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LACUNA COIL - Black Anima (2019)
Par VOLTHORD le 12 Avril 2020          Consultée 927 fois

À l'époque de "Broken Crown Halo", il m’est arrivé de croiser Andrea Ferro pour une interview. Ce dernier m’avait avoué qu’à partir de "Comalies", le groupe avait "appris à travailler avec des producteurs". Ce n'était pas dit sur le ton de l’aveu genre "il faut comprendre qu'on n'a pas le choix, les enfants à nourrir blahblah" mais c'était transparent, déterminé, business is business. Le terme d’ "apprentissage" est intéressant, comme il suggère que le groupe avait une sorte de désir de plaire à ces derniers et de s'adapter à leurs codes. Tous les albums qui suivirent "Comalies", que je tiens toujours comme l'une des plus belles oeuvres de sa génération, sont explicitement teintés de cette compromission heureuse. D’un groupe d’où la spontanéité et même les maladresses rendaient l’approche aussi sincère que stimulante, on est passé à un groupe "actualisé" à chacune de ses nouvelles sorties, avec une approche indéniablement pro’ mais sans étincelles, même s'il a su reprendre des couleurs à partir d’un "Broken Crown Halo" parsemé de petites perles tout en restant un calque de musique MTV adolescente dans le fond.
Depuis ce temps LACUNA COIL a d'autant plus froncé les sourcils et forcé le ton avec "Delirium". Sans doute le développement de groupes extrêmes à chanteuse poussés par les algos YouTube très enclins à favoriser le port du décolleté aura aidé à cette transformation. Mais le groupe a finalement gardé une identité Neo Metal (on dit "Metal Alternatif" maintenant, il paraît) consolidée par les années (clairement, quand on réécoute "Karmacode" on se rend compte que c’était pas gagné d’avance), et depuis ledit album, on y trouve toujours quelques belles choses, à défaut de pouvoir hisser de nouveau le groupe sur le podium.

Aujourd'hui, "Black Anima" parvient à tirer le meilleur des atmosphères des premiers albums autant que de l'agressivité qui émanait de "Delirium", ce qui en fait sans doute son meilleur opus depuis un sacré bout de temps. Même une petite dose de Neo qui ne choquera les fans post-"Karmacode" reste en surface ("Reckless" et "The End Is All I Can See" par exemple, qui ne feraient pas tâche dans "Broken Crown Halo").
Comme l'a déjà mentionné Mefisto dans sa chronique de "Delirium", le grand gagnant du virage extrême est Andrea. C’était quand même incroyable à quel point son chant parasitait le groupe. À la fois pour son manque de charisme que pour son incapacité à arriver ne serait ce qu’au bout du petit doigt de pied de Cristina Scabbia, qui elle a toujours été ma raison UNIQUE de me tenir informé des sorties du groupe. Même dans le pire du pire de LACUNA COIL, il y a des fulgurances de sa part. Et voilà que quand j'ai découvert l'excellent "Layers Of Time" (accrocheur comme jamais), je me suis dit "mais merde, c'est Andrea qui porte le morceau". Certes, Cristina, pour le peu qu'elle fait, le fait avec une classe inouïe, mais voilà, Andrea en growler fait gagner le LACUNA COIL "modernisé" en qualité.
Scabbia, elle aussi est toujours en évolution ("Veneficium" et ses nappes lyriques quelle classe), même si le côté un peu gamin de certaines lignes (le refrain de "Reckless") n'aide toujours pas à prendre totalement la chose au sérieux (il faut de ce point de vue totalement oublier le ridicule "Anima Nera" qui sonne comme du mauvais DIE ANTWOORD).

Après un "Delirium" qui mettait très justement Andrea en avant, "Black Anima" revient sur une dynamique presque Goth (franchement, je m'en vais parfois à penser que PARADISE LOST est pas si loin dans certains titres…) qui tend à trouver le juste milieu entre les différentes tessitures de chant, et même le chant clair masculin reprend son côté un peu éraillé et touchant, comme à l'époque de "Comalies" ("Save Me" en est un excellent exemple). Le traitement des guitares "mitraillantes" est un gimmick actuel qui étouffe parfois la sensibilité de certains titres. Je pense par exemple à ce "Now Or Never" avec ses nappes de clavier et son ton dramatique qui peut rappeler les premiers LACUNA COIL, un peu gâché par son dernier tiers. Le refrain reste foutrement accrocheur tout de même.

Le haut du panier resteront "Layers Of Time", "Veneficium" et le titre éponyme lourd et bourdonnant "Black Anima", d'une intensité exemplaire sur tous les terrains. Quand on pense que le meilleur de "Dark Adrenaline" était le tout gentillet "Trip The Darkness", on a très certainement gagné au change depuis.
Reste encore cette impression de fond que le groupe n’est toujours pas si sincère dans sa démarche, ressenti personnel qui me laisse à distance de ses indéniables qualités, et quelques titres que je perçois comme du pilotage automatique ("Apocalypse", "The End Is All I Can See")... Bref, c'est la fin de la traversée du désert pour LACUNA COIL, c'est certain. Reste encore du chemin pour retrouver ses fulgurances de jeunesse.

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   VOLTHORD

 
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- Andrea Ferro (chant)
- Marco Coti Zelati (basse, claviers)
- Cristina Scabbia (chant)
- Diego 'didi' Cavalotti (guitare)
- Ryan Blake Folden (batterie)


1. Anima Nera
2. Sword Of Anger
3. Reckless
4. Layers Of Time
5. Apocalypse
6. Now Or Never
7. Under The Surface
8. Veneficium
9. The End Is All I Can See
10. Save Me
11. Black Anima



             



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