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PINK FLOYD - The Final Cut (1983)
Par DARK BEAGLE le 5 Février 2019          Consultée 938 fois

PINK FLOYD ne ressemblait plus à un groupe. L’après "The Wall" ressemblait à une espèce de terrible gueule de bois pour les musiciens. Roger Waters s’enfermait de plus en plus dans son coin, alors que Richard Wright était viré, le bassiste étant lassé par le claviériste, qui n’avait de toute façon plus son mot à dire. Les fans, quant à eux, étaient comblés. "The Wall" a été un énorme succès pour le groupe, couronné par le film de Alan Parker qui avait fait de cette bande-son une collection de séquences à la fois formidables et angoissantes. Puis en 1982, la Grande Bretagne rentre en conflit avec l’Argentine concernant les Malouines. Si l’opinion populaire est clairement derrière la Maggie, ce n’est pas le cas de nombreux artistes, qui font entendre leur voix. Parmi elles, il y a celle de Roger Waters.

Aussi, quand il va proposer cette idée d’album à Mason et Gilmour, il va se heurter à une certaine défiance vis-à-vis du projet. Waters vivra très mal le fait de se faire ainsi critiquer, alors que les deux autres n'ont pas envie de se plier aux desiderata du despotique bassiste. Surtout que la plupart des morceaux proposés auraient à l’origine dû composer la BO du film "The Wall", pour être écartés par Waters, qui en fit des protest songs. Mais pas que. C’est le résumé un petit peu facile que l’on fait fréquemment au sujet de ce "Final Cut". Waters n’est pas content, il le dit et bouh, la vilaine Thatcher… Quand on creuse un peu, on se rend compte que ce n’est pas qu’un pamphlet anti-militariste, ni même une suite à "The Wall". En criant sa haine de la guerre, il rend également hommage à son père qu’il n’a au final pas connu.

La pochette représente des rubans de médailles militaires britanniques datant de la Seconde Guerre Mondiale et dans l’angle gauche, en haut, un coquelicot en papier, une ornementation souvent distribuée en Grande Bretagne pour saluer la mémoire des anciens combattants, ceux qui ont laissé leur vie pour la patrie. Le thème du coquelicot reviendra souvent à travers le livret qui accompagne le disque. Avec cette fleur, Waters rend donc hommage à son père. Il l’avait déjà fait sur "The Wall", de façon assez discrète, cela était plus prononcé via le film, avec le titre "When The Tigers Broke Free". "The Final Cut – A Requiem For The Post War Dream" lui est dédié, à Eric Fletcher Waters, mort pour la folie des hommes.

Et Roger Waters va se montrer quasiment aussi tyrannique que pour "The Wall". Il ne laisse pas Gilmour s’exprimer, à part en de rares occasions, au point où il le « remplacera » par un saxophone au moment de certains soli. Le bassiste gère le disque, jusqu’à la production qu’il partage avec James Guthrie et Michael Kamen, Gilmour en ayant été exclu ! Encore une fois, c’est son bébé et la gestation va s’avérer assez laborieuse, l’enregistrement se fera dans de nombreux studios et si on veut se montrer moqueur, on peut avancer qu’il s’agit là du premier album solo du bassiste. En effet que reste-t-il de PINK FLOYD sinon un nom inscrit sur la pochette ? Le groupe ne semble plus exister, les musiciens sont comme des intérimaires chargés d’exécuter les ordres d’un Waters qui sait exactement ce qu’il veut.

Et si "The Final Cut" est souvent considéré comme le frère bâtard de "The Wall", rien que la thématique contredit cette thèse. "The Wall", c’est l’histoire de Pink, une allégorie de Roger Waters, qui se sert de ses souffrances pour se bâtir un mur imaginaire autour de lui, chaque épreuve devenant une brique, ce qui va l’emmener petit à petit à la folie. "The Final Cut", c’est la dénonciation des manipulations des politiques qui envoient des soldats à la mort sans vergogne (pour rappel, si le conflit des Malouines a duré deux mois, il a fait 907 victimes dont « juste » trois insulaires. La mère Thatcher s’en prend plein les dents, mais pas qu’elle, une bonne partie du gratin politique de l’époque. Et cette colère va surtout s’exprimer à travers le chant de Waters, qui s’avère différent par rapport à "The Wall".

Musicalement, nous nous écartons aussi du double-blanc du FLOYD. L’absence de Richard Wright se faire cruellement ressentir, ses nappes de claviers manquent cruellement à l’ensemble. Elles sont remplacées par le piano de Michael Kamen qui amène un côté plus intimiste à l’ensemble, surtout qu’il est souvent accompagné d’une guitare assez inoffensive. Il faut dire que les tensions entre Gilmour et Waters ont atteint leur paroxysme ici, les deux hommes se retrouvant dans l’impossibilité de travailler ensemble. Ils ne se retrouvaient que de temps en temps pour voir comment évoluait l’enregistrement. D’ailleurs, Gilmour ne chante pas sur ce disque, à l’exception de quelques passages sur "Not Now John". Vous aussi vous trouvez que ça sent le sapin ?

Et malgré une réputation désastreuse – et ce pour de nombreuses raisons – "The Final Cut" contient quelques beaux moments. Pour commencer, "The Post War Dream" ouvre l’album en douceur, nous préparant gentiment pour "Your Possible Pasts" où le chant de Waters nous prend aux tripes. Il n’y a pas beaucoup de passages sur "The Wall" où il a eu un chant aussi expressif, aussi touchant qu’ici, pour vous donner un ordre d’idée. Le title-track se voit sublimé par un excellent solo de David Gilmour – un des seuls mémorables de ce disque, un solo qui permet à cette chanson de surnager doucement. Pour ceux qui cherchent des émotions plus fortes, il convient de s’attarder sur "Not Now John".

"Not Now John" est le morceau le plus remuant, avec un Gilmour qui va se montrer plus agressif à la guitare et qui va enfin poser sa voix sur un morceau. Les amateurs de Hard Rock adhèreront rapidement à ce riff détendu, mais au fond, nous sommes plus proches d’un Rock groovy à souhait, ponctué de chœurs féminins du meilleur effet. Autre curiosité, "The Hero’s Return" tend vers la New Wave, avec son synthé… Tenu par Waters, évidemment. Il y a donc un peu de rythme sur cet album, mais le plus souvent nous sommes sur des ballades, parfois intimistes, soutenues par un orchestre classique qui reste à sa place, se contentant d’accompagner les mélodies de Waters, comme sur "The Gunner’s Dream" que je trouve, personnellement, irrémédiablement amoindrie par son solo de saxophone.

Étant seul maître à bord, Waters n’a plus aucun recul sur sa musique. Il va se montrer capable de produire de très bons morceaux (gros coups de cœur pour "The Fletcher Memorial Home"), mais il va se laisser dévorer par sa mégalomanie et laisser passer des choses nettement moins bonnes, forcer ses idées à tout prix juste pour faire chier Gilmour (les soli de saxophone en lieu et place de la guitare, qui ont tendance à se répéter et qui n’apportent absolument rien à l’ensemble). Il ira même jusqu'à remplacer Mason sur "Two Suns In The Sunset". Bon, à la décharge de Waters, Mason avait alors des problèmes conjugaux, mais bon. Avoir viré Wright aura été la première des mauvaises idées qui jalonnera la période 1979-1983 et tout le reste ressemble à une tragédie. Et pourtant, bien qu’il récoltera des critiques assez variées, "The Final Cut" entrera directement à la première place des charts anglais. Comme quoi…

La suite, ce sera le départ de Waters, deux ans plus tard, pour se consacrer à sa carrière solo. Cela aurait pu signifier la fin de PINK FLOYD. Cela signifiera surtout le retour de Wright, qui ne voulait de toute façon plus jouer avec le bassiste. La fin d’une époque, la fin d’un règne. Et si "The Final Cut" n’est pas le dernier album du groupe, il aurait très bien pu en être le testament. Une page du Rock Progressif se tourne avec lui en tout cas, rien ne sera plus jamais comme avant et même si on peut apprécier ce que PINK FLOYD a sorti par la suite, la saveur n’en sera plus la même. Et cela concerne également la carrière solo de Waters.

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   DARK BEAGLE

 
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- Roger Waters (chant, basse, claviers)
- David Gilmour (guitare, chant)
- Nick Mason (batterie)


1. The Post War Dream
2. Your Possible Pasts
3. One Of The Few
4. The Hero's Return
5. The Gunner's Dream
6. Paranoid Eyes
7. Get Your Filthy Hands Off My Desert
8. The Fletcher Memorial Home
9. Southampton Dock
10. The Final Cut
11. Not Now John
12. Two Suns In The Sunset



             



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