. Crawling From The Pits
3. We Shall Remain
4. A Sweet Taste Of Death
5. From The Beggar's Hand
6. Void
7. A Vulgar Declaration
8. Wings Of Horror
9. Choirs Of The Damned
10. In A Cloak Of Anger



             



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