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1989 Pretty Hate Machine
1992 Broken
1994 The Downward Spiral
1999 The Fragile
2000 Things Falling Apart
2005 With Teeth
2007 Year Zero
2008 Ghosts I-iv
  The Slip
2013 Hesitation Marks
2016 Not The Actual Events
2017 Add Violence
 

- Style : Godflesh, Marilyn Manson, Ministry, Two
 

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NINE INCH NAILS - Ghosts Vi - Locusts (2020)
Par DARK BEAGLE le 22 Juin 2020          Consultée 554 fois

Le 26 mars 2020, en pleine pandémie et confinement, NINE INCH NAILS mettait gracieusement en téléchargement gratuit sur son site les suites de "Ghosts I-IV", soit deux albums pour deux heures trente de musique. Deux pavés pas forcément faciles à appréhender et à digérer, mais qui offrent deux facettes différentes de l’entité NIN. L’un est vecteur d’espoir quand l’autre véhicule une angoisse. Aussi, "Together" et "Locusts" sont en totale opposition, mais ils se complètent à leur manière. En écouter un implique de s’attarder sur le second.

Quand nous traduisons « locusts », nous remarquons que cela signifie « sauterelles ». Dans quel sens Reznor a employé ce mot, nous ne pouvons que le supputer, car à l’instar de "Together", ce disque est sans paroles. Mais vu la noirceur que dégage "Ghosts VI", il est facile d’imaginer une espèce de dévastation, une chose que ces bestioles, quand elles sont en nombre, savent très bien faire. Le nuage passe et les cultures trépassent. En pleine crise du Coronavirus, cela prend vites des allures sinistres.

Autant "Ghosts V" était un puits de lumière (avec des ombres que nous pouvions très bien imaginer), celui-ci est une aile noire, la bande-son d’un film dérangeant. Pas forcément un film de genre même si cela n’est pas à exclure, la pandémie pouvant exacerber l’imagination en ce sens (et c’est quand même marrant, pile au moment où le Fléau de Stephen King connaît une nouvelle adaptation en série). Imaginez David Lynch offrant un film bien sombre, viscéral. Peut-être bien sa vision de John Constantine ("Hellblazer") et vous aurez une petite idée de ce à quoi ressemble "Ghosts VI".

Ici, les plages éthérées se font plus rares, le but n’est pas d’inspirer une quelconque quiétude, mais de développer un univers sonore inquiétant, comme si Reznor et Ross cherchaient à exprimer leurs craintes après nous avoir fait comprendre à quel point il était important de rester soudés face à l’adversité. Il y a une véritable ambiance qui se dégage, amenée avec beaucoup d’intelligence ("The Cursed Clock" et cette impression persistante que nous entendons les secondes s’écouler de façon sentencieuse, annonciatrices de temps obscurs).

Ce qui prédomine sur "Locusts", c’est un piano désespéré, qui sonne étrangement, comme s’il était désaccordé et cela offre de longues plages funèbres, sur lesquelles vient se greffer un saxophone sans joie, sans chaleur ("Around Every Corner"). Là encore, nous n’avons que les titres des compositions pour nous faire une idée assez vague du sujet abordé, encore une fois, nous interprétons le tout comme nous le voulons. Si nous voulons imaginer une histoire, un concept, libre à nous de la créer, nous en avons la bande-son, qui se tient, qui possède ce petit fil rouge qui fait que nous ne passons pas du coq à l’âne (bonjour "Ghosts I-IV" !).

Mais surtout, NINE INCH NAILS arrive toujours à maintenir la tension et il est vraiment difficile d’écouter ce disque comme une BO. Le cheminement semble tout tracé et bien vite, des petits morceaux, plus courts que ce que proposait "Together", viennent aérer l’ensemble, comme s’il s’agissait de petits interludes pour prévenir un changement de scène. Et à partir de "A Really Bad Night", nous sommes vraiment pris dans une spirale sans fin, une descente aux enfers que nous pressentions déjà sur "Run Like Hell" et qui atteint son paroxysme sur le morceau qui sonne le plus Indus, "Turn This Off Please", le seul titre à proposer une rythmique (synthétique, of course). La fin n’est qu’un long épilogue lugubre.

Même "Almost Dawn", qui pourtant se veut plus lumineux et se pose comme amorce pour entrer à nouveau dans l’univers de "Together" avec son aspect plus éthéré, plus plantant que le reste. "Almost Dawn" comporte sa part d’ombre, qui devient rapidement tangible, qui créé le malaise sans que l’on ne sache trop pourquoi. Vous voyez ces films où l’on pense que la fin apporte un apaisement, que tout est safe, mais qu’en réalité, le cauchemar ne fait que commencer ? C’est typiquement cela, le même principe et forcément, cela donne envie de revenir au début, pour savoir si le disque propose de nouvelles clés, mais en avons-nous réellement le courage ? (*)

Parce que "Ghosts VI", c’est mine de rien plus d’une heure vingt de musique et il faut pouvoir tenir tout du long sur de l’instrumental qui est tour à tour angoissant ou planant. Pourtant, l’ensemble respire mieux que "Ghosts V", il n’y a pas cette espèce de linéarité dans le thème qui pouvait rendre l’ascension de "Together" très compliquée. C’est très long et mine de rien, c’est assez usant, la tentation de raccrocher les gants peut rapidement se faire sentir, même si l’expérience "Locusts" vaut le coup d’être tentée.

Cependant, l’album manque toutefois de consistance. Il n’est pas difficile de savoir que NINE INCH NAILS n’est pas un groupe spécialisé dans l’Ambient et que son Indus, certes protéiforme, est bien plus complexe à aborder. Plus que de la consistance, c’est une certaine profondeur qui manque à l’ensemble, un groupe spécialisé dans cette approche musicale aurait certainement su créer des gouffres abyssaux ne créant pas simplement l’angoisse, mais l’épouvante la plus absolue. Trent Reznor et Atticus Ross s’éloignent de leur art pour choisir une nouvelle forme d’expression qu’ils ne font pas qu’effleurer – ce "Locusts" contient son lot de pistes vraiment intéressantes – mais qu’ils n’explorent pas dans sa multitude.

Aussi, il pourrait être vain de s’attarder sur ces deux volets des "Ghosts". Leur écoute peut s’avérer assez éprouvante pour ceux qui cherchent de la percussion, qui aiment que la musique soit une explosion de tous les instants. Cependant, ce "Locusts" parvient à tirer son épingle du jeu car il bouge plus, explore, nous amène à des endroits désolés où nous découvrons une épopée humaine dont les symboles sont à l’agonie ("Another Crashed Car" et ses bruits de connexion internet qui sonnent comme l’encéphalogramme d’une machine qui se meurt). Encore une fois, il s’agit d’une interprétation somme toute personnelle, libre à vous de vous faire votre histoire. L’aspect le plus sombre est donc (malheureusement ?) le plus attrayant et même si l’ensemble est loin d’être parfait, il se veut bien plus évocateur.

Note réelle : 3,5/5.

(*) Pour les besoins de la chronique, oui.

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   DARK BEAGLE

 
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- Trent Reznor (des trucs)
- Atticus Ross (d'autres trucs)


1. The Cursed Clock
2. Around Every Corner
3. The Worriment Waltz
4. Run Like Hell
5. When It Happens (don't Mind Me)
6. Another Crashed Car
7. Temp Fix
8. Trust Fades
9. A Really Bad Night
10. Your New Normal
11. Just Breathe
12. Right Behind You
13. Turn This Off Please
14. So Tired
15. Almost Dawn



             



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