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STORMWITCH - Bound To The Witch (2018)
Par DARK SCHNEIDER le 20 Janvier 2019          Consultée 1321 fois

C'était en petite forme que STORMWITCH nous était revenu en 2015 avec "Season Of The Witch". Un album qui avait ses qualités mais qui peinait à faire illusion avec le recul, surtout avec ses défauts objectifs trop visibles (production médiocre, guitaristes au jeu timide...). On pouvait craindre que ce retour ne fusse qu'un simple feu de paille, surtout que le batteur et l'un des deux guitaristes se firent vite la malle, peut-être n'y croyaient t-il pas vraiment ? Mais STORMWITCH a continué son chemin, se produisant épisodiquement en Allemagne, présentant son nouveau guitariste (un certain Tobi Kipp, jeune guitariste dont le manque de charisme sur scène est assez criant), et réussissant à récupérer un de ses anciens batteurs, Marc Oppold, qui avait officié sur les très agréables "Dance With The Witches" et "Witchcraft". Et finalement, Andy Mück et ses comparses ont mis en branle l'enregistrement de ce nouvel album, ce "Bound To The Witch" dont le nom fait tout de même un peu beaucoup écho au groupe concurrent WITCHBOUND, composé d'anciens membres sans doute pas en très bons termes avec l'ami Mück, qui a sorti un efficace "Tarot's Legacy" en 2015. Revanchard notre chanteur à jabots ? Peut-être, quoiqu'il en soit, il semblait évident qu'il était temps de donner un bon coup de fouet à la sorcière.

Parce qu'il faut bien le dire, que malgré toutes leurs qualités, les derniers albums de STORMWITCH étaient assez tranquilles. Bon au moins ça tranchait par rapport à la musique souvent un peu trop abrutissante des groupes de Heavy germanique au son trop compressé, mais quand même, on avait envie que le groupe retrouve un peu la fougue qui était la sienne dans les 80s. Et bien parfois, il faut y croire, car ce "Bound To The Witch" constitue en cela une bonne surprise ! Le groupe retrouve là véritablement une seconde jeunesse, et ce n'est pas un cliché que de le dire, c'est juste la vérité. Et ce, à commencer par Andy Mück : ce dernier avait clairement livré la moins bonne performance de sa carrière sur "Season Of The Witch", ce qui était excusable car il semblait tout simplement rattraper par le poids des ans... Mais quelle erreur de croire cela ! Sa performance sur "Bound To The Witch" est une véritable renaissance : notre homme retrouve toute sa sensibilité, tout son feeling, cette fragilité à fleur de peau qui donne tout son caractère à son chant. Andy Mück fait partie de ces chanteurs uniques, qui n'ont pas vraiment d'équivalents. Son chant le rend précieux, dans le bon sens du terme, s'il avait été un frontman aguerri (ce qu'il n'est pas, il faut le reconnaître), il aurait peut-être eu la reconnaissance qu'il méritait. En attendant, "Bound To The Witch" nous permet de nous délecter de ses qualités vocales.

Et c'est donc avec une série de morceaux très catchy que s'ouvre cet album. On est dans la pure tradition du groupe, tant en termes de riffing que de mélodie. Ce qui peut surprendre vu la jeunesse de la paire guitaristique au sein du groupe : à vrai dire, depuis la fin du duo Tarot/Merchant, ce sont eux qui ont le mieux su retrouver cette science du riff, devançant le duo Schwarz/Winkler, et sans comparaison possible avec les tendances technico-progueuses des albums des 90s. On retrouve ainsi un véritable regain d'énergie, mais sans jamais se départir de ce sens mélodique tout droit hérité de la musique Renaissance : on se retrouve à nouveau en plein dans le romantisme noir cher au groupe. "Songs Of Steel" (tonalité épique, forcément), et "Odin's Ravens" (plus enlevé), constituent ainsi la meilleure des ouvertures possibles. Le title-track "Bound To The Witch" a lui ce côté fédérateur qui rappelle dans son essence certains hymnes du groupe dans les 80s, et sans oublier une certaine finesse dans la composition (le travail des guitares sur les couplets, ses arpèges sur le refrain qui rappellent l'époque "Eye Of The Storm"). On remarquera aussi que STORMWITCH a été touché par la Game Of Throne Mania car oui, "Arya" parle bien du personnage éponyme de la saga littéraire inachevée de GRR Martin (*). Un morceau au refrain un peu naïf, mais c'est là encore une caractéristique assez habituelle chez le groupe et loin d'être désagréable de toute façon.

Signe qui ne trompe pas, et qui montre que le groupe est en pleine confiance : on a carrément droit à un morceau intitulé "Stormwitch", symbolisant peut-être une revendication de l'identité pleine et entière du line-up actuel en tant que STORMWITCH. Forcément, le refrain se veut quelque peu solennel, et les tonalités nostalgiques ne sont jamais loin. Il ne s'agira cependant pas du morceau le plus ultime du groupe, loin de là, mais fallait oser quand même.

Ne voulant pas céder à la facilité, et notamment renier une partie de son passé, le groupe se fait plus atmosphérique à partir de "King George" (et surtout plus épique que jamais), rappelant ici clairement la période "Dance Of The Witches/Witchcraft", et également de façon criante avec "The Ghost Of Mansfield Park" qui nous rappelle le goût de STORMWITCH pour la littérature romantique, avec ce titre dans la même veine que "The House Of Usher". Le final de l'album est également de toute beauté avec l'acoustique "Nightingale", là encore on est dans la grande tradition du groupe, avec une maîtrise parfaite.

"Bound To The Witch" est le témoignage d'un groupe bien vivant, fier d'affirmer sa forte identité malgré une carrière loin d'être linéaire. Andy Mück, l'âme du groupe, prouve ici plus que jamais qu'il peut le maintenir seul, sans jamais trahir ce qu'il a été. "Bound To The Witch" n'est pas un simple "souvenir" de ce qu'a pu être STORMWITCH, au contraire, il ajoute une pierre supplémentaire à son édifice, parfaitement taillé, superbement ouvragé.

(*) Un personnage que je n'ai jamais vraiment beaucoup aimé, cette Arya.

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- Andy Mück (chant)
- Volker Schmietow (guitares)
- Tobi Kipp (guitares)
- Jürgen Wannenwetsch (basse)
- Marc Oppold (batterie)


1. Songs Of Steel
2. Odin's Ravens
3. The Choir Of The Dead
4. Bound To The Witch
5. Arya
6. Stormwitch
7. Life Is Not A Dream
8. King George
9. Ancient Times
10. The Ghost Of Mansfield Park
11. Nightingale



             



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