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ULCERATE - Shrines Of Paralysis (2016)
Par MEFISTO le 21 Novembre 2016          Consultée 2204 fois

"Vermis" a été une réussite sur tous les plans pour les Néo-Zélandais d'ULCERATE : il confirmait sa suprématie du Death Brutal opaque et corrosif, comme j'écrivais alors, il s'avérait un album de la maturité pleinement assumé et un exemple de témérité, de sauvagerie parfaitement contenue, de technicité fine et inspirée. Bref, la barre était haussée, solidement ancrée. Sans réelle opposition, ULCERATE n'avait qu'un ennemi à abattre avec "Shrines Of Paralysis" : lui-même.

Ce que "Vermis" apportait par rapport aux sorties précédentes du trio, et qui lui a permis d'atteindre le royaume des cinq étoiles ? Des aérations, subtiles ou évidentes, dans son bloc de grès habituel. Un lecteur a justement qualifié le travail d'ULCERATE en évoquant "l'asphyxie du cerveau" qu'il créait. "Vermis" continuait ce complexe boulot de démolition, à la différence que quelques nuances de gris et de rouge se détachaient du lot, sorte de micro réinvention nécessaire pour que le groupe franchisse l'obstacle de la redite, si cruel pour les jeunes formations talentueuses.

Avec une telle formule entre les mains, ULCERATE devait simplement rééditer le petit exploit accompli sur "Vermis" et laisser passer suffisamment d'oxygène pour ne pas détruire les neurones de ses partisans et surtout, ceux des extraterrestres métalliques qui les découvriraient 15 ans trop tard. Eh bien, grâce une fois encore à un jeu savant du meilleur batteur du siècle, Jamie Saint Merat, des ambiances tonitruantes instaurées par le bassiste gueulard Paul Kelland et la technicité davantage mélodique du guitariste Michael Hoggard, ULCERATE poursuit son chemin vers la gloire. Mieux, ULCERATE varie les tempos comme jamais ; les moments plus calmes sont d'effroyables recueillements, alors que les accélérations sont des typhons vous explosant le lobe frontal.

Certaines mauvaises langues à l'ouverture d'esprit microscopique diront que chaque album d'ULCERATE est si condensé et alambiqué qu'il est malaisé de les isoler. D'autres argueront que c'est du pareil au même, que du foutage de gueule, du branlage de manche sans queue ni tête. OK. N'est-ce pas le lot de tout génie d'être rabroué sur la place publique, d'être incompris, chassé comme un hérétique, alors qu'une masse de supporteurs ne demandent qu'à le porter aux nues ? Choisissez votre camp et rapidement, car les Néo-Zélandais avancent, eux. Et "Shrines Of Paralysis" est un somptueux wagon de leur train lancé à toute vitesse dans un tunnel obscur couvert de suie. Contrairement aux trois premiers disques du groupe par contre, vous trouverez mieux votre chemin en suivant les joyaux incrustés dans le marbre de ce tunnel, salvatrice lumière destinée aux vainqueurs.

Nonobstant la courte instrumentale "Bow To Spite" (oh, surprise !), "Shrines Of Paralysis" s'écoute d'une traite comme les efforts antérieurs du groupe. Il n'y aura donc pas de podium cette fois, je me sentirais con d'illuminer trois morceaux parmi cette autre sublime collection.

Non, vivez cela comme une expérience, une odyssée au pays de la nébulosité dont chaque escale est fondamentale. ULCERATE est un sacré partenaire de voyage, vous le savez. Il vous soûlera probablement avec ses cauchemars techniques, mais avec du recul, il vous fascinera et vous forcera à le réécouter des tonnes de fois, pour être certain que vous avez saisi son propos, sa vérité. Il vous entraînera dans ses "mausolées paralysants", dans lesquels vous aurez l'impression d'être momifié, impuissant, cloué dans un cercueil, proie commode pour un tel prédateur dont les techniques de déchiquetage sont parmi les plus précises au monde.

Et vous vous laisserez faire comme un idiot, car vous aimez cela ne pas saisir un traitre mot de ce que cette bête vous susurre à l'oreille. Vous lui redemanderez des dizaines de fois de vous abreuver de ses énoncés troublants, jusqu'à ce que l'engourdissement efface les derniers scintillements dans votre regard brouillon.

Vous serez unilatéralement et incontestablement ulcéré.

Avec trois Sélections de suite sur NIME, on peut aisément dire qu'ULCERATE a tout à perdre à l'avenir…

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- Michael Hoggard (guitare)
- Jamie Saint Merat (batterie)
- Paul Kelland (basse, chant)


1. Abrogation
2. Yield To Naught
3. There Are No Saviours
4. Shrines Of Paralysis
5. Bow To Spite
6. Chasm Of Fire
7. Extinguished Light
8. End The Hope



             



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