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DEATH METAL  |  E.P

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WOMBBATH - Several Shapes (1992)
Par T-RAY le 30 Janvier 2020          Consultée 441 fois

En 1992, WOMBBATH est un prétendant. Un prétendant à l'entrée dans le cercle encore très fermé des pionniers du Death Suédois. Formé deux ans plus tôt, en 1990, l'année des premiers albums d'ENTOMBED et de CARNAGE, le quintette est naturellement pris dans le buzz (rien à voir avec le son des guitares desdits groupes) que génère alors cette scène naissante. Mais en 1992, WOMBBATH est surtout un retardataire. Parce que d'autres parmi ses compatriotes - DISMEMBER et GRAVE notamment - sont venus grossir avant lui les rangs des artistes de Death Suédois, avec des albums désormais reconnus comme fondateurs dans le genre.

WOMBBATH est d'autant plus retardataire qu'il fait un peu figure de péquenaud pour les formations citées ci-dessus, toutes originaires de Stockholm ou de sa grande banlieue. Lui vient de Sala, petite bourgade certainement trop tranquille du comté de Västmanland, coincé à l'intérieur des terres entre les grandes villes d'Örebro et d'Uppsala, plus proches de lui que ne l'est la capitale mais pas suffisamment proches non plus pour que le groupe s'y établisse et puisse y tisser un réseau lui permettant de prétendre à rejoindre les poids lourds du Death Suédois. À Sala, il y a bien une mine d'argent mais WOMBBATH est plutôt intéressé par un autre type de Metal.

Cependant, ça n'est ni à Sala, ni à Örebro, ni même à la vénérable Uppsala que se trouve la Mecque du son Death à la suédoise - les Sunlight Studios - mais bien à Stockholm. Le site où ont été mis en boîte les augustes "Left Hand Path", "Dark Recollections", "Like An Everflowing Stream" et "Into The Grave" n'a pourtant pas ouvert ses portes à WOMBBATH, qui a dû se contenter d'un certain Sky Line Studio pour enregistrer son premier 7 pouces, intitulé "Several Shapes". N'y voyez aucune inspiration dyslexique de la part de Severus Snape, la saga "Harry Potter" n'existait alors pas encore. Les "Several Shapes" en question ("quelques formes" en français dans le texte), dépouilles fraîchement sorties de la tombe, s'illustrent plutôt sur la pochette, à la perspective réjouissante, et surtout au travers du contenu musical.

Ceux qui ne connaissent de WOMBBATH que son premier album, l'assez banal "Internal Caustic Torments", dont le titre tient presque d'un symptôme de brûlure d'estomac, seront certainement surpris de constater que ce premier E.P. est plus puissant et plus agressif que ne l'est le longue-durée qui suivra. Bon, évidemment, il ne faut pas considérer l'"Intro", qui n'a aucun intérêt et donne plutôt l'impression, sur la fin, que les gratteux sont en train de s'accorder, mais plutôt les deux vrais morceaux que sont l'éponyme "Several Shapes" et "Corporal Punishment". Lesquels prouvent que, même sans aller au Sunlight et sans bénéficier à proprement parler du son tronçonneuse des groupes qui en sortent, un groupe suédois de province pouvait se faire remarquer.

Parce qu'il est très pro, carré et musclé, cet E.P. de WOMBBATH. Certes, avec bientôt trente ans de recul, il peut paraître désuet mais ce que l'on entend sur ce disque n'est autre que du solide Death Metal du début des 90s, rappelant parfois ce qui se faisait outre-Atlantique deux ou trois ans plus tôt : une approche rouleau-compresseur du Death, avec vocaux bien caverneux et parties de grattes s'appuyant sur les racines Thrash du genre en les poussant dans leurs retranchements. Certes, la musique du quintette n'est pas aussi groovy que celle de ses compatriotes établis à Stockholm mais elle a l'air de sortir tout droit du caveau et fleure bon le cadavre en décomposition.

Ce qu'il y a d'appréciable sur ce premier véritable enregistrement professionnel de WOMBBATH, c'est que tout est efficace, même si rien n'est à placer au panthéon du Death Metal pour autant. Les vocaux de Tomas Lindfors sont bien gutturaux et lorsqu'il lâche un scream de zombie affamé en guise de ponctuation, le cri en question fait mouche à tous les coups. La section rythmique n'est jamais prise à défaut, même si ce qu'elle exécute ici n'est pas éminemment technique : sur des ralentissements progressifs, comme sur le final de "Corporal Punishment", elle optimise parfaitement l'effet généré par les parties de gratte. Des guitares qui, elles, savent aussi bien trancher dans le vif, sur les tempi rapides, qu'écraser l'auditeur sur les parties lentes.

Résultat : tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un groupe de Death Suédois de deuxième division (voire de troisième si l'on considère mesquinement la suite de la carrière de WOMBBATH) sur son premier vrai disque est au rendez-vous. Des ambiances nécrotiques ? Check. Des vocaux vicieux et grumeleux ? Check. Un son de gratte en mode équarrissage ? Check. Des soli de guitare bien envoyés et pas branlés du manche pour autant ? Check. Des alternances d'accélérations et de ralentissements bien sentis ? Check et recheck. Avec la remasterisation dont ont bénéficié les deux morceaux et quart de cette galette sur les bonus de la réédition de l'album "Internal Caustic Torments", l'on distingue le potentiel pas si anodin dont faisaient preuve ces Suédois de la campagne.

Dommage : en retard sur les temps de passage des leaders de la scène à l'heure où il sortait ce disque, WOMBBATH ne saura pas vraiment capitaliser sur les promesses de cet E.P. initial.

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- Tomas Lindfors (vocaux)
- Håkan Stuvemark (guitare lead)
- Tobbe Holmgren (guitare rythmique)
- Richard Lagberg (basse)
- Roger Enstedt (batterie)


1. Intro
2. Several Shapes
3. Corporal Punishment



             



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