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- Style : Godflesh, Marilyn Manson, Ministry, Two

NINE INCH NAILS - Pretty Hate Machine (1989)
Par DARK BEAGLE le 7 Décembre 2017          Consultée 506 fois

Nous sommes en 1989, le Mur de Berlin n’est dressé que pour quelques jours encore, il ne sera bientôt plus qu’un symbole, une image qui sera rattaché à un passé honteux. Samuel Beckett allait poser sa plume de manière définitive et les Ceauseşcu allaient apprendre ce qu’est la colère du peuple (et joyeux Noël). Trent Reznor, lui, a vingt-quatre ans et s’apprête à balancer au monde un disque fort, qui allait un avoir un impact certain sur l’univers de la musique et qui allait faire de ce jeune gars un peu timide une valeur sûre, que tout le monde cherchera à s’arracher à un moment où un autre, de David Bowie à Rob Halford.

Reznor, c’est un petit génie. Discret, il a une excellente maîtrise musicale, avec une formation Classique et Jazz solide. Le reste, il l’apprend en autodidacte, en jouant dans différent groupes. Il enregistre une première démo en 1988 pour un projet qui lui est personnel, "Purest Feeling", dont la plupart des morceaux serviront de base de travail pour "Pretty Hate Machine", premier véritable album d’une entité qu’il appellera NINE INCH NAILS, un nom qui ne veut pas dire forcément grand-chose (clous de neuf pouce, ou ongles de neuf pouces, ce qui promet une belle manucure), mais qui fait un acronyme sympa à styliser.

Sur ce premier disque, Reznor va beaucoup travailler avec des samples sauf pour la batterie qu’il remplacera par une boîte à rythme aux premiers abords agaçante, mais à laquelle nous nous habituons heureusement rapidement. Et nous pouvons vite nous rendre compte du talent de Trent pour composer des titres qui marquent les esprits et surtout pour les interpréter avec beaucoup de justesse, sans se laisser aller à un remplissage inutile ou des incohérences qui sont souvent le piège quand on utilise les machines pour faire de la musique.

Cependant, "Pretty Hate Machine" ne s’aborde pas comme nous pouvons aborder "The Mind Is A Terrible Thing To Taste" de MINISTRY ou "Streetcleaner" de GODFLESH, tous deux sortis la même année. En effet, Reznor a une approche beaucoup plus Pop sans que le terme ne soit un seul instant péjoratif. Il a une façon de proposer des titres accrocheurs, avec une voix à peine trafiquée, qui nous caressent dans le sens du poil, pour mieux nous l’arracher par la suite, comme de bien entendu. En piquant à droite à gauche, de PRINCE à PUBLIC ENEMY en passant par JANE’S ADDICTION, Reznor va se créer un univers Industriel sombre et torturé, qui ici conserve des couleurs. Il ne virera au gris Metal que sur "The Downward Spiral".

Mais cela ne l’empêche en rien d’être déjà lancinant, ce que nous découvrons dès le premier morceau, le génial "Head Like A Hole", que nous pouvons sans conteste considérer comme le premier classique de NIN (c’est vrai que ça claque comme acronyme). Une guitare vient électriser l’ensemble de bien belle façon, tandis que Reznor nous livre sa Grand-Messe avec un soupçon de folie dans la voix qui lui va bien. Qui nous va bien aussi. Il se dégage quelque chose. Nous ne nous rendons pas compte tout de suite que c’est quelque chose de fort, mais quelque chose dans les os nous pousse à la comprendre.

"Terrible Lie" et "Down It In" poursuivent, fiévreuses, le style commence à bien s’affirmer. Difficile de dire que cela reste mélodique, mais pourtant, nous en venons à en capter quelques-unes et surtout, nous mémorisons très bien les titres, qui sont tous assez différents pour que l’on s’en souvienne. Ainsi, "Sanctified" se démarque par sa basse hypnotique et sa guitare assurée par un certain Richard Patrick (qui se fera connaître quelques années plus tard avec FILTER). "The Only Time" et "Ringfinger" offrent également à cet album un final dantesque.

En revanche, certains morceaux restent toutefois relativement timides, ils manquent de force, de puissance, détail qui est compensé par la version remasterisée de "Pretty Hate Machine" parue en 2010, qui assure des rythmiques plus dynamiques. Dans sa version de base, publiée par TVT à l’origine, la production laissait quand même à désirer par moments, ne parvenant pas à rendre justice à la musique pensée par Reznor – ce qui explique peut-être le fait que ce dernier soit parti fonder son propre label afin d’être produit et distribué selon ses désirs ?

"Pretty Hate Machine" est donc un premier album efficace, un pavé jeté dans la mare de la musique Industrielle. Trent Reznor s’affirme déjà comme un musicien talentueux, fourmillant d’idées et surtout, capable de les assembler, d’en tirer une substance qui ne soit pas qu’un bruit informe. À travers l’entité NIN (et c’est vrai qu’avec le N inversé l’acronyme tabasse encore plus !), il va trouver le moyen de s’exprimer, de briser le carcan de sa timidité et va rapidement devenir une référence de l’Indus, même si pour "Pretty Hate Machine", nous nous trouvons face à un grand disque de Rock Indus bien plus que de Metal Indus.

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- Trent Reznor (la totale)


1. Head Like A Hole
2. Terrible Lie
3. Down In It
4. Sanctified
5. Something I Can Never Have
6. Kinda I Want To
7. Sin
8. That's What I Get
9. The Only Time
10. Ringfinger



             



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