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CRISIX - Against The Odds (2018)
Par T-RAY le 10 Mai 2018          Consultée 553 fois

Bien souvent, ce que l'on considère comme des détails n’en sont pas vraiment. Ils sont bien plus, surtout s'ils permettent de faire la différence. Ce n’est pas par hasard que l’on dit que le Diable s’y niche. Le Diable, ça n’est pas rien. En tout cas, ça n’est pas n’importe qui. Avec lui dans les parages, la différence se fait souvent au négatif. Et, toutes proportions gardées, les détails qui font la différence entre le CRISIX de "From Blue To Black" et celui de "Against The Odds" n’en sont effectivement pas, et cette différence se fait au négatif. Car avec ce quatrième opus, les soi-disant petits riens qui faisaient l'indéniable personnalité du quintette catalan sont trop passés sous l'éteignoir à mon goût. Passons-les en revue, tiens.

La voix de Julián Baz ? Exaspérante pour certains, qui ne goûtaient guère son côté strident, voilà qu’elle a pris du grave, du growl, et rentre dans le rang. Au temps pour l’originalité. La voici désormais hurlée, souvent, de quoi plaire aux metalcoreux plus qu’aux thrasheux purs et durs. La facette geek du combo ? Elle prend un coup dans l’aile aussi, car les morceaux les plus référencés du disque – "Xenomorph Blood", hommage au premier "Alien", "Prince Of Saiyans", dédié (encore !) à un héros de "Dragon Ball", en l’occurrence Vegeta, et "The North Remembers", consacré aux Stark de "Game Of Thrones" – n’ont pas le pouvoir d’accroche ni la capacité à générer des images fortes issues des œuvres évoquées. Au contraire de leurs aînés "Brutal Gadget" sur "The Menace", "Frieza The Tyrant" sur "Rise… Then Rest" et "T-Terror Era" sur "From Blue To Black".

Voilà deux prétendus détails, qui n’en sont pas, sur lesquels CRISIX a fait des compromis qui nuisent à son identité même. Si la voix de Baz et la geekerie du quintette pouvaient être repensés pour être encore plus percutants, ça n’est pas forcément la façon dont les Barcelonais auraient dû s’y prendre. Et le chemin stylistique qu'emprunte désormais la formation sur ce quatrième album laisse tout aussi perplexe. Car CRISIX a fait le choix de rendre encore plus dru et costaud son Thrash Metal, jusqu'au Death Mélodique. Si muscler sa musique paraissait logique entre "The Menace" et "From Blue To Black", le groupe aurait pu se demander si franchir encore un palier dans la rudesse était réellement nécessaire.

En acoquinant son Thrash borderline Crossover avec du Melodeath progressivement, CRISIX avait fait mouche. Mais en accentuant encore la teneur de ce dernier genre dans son mélange, le quintette s’est finalement rapproché de ce qu’un peu trop de groupes font. En particulier les combos de Metalcore. Et l’originalité de CRISIX en prend un nouveau coup. Mais attention ! Si c’est l’originalité de sa musique qui souffre, le talent de la formation, lui, lui permet de sortir quand même gagnant de cette situation. Car les Catalans continuent d’envoyer grave. Ça joue, et pas qu’un peu ! J’irais même jusqu'à dire que Marc Busqué et Albert Requena sont plus en forme que jamais au niveau de leurs parties lead. Plus d’un solo arrache bien comme il faut et, pas besoin d’attendre bien longtemps pour le constater : l’explosif "Get Out Of My Head" le démontre tout de go.

Explosif, c’est le qualificatif qui sied le mieux à ce que CRISIX nous propose sur "Against The Odds", et ce, malgré tous les bémols relevés ci-dessus. Les Barcelonais ont vraiment le sens du Metal, l’art de faire headbanguer et de toucher la corde sensible qui sommeille en chacun des metalleux que nous sommes et qui nous fait taper du pied, brandir nos devil horns frénétiquement et mosher comme des gros excités. En Live, nul doute que les morceaux de ce quatrième opus feront merveille ! CRISIX n’est plus aussi exubérant que par le passé, mais diable (encore lui), qu’il est carré ! Et brutal, parfois. Plus souvent qu’auparavant, c’est certain. Écoutez donc "Leave Your God Behind", avec son riff addictif très Melodeath, encore une fois. Certes, c’est moins original que le Thrash des précédents opus du groupe, mais ça fonctionne à mort.

Des titres de cette trempe, il y en a plusieurs sur ce disque, de l’hyper furieux morceau d'ouverture, où CRISIX révèle une facette Groove appuyée derrière le déluge de Thrash Crossover burné. Et les breakdowns dont nous gratifient les quatre instrumentistes font mouche à chaque fois. Intense ! "Technophiliac" et "Perseverance" sont deux autres moments forts de ce quatrième album des Catalans. Plus concerné que par le passé, le texte du premier est remarquablement mis en valeur par un Thrash/Death Mélo assez sombre qui n’usurpe pas le qualificatif “mélodique”. Les paroles du second sont plus standard mais s’ancrent dans un Heavy/Thrash que même METALLICA n’aurait pas renié, j’en suis certain. Le riff principal aurait pu sortir des paluches de James Hetfield, sincèrement.

Ce morceau est peut-être le plus “calme” de tout l’opus, toutes proportions gardées, mais il tabasse davantage que certains titres plus violents qui l’avoisinent. Comme quoi, il n'était pas forcément besoin de bodybuilder votre Thrash pour être percutants, Messieurs de CRISIX ! La preuve, les plus franchement agressifs (et très Crossover) "Leech Breeder" et "Cut The Shit", vraies “mosheries”, fausses boucheries, n’ont pas le même pouvoir d'attraction. Et pour pogoter, on leur préférera assurément un "I.Y.F.F.", un "G.M.M." ou un "Bring’Em To The Pit", issus des deux précédents albums. Entre les franches réussites de cet "Against The Odds" et ces deux morceaux-là, finalement, les “geekeries” que sont "Prince Of Saiyans" et, surtout, l’assez épique "The North Remembers", se révèlent plus efficaces qu’au premier abord.

Dommage, toutefois, qu’il faille des morceaux de moindre intérêt pour redonner à ces derniers de la vigueur. Ce que cela confirme, en tout cas, c’est que "Against The Odds", bien qu’étant l’album le plus court de la discographie du groupe, n’est pas aussi homogène qu’on n’aurait pu l'espérer. Entre franches réussites et titres plus passe-partout, CRISIX n’est pas parvenu à franchir le palier que semble lui promettre son évolution jusqu’ici. Capable de l’excellence comme du commun, le quintette catalan a toujours les qualités nécessaires pour décrocher la timbale. Mais avec déjà quatre L.P. à son actif, il n’est plus temps de lambiner. En attendant le cinquième, tout en gardant espoir qu’il soit énorme, on réécoutera avec grand plaisir les cinq ou six mornifles bien senties que cet "Against The Odds" renferme tout de même.

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   T-RAY

 
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- Julián Baz (vocaux)
- Marc Busqué 'busi' (guitares)
- Albert Requena (guitares)
- Javi Carrión (batterie)
- Dani Ramis (basse)


1. Get Out Of My Head
2. Leech Breeder
3. Technophiliac
4. Perseverance
5. Xenomorph Blood
6. Prince Of Saiyans
7. Leave Your God Behind
8. Cut The Shit
9. The North Remembers



             



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