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ABORTED - Terrorvision (2018)
Par SIRFRANGILL le 13 Février 2019          Consultée 1626 fois

Toute niche musicale connaît son lot de formations déballant inlassablement, à chaque sortie, le même album. À l'époque de la scie à tibias "Goremageddon", ABORTED semblait destiné à faire partie de celles-là. En effet, le combo flamand nous servait à l'époque, très régulièrement, d'année en année, un Death gore et moderne largement inspiré de CARCASS et misant tout sur l'agression, à tel point qu'on voyait alors mal comment il y aurait pu avoir une quelconque évolution dans leur musique si ce n'est en lui faisant prendre des aspects plus mélodiques ce qui fut finalement effectif à partir de "Slaughter & Apparatus", album tout aussi décrié que son successeur. Sven De Caluwé, après moult changements de line-ups, revint alors finalement à sa recette première, et tout laissait à penser que plus rien ne changerait.

Le premier extrait dévoilé de ce "Terrorvision", "Squalor Opera", ne fit pas tellement pour contredire cette spéculation, se montrant assez direct, riche en blasts et nous gratifiant à son terme, ô joie, d'un bon gros riff en palm mute bien efficace. Cependant, en prenant la peine de réécouter le titre, on a pu finir par déceler, ô surprise, comme une envie d'ambiancer un peu plus son propos. En effet, les gratteux Mendel Bij De Leij et Ian Jekelis ont pris soin d'agrémenter leurs riffs de quelques arpèges méchants et trémolos aigus malveillants conférant à la musique d'ABORTED un aspect un peu plus vicieux, alors que, le plus souvent, elle se contentait par le passé d'attaquer frontalement l'auditeur. Il s'agit là d'un élément qui constituera la singularité de la sortie qui, d'emblée, en semblait dépourvue. La large majorité des morceaux va donc, un instant ou à un autre, entre deux speederies, présenter un passage plus posé voire mélodique, moins pour permettre au public de reprendre son souffle que pour l'oppresser. Mais là où la bande à De Caluwé surprend, c'est qu'elle ne s'est pas contentée de quelques tricks guitaristiques pour rendre son art plus évocateur puisqu'elle fait également usage de quelques arrangements (semble-t-il des nappes de claviers discrètes noyées par la production) donnant à certains passages, en particulier sur "Visceral Despondency" mais aussi sur "Vespertine Decay", une ampleur presque symphonique, ce qui est assez peu répandu dans le genre. Si l'imagerie du groupe s'inspire, comme beaucoup de ses pairs, des films d'horreurs de série Z, on s'approche ici plus de la bande-son d'une production hollywoodienne qui dépeignerait une humanité menacée par des forces qui la dépassent. En cela, la fort belle pochette de Pär Olofsson illustre à la perfection l’œuvre malgré son classicisme (les covers de Brutal Death et de Slam ne sont pas avares en monstres de tout poil et en couleurs chatoyantes). On imagine bien, lors de ces passages plus particuliers, ces abominations informes sillonner la planète à la recherche d'humains à empaler sur leurs doigts démesurés.

Au-delà de ces quelques innovations bienvenues, le centre de la musique d'ABORTED reste la violence. Les blast beats sont à la fête et ce sur tous les morceaux lors d'un passage au moins. Les percussions ne se calment jamais, même lors des passages plus lents, elles soutiennent les cordes à grands coups de double croche à la grosse caisse. Sven De Caluwé, de son côté, nous assène toujours son grunt sourd très personnel, mais pas seulement. Si le vocaliste a toujours aimé racler sa gorge de toutes les manières, alternant le grave et l'aigu, on remarque au fil des albums et a fortiori sur ce "TerrorVision" une diversité et une maîtrise croissante. Ses cris perçants se montrent parfois terrifiants, notamment sur "Farewell To The Flesh" où ils ressemblent presque aux vocalises tordues de l'ancien frontman de MAYHEM, Maniac, c'est aussi le cas de la fin apocalyptique de "Deep Red". Pour garnir sa musique de vocaux les plus variés possibles, le chanteur flamand n'hésite pas à s'entourer de collègues, on dénombre donc pas moins de trois featurings sur "TerrorVision" : le jumeau français de Caluwé, Julien Truchant (BENIGHTED), la nouvelle star du Brutal Death Technique, Sebastian Grihm (CYTOTOXIN) et, plus étonnant, le dragon de l'Attique, Spiros Antoniou (SEPTICFLESH). Du beau monde, montrant à quel point ABORTED a su s'imposer sur la scène Death internationale.

Peu de nouveautés en revanche du côté des guitares lors des instants baston. Elles déballent toujours un riffing qui finalement tient autant du Brutal Death que du Death Melo, ce qui est normal pour une formation descendant directement de CARCASS, bien qu'ABORTED soit pratiquement toujours rattaché au sous-genre le plus dur du Death. Pour s'en convaincre, on peut se pencher sur "Vespertine Decay" qui nous propose une accélération alliant aller-retour sur la corde de la et notes plus aiguës en mode AT THE GATES. Bij De Leij et Jekelis se révèlent une fois de plus assez techniques dans leur jeu (ce qui contribue quelque peu à l’atténuation de la violence par la mélodie) : les solos sont fluides et véloces et les riffs ne craignent pas de se lancer dans des envolées en bas de manche (on croirait presque à NILE sur "Farewell To The Flesh").

Le cheval de bataille du groupe reste donc l'efficacité, en témoigne le soin pris d'octroyer à chaque titre un refrain scandé pensé pour rester en tête. Mais on peut déplorer la réduction du nombre de ralentissements efficaces qui ponctuaient dans le temps les compositions des Belges, on les retrouvera avant tout en début d'album (le plus mémorable étant le break du morceau-titre, annoncé par un sympathique bass drop). Les phases d'agressions ne sont donc plus coupées aux riffs lourds et groovy mais justement par ces passages plus ambiancés qui marquent donc des temps d'arrêt, ce qui peut nuire à l'efficacité recherchée, la production n'aidant pas non plus sur ce point sonnant certes moderne mais aussi trop propre. On finit par ressortir de l'écoute sans avoir décelé de véritable tube, ou, tout du moins, de morceau se détachant du tout assez homogène, ce qui n'avait pas été le cas sur "Goremageddon" ou "Global Flatline" par exemple. "TerrorVision" n'est pas mauvais pour autant, il propose quelques passages réussis, mais certainement pas de quoi en faire un moment fort de la discographie d'ABORTED, malgré les quelques nouveautés apportées.

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   SIRFRANGILL

 
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- Sven De Caluwé (vocaux)
- Ken Bedene (batterie)
- Mendel Bij De Leij (guitare)
- Ian Jekelis (guitare)
- Stefano Franceschini (basse)


1. Lasciate Ogne Speranza
2. Terrorvision
3. Farewell To The Flesh
4. Vespertine Decay
5. Squalor Opera
6. Visceral Despondency
7. Deep Red
8. Exquisite Covinous Drama
9. Altro Inferno
10. A Whore D'oeuvre Macabre
11. The Final Absolution



             



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