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PINK FLOYD - The Piper At The Gates Of Dawn (1967)
Par DARK BEAGLE le 26 Juillet 2020          Consultée 860 fois

"The Piper At The Gates Of Dawn" restera toujours à part dans la discographie de PINK FLOYD, alors qu’il avait des allures de mètre étalon qui aurait pu donner naissance à une ribambelle d’albums dans un genre similaire. Sa personnalité unique, il la doit à Syd Barrett, qui y a laissé une empreinte indélébile. Pour certains, ce disque n’est pas du PINK FLOYD, pour d’autres, il est son essence première, la plus pure, avant de prendre un virage qui marquera l’Histoire du Rock. Le joueur de pipeau de l’aurore (si l’on se réfère à la traduction française du "Vent dans les Saules" auquel Barrett fait ici référence) se veut donc iconoclaste, mais il possède un charme certain pour tous les amateurs de Rock Psychédélique de cette époque.

Nous sommes en 1967 quand sort ce disque. Les musiciens se connaissent tous depuis un petit moment et Barrett avait dans ses cercles d’amis un certain David Gilmour. PINK FLOYD a eu plusieurs incarnations et plusieurs patronymes avant que celui-ci ne soit décidé. Fut un temps, la formation s’appelait The MEGGADEATHS, ou encore TEA SET… jusqu’à ce qu’ils partagent une affiche avec un combo ayant le même nom. Après cela, Barrett va suggérer PINK FLOYD, en prenant les prénoms de deux musiciens de Blues qu’il affectionnait particulièrement, Pink Anderson et Floyd Council. À partir de là, l’appellation « Flamant Rose » est complètement erronée et dont l’origine s’est depuis longtemps perdue.

À ce moment-là, Roger Waters n’a pas la main sur le groupe, c’est Syd Barrett qui compose le plus et qui donne la direction artistique de PINK FLOYD, alors que lui-même s’enfonce doucement dans son monde, créé à partir de substances illicites, le LSD en particulier. Fan de Blues et de Rock Psyché, il les retranscrit dans sa musique, où l’on sent également l’influence des KINKS et des BEATLES. D’ailleurs, quand sortira ce "Piper At The Gates Of Dawn", "Sergeant Pepper" aura beaucoup fait parler de lui et aura révolutionné le Rock anglais. Mais considérer PINK FLOYD comme des suiveurs serait faire erreur, ce premier album est quand même assez étonnant, même s’il n’est pas aussi novateur que cela. Mais sans refaire l’histoire, imaginez qu’il soit sorti en 1966 ?

Le groupe est alors composé de Syd Barrett et Roger Waters donc, ainsi que de Nick Mason à la batterie et Richard Wright aux claviers. La musique proposée est barrée. Quand on prend la discographie de PINK FLOYD à reculons, que l’on tape d’abord dans les gros classiques ("Dark Side Of The Moon" ou "The Wall"), difficile de se dire que nous avons ici affaire au même groupe. Le côté planant peut être cherché, il ne sera pas trouvé. Il n’y a pas de pièce-fleuve à proprement parler excepté cet instrumental dont on parlera un peu plus tard, il n’y a pas non plus de concept défini ; c’est une expérience à part et pour ceux qui ne prennent pas la discographie dans l’ordre, oublier le connu pour se frotter à une vision incongrue.

Avant de sortir le disque, PINK FLOYD avait déjà publié un 45 tours en compagnie du producteur Joe Boyd (qui se fera connaître avec FAIRPORT CONVENTION et NICO), "Arnold Layne", un titre très humoristique qui se fera gentiment censurer par la radio, ce qui ne l’empêchera pas de faire une jolie percée dans les charts. Cependant, pour l’album, le groupe va être confié à Norman Smith, qui aura beaucoup collaboré avec un certain George Martin (non, pas celui du "Trône de Fer"). Smith va recadrer le groupe, lui faisant comprendre que la musique telle qu’ils la concevaient et qu’ils jouaient sur scène ne pouvait pas convenir à un album studio. Bref, il a demandé à Barrett de penser « chansons » et éviter tout ce qui était trop barré.

Ce qui n’empêche pas la formation de conserver "Interstellar Overdrive", seul titre crédité par le groupe en son entier. Il s’agit donc d’un instrumental foutraque, qui commence sur un riff de guitare assez raide, qui n’est pas sans évoquer ce que fera NIRVANA bien des années plus tard, avant que le clavier ne s’en mêle et nous emmène ailleurs, jusqu’au retour du riff principal pour le final. Pendant ce temps, chacun aura trouvé le temps de s’exprimer et on tient là le morceau qui fait vraiment le trait d’union entre le PINK FLOYD version Barrett et le PINK FLOYD version Waters et Gilmour, avec cette soif d’exploration, ce côté « no limit » où chaque folie est autorisée. Après, pour le coup, ce titre est vraiment bordélique, on sent qu’il n’est pas structuré, mais il accomplit pourtant son office.

Waters parviendra à signer un morceau, "Take Up Thy Sthethoscope And Walk" et le résultat est pour le moins étrange. Son approche se veut frénétique, le résultat est très noisy, presque bruitiste, mais le titre se fond à merveille dans l’ensemble. Mais le reste est de la main de Barrett et son univers est bariolé et riche. Il virevolte, il joue ce qui lui plaît et parvient à aligner des ballades, des chansons Pop et du Rock bien senti, très électrique et plutôt jouissif, avec un certain travail effectué sur les cœurs. L’influence des BEATLES qui enregistraient "Sergeant Pepper..." en face de leur studio ? Peut-être. Mais à comparer les deux albums, celui de la bande à Lennon se veut plus construit tandis que le second est plus versatile, mais mine de rien, tout aussi redoutable.

Le chanteur/guitariste nous ouvre les portes de son univers, qui garde une part d’enfance. Outre le nom de l’album qui, nous l’avons vu, fait référence au "Vent dans les Saules" qui est un livre que chaque petit Anglais étudie studieusement à l’école depuis plus d’un siècle (en même temps, c’est bien), nous trouvons également les traces d’une comptine ("Matilda Mother", très jolie pièce de cet album) ainsi que "The Gnome" qui fonctionne également très bien. C’est coloré, c’est psychédélique. C’est un livre ouvert sur un esprit qui commence à battre de l’aile, où l’enfant qui était en Barrett se heurtait à la folie qui commençait à le ronger. Mais le résultat, à défaut d’être génial, est déjà remarquable. Et que dire des deux premières pistes, "Astronomy Domine" et "Lucifer Sam", qui sont de véritables petits brûlots, aux riffs bien aiguisés pour l'époque ?

Et ce premier album tient très bien la route. Il est suffisamment varié pour que l’auditeur ne s’ennuie jamais. Il est bien éclaté, pour apporter un relief complètement fou (l’enchaînement "The Scarecrow" et "Bike"), il est truffé de bruitages divers, qui tendent à montrer que les musiciens se sont bien amusés en studio à enregistrer, même s’ils ont passé trois mois enfermés, une durée hallucinante pour l’époque quand la norme était aux alentours de une ou deux semaines (chose que les membres de DARKTHRONE continuent à perpétuer !). Et surtout, il est plaisant à écouter, même pour le public Metal qui retrouvera dans certains riffs, certains chœurs ou certaines pistes de chant des aspects plus sombres, qui se marient fort bien à ces univers plus noirs.

Malheureusement, après l’enregistrement de cet album, Syd Barrett deviendra ingérable pour les autres musiciens. Le LSD et son abus auront eu raison de son esprit et il évoluait tel un fantôme, rendant les concerts impossibles, quand il restait planté au milieu de la scène, sans bouger, ni jouer, ou en étant à côté de la plaque. Résolu à ne pas abdiquer ni à le laisser tomber, le groupe va essayer de l’isoler quelque peu afin qu’il puisse retrouver ses esprits en se concentrant uniquement sur la composition et il fera appel à un autre guitariste pour les dépanner en studio. Et c’est là que Gilmour fit son arrivée et que PINK FLOYD allait muter jusqu’à devenir ce monstre du Rock Progressif. "The Piper At The Gates Of Dawn" est unique et il possède un charme certain, qui fait toujours mouche aujourd’hui.

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   DARK BEAGLE

 
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- Syd Barrett (chant, guitare)
- Roger Waters (basse, chant)
- Nick Mason (batterie)
- Richard Wright (claviers, chant)


1. Astronomy Domine
2. Lucifer Sam
3. Matilda Mother
4. Flaming
5. Pow R.toc H.
6. Take Up Thy Sthethoscope And Walk
7. Interstellar Overdrive
8. The Gnome
9. Chapter 24
10. The Scarecrow
11. Bike



             



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