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- Style : Accept, Iron Maiden, Judas Priest

BURNING WITCHES - Burning Witches (2017)
Par DARK BEAGLE le 2 Juillet 2017          Consultée 929 fois

Ce qu’il y a de bien, avec le Heavy Metal, c’est que l’on n’est pas à un cliché près. Inutile de me jeter des pierres, cela ne changera pas grand-chose à cet avis un brin arbitraire, un brin narquois aussi. Parce que mine de rien, cet état de fait résulte quand même d’une sacrée hypocrisie ; je me plains de l’immobilisme d’un genre, mais en même temps, il y a quand même quelque chose de vachement sécurisant à retrouver des riffs qui nous sont familiers, des lignes de chant qui conduisent sur des refrains qui ressemblent à des hymnes. Et quand j’écoute le travail des nanas de BURNING WITCHES, je ressors les bracelets à clous, les pantalons en cuir ainsi que la air-guitar qui prenait la poussière dans son placard.

Bienvenue dans les années 80 ! Une époque bénie pour certains, un cauchemar pour d’autres. Mais indéniablement, elles ont tapé dans l’œil des musiciennes de BURNING WITCHES. En effet, les Suissesses semblent assez nostalgiques de cette période, allant jusqu’à puiser dans le kitsch (la pochette est à ce titre un petit joyau du genre) et à récupérer une pièce de ce passé en la personne de Schmier (DESTRUCTION) qui va ici assurer la production et poser sa voix sur un titre ("Metal Demons"). Bon, entre nous, n’allez pas répéter à Schmier que je l’ai traité de vieux, il le prendrait un peu mal.

Une chose est sûre, les demoiselles ne sont pas venues pour faire du tricot. Ok, ça, c’était pour la remarque machiste d’un autre âge. "Black Widow" nous met le nez dedans et ce, très rapidement. Riff incisif, chant qui décolle le papier peint des murs, rythmique qui galope : une petite tuerie comme on aime en entendre. Et c’est ça aussi le Heavy Metal. Ici, on sent l’influence de JUDAS PRIEST, un peu plus tard on dégustera celle de IRON MAIDEN sur le plus posé title track. Mais là encore, il y a quelque chose de fort qui se dégage, qui fait plaisir : l’envie de ces jeunes femmes qui ne sont clairement pas là pour jouer les potiches.

Et contrairement à pas mal de groupes qui essayent de se lancer dans le genre, elles ont compris un truc important : il ne faut pas entrer complètement dans le moule, il ne faut pas être lisse, se fondre dans un décor qui a déjà servi pour bon nombre d’autres albums. Bien sûr, difficile de ne pas se rendre compte de l’immense hommage rendu au style ici vu le manque d’originalité de l’ensemble, mais il y a quelque chose qui fonctionne très bien malgré tout. C’est à la fois agressif, abrasif, mélodique, parfois joliment tourné ("The Deathlist" est d’un classicisme absolu, mais le titre fonctionne très bien dans l’ensemble grâce à un refrain très réussi).

BURNING WITCHES n’est donc pas le groupe qui va apporter quelque chose de neuf dans le genre. Mais il n’est clairement pas le pire de cette génération qui s’inspire du travail des modèles pour se lancer dans le grand bain. Les filles ont de sacrés atouts – et je ne parle absolument pas de leur physique, ce serait trop réducteur ! Déjà, elles semblent avoir parfaitement assimilé ce qui se faisait dans les années 80 et surtout, elles ne tournent pas le dos à l’agressivité, le mordant que pouvait avoir un album comme "Defenders Of The Faith". Décidément, l’ombre du PRIEST semble planer sur les Suissesses !

Il faut dire que leur reprise très correcte du "Jawbreaker" se fond très bien dans leur musique et que Seraina Telli, la chanteuse, sait se la jouer façon Rob Halford. Et ça, on s’en rend compte dès "Black Widow" qui est l’ouverture idyllique de ce premier opus éponyme. On va dire que ça ne fait pas semblant, et qu’elles en veulent. Bon, maintenant qu’on les a quand même bien flattées, on va parler des choses qui fâchent un peu.

Les premiers morceaux sont monstrueux, ils s’enchaînent sans temps mort et on se prend mandale sur mandale. Romana Kalkuhl et Alea Wyss (ma chouchoute) s’y entendent pour pondre du riff efficace, mais on subit tout de même une petite baisse de régime passé le tonitruant "Metal Demons" et l’album peine à reprendre sur un rythme aussi soutenu. De ce fait, pas mal des grosses tueries sont placées au début. Vous êtes intelligents, vous avez compris où je voulais en venir. Et quand ça redémarre enfin, on arrive sur les derniers morceaux et c’est quand même pas mal frustrant.

Autre petit bémol, déjà bien sous-entendu, c’est ce manque d’originalité. Franchement, je n’ai rien contre ces groupes qui joue une musique d’une autre époque, mais bien souvent, ces formations ressemblent plus à des tribute-bands qu’autre chose. Et quelque part, c’est gênant, parce que ces nanas, elles sont clairement douées. Et qu’elles pourraient peut-être proposer un son qui leur appartient plus plutôt que celui employé par les légendes du Heavy. Peut-être pour le prochain album ?

Ce premier disque, les filles n’ont pas à en rougir, elles ont fait un bon travail qui rivalise sans peine avec celui de certains combos qui émergent dans le genre, voire qui le surpasse aisément. À dire vrai, je suis surtout impatient d’écouter ce qu’elles auront à proposer dans le futur, histoire de voir si elles vont camper sur leurs positions ou au contraire, chercher à apporter du sang neuf, avec une vraie personnalité. C’est surtout ça que j’espère. Mais pour l’instant, c’est cet opus qui compte et il mérite clairement le déplacement (ça veut rien dire ça… Bref !). Les filles, je compte sur vous !

Note réelle : 3,5/5, baissée à 3 pour les raisons évoquées plus haut.

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- Seraina Telli (chant)
- Alea Wyss (guitare)
- Romana Kalkuhl (guitare)
- Jay Grob (basse)
- Lala Frischknecht (batterie)


1. Black Widow
2. Burning Witches
3. Bloody Rose
4. The Dark Companion
5. Metal Demons
6. Save Me
7. Creatures Of The Night
8. We Eat Your Children
9. Creator Of Hell
10. The Deathlist
11. Jawbreaker



             



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