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1994 The Downward Spiral
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2005 With Teeth
2007 Year Zero
2008 Ghosts I-iv
  The Slip
2013 Hesitation Marks
2016 Not The Actual Events
2017 Add Violence
 

- Style : Godflesh, Marilyn Manson, Ministry, Two
 

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NINE INCH NAILS - Bad Witch (2018)
Par DARK BEAGLE le 28 Septembre 2018          Consultée 865 fois

Trent Reznor avait annoncé un EP pour achever la trilogie entamée avec "Not The Actual Events" et poursuivie avec "Add Violence", des EP parus respectivement en 2016 et 2017. Seulement, quelques temps avant la parution de "Bad Witch", le leader de NINE INCHS NAILS (qui est devenu un duo depuis que Atticus Ross fait partie intégrante du projet) a annoncé que ce serait finalement un album, qui fait trente minutes pour six titres, faisant de ceci l’opus le plus court de la discographie de NIN. Et si Trent le dit, c’est qu’il en est ainsi, plusieurs fans se sont fait remonter les bretelles sur les réseaux sociaux par un Reznor pas très content qu’on le contredise sur ce point.

Avec sa pochette assez typique finalement de l’art graphique chez NINE INCH NAILS, donc qui ne nous raconte pas grand-chose sur le contenu du disque, "Bad Witch" ressemble quand même assez foutument à un EP. Un digipack sommaire, qui s’ouvre sur les crédits, pas de livret. Bon, le point fort du packaging, c’est qu’il ne prend pas de place au milieu de vos autres CD, gain de place sur l’étagère, etc, etc. Quand un produit est moche, autant qu’il soit utile.

En revanche, le disque démarre plutôt fort avec "Shit Mirror", un brûlot où l’on retrouve toute la verve de Reznor dans le domaine du Rock Indus, avec une ambiance quasi Punk qui se dégage. Nous retrouvons le NIN violent, celui qui avait défrayé la chronique au début des années 90, vindicatif à souhait, capable d’astuces éculées mais qui fonctionnent toujours, comme ce silence à l’aulne des deux minutes qui permet au titre de repartir de plus belle. Son enchaînement avec "Ahead Of Ourselves" est bien vicelard. Si ce morceau est tout en intensité, on a vite l’impression qu’il lui manque un truc, une rage véritable peut-être.

Parce qu’il faut bien comprendre que Trent Reznor n’a pas beaucoup fait évoluer son discours depuis ses débuts. Il parle principalement de son mal-être, de cette incapacité à se trouver une place dans la société. Il avait déjà perdu de sa superbe sur les albums précédents et avec l’âge cela devient de plus en plus compliqué d’être crédible. À présent qu’ils sont deux à écrire (oui, Reznor laisse de la place à Ross pour qu’il s’exprime également, apportant diverses idées), les idées prennent une autre direction et le discours musical change également.

"God Break Down The Door", un single publié un moins avant l’album annonçait pourtant la couleur. Ce morceau repose en effet sur une mélodie au saxophone soutenue par une boîte à rythme schizophrène. Le chant se fait moins hurlé même s’il conserve sa texture synthétique et on arrive au final sur quelque chose d’assez posé, qui trouve une réponse dans la forme avec "Over And Out". Ce morceau repose sur des bases assez similaires, avec ce saxophone toujours présent, joué par Reznor, qui avait souvent ponctué ses albums de quelques touches de cet instrument. En revanche, c’est la première fois qu’il prend autant d’importance dans le schéma des compositions, leur conférant des touches Jazzy qui se marient bien avec les trames Indus.

D’ailleurs, il se dégage quelque chose qui fait songer au regretté David BOWIE dans ces deux titres. Reznor et lui avaient collaboré sur l’album "Earthling" (1997) et il avait ouvert pour le Britannique sur la tournée précédente ("Outside"). Reznor avait un certain attachement pour l’interprète de Ziggy et c’est comme s’il rendait un hommage à l’artiste disparu avec des ambiances assez proches de celles qui étaient développées sur "Blackstar". Et franchement, cela n’a rien de désagréable. Bon, faut accrocher à BOWIE, bien sûr, mais sinon, c’est plutôt bon, même si un peu troublant dans le mimétisme.

Puis il reste les deux derniers morceaux. Ceux qui n’ont pas été cités. Et il s’agit de deux instrumentaux. Si "Play The Goddamned Part" s’inscrit dans la lignée de "God Break Down The Door" et de "Over And Out", avec ce saxophone toujours très présent, conférant cet aspect Jazzy à l’ensemble, "I’m Not From This World" progresse plus dans une atmosphère Ambient/Trip Hop qui se perd en longueurs parfois inutiles et qui s’avère de loin le titre le plus dispensable de "Bad Witch" avec ses quasi sept minutes au compteur.

Et au final… Au final… Comment noter cet album ? C’est sympa, mais il n’y a pas de réelle ligne directrice, la virulence des deux premiers morceaux s’estompe très vite pour arriver à quelque chose de plus feutré (quand l’aspect Indus s’efface quelque peu). Et surtout il y a ces deux instrumentaux qui viennent casser la dynamique et qui prennent une place inutile (près de douze minutes sur les trente de l’album !). En fait, "Bad Witch" est un disque vraiment bâtard, qui aurait dû finalement être un EP, il est trop maigre pour être un album de NINE INCH NAILS, souvent copieux, parfois trop même. Cette sobriété ne lui sied guère. Après tout, "Broken" est plus long et il assume totalement son statut d’EP. Bref, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

Note réelle : 2,5/5.

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   DARK BEAGLE

 
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- Trent Reznor (chant, programmations, saxophone)
- Atticus Ross (programmations)


1. Shit Mirror
2. Ahead Of Ourselves
3. Play The Goddamned Part
4. God Break Down The Door
5. I'm Not From This World
6. Over And Out



             



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