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MELODIC DOOM/DEATH  |  E.P

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Lexique doom metal
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SWALLOW THE SUN - Plague Of Butterflies (2008)
Par LYRR le 22 Septembre 2016          Consultée 524 fois

Sorti entre "Hope" et "New Moon", l'EP "Plague Of Butterflies" propose une chose que SWALLOW THE SUN n'a jamais fait sur aucun de ses disques : un morceau-fleuve. L'exercice est un classique dans le monde du Metal, et certains d'entre eux sont même devenus légendaires, à l'instar de "Light Of Day, Day Of Darkness" de GREEEN CARNATION ou encore d'"Art Of Life" d'X JAPAN ; mais la composition ci-présente diffère de celle de ces derniers en ce qu'elle a une autre fonction que de simplement produire une longue pièce musicale. En effet, "Plague Of Butterflies" était originellement censé être la musique d'un ballet, projet hélas tombé à l'eau pour de matérialistes raisons financières (*). Il en résulte que l'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur ce qu'aurait pu donner le résultat du couplement de cette œuvre avec de la danse chorégraphiée : quel sens doit-on alors donner à cette musique en l'état ? Ne va-t-il rien manquer à son écoute seule ?

Si l'on prend le parti de faire abstraction de sa nature première et que l'on se focalise uniquement sur l'aspect musical, l'on peut voir alors à travers "Plague Of Butterflies" une transition stylistique entre "Hope" et "New Moon", en ce qu'il contient déjà des éléments de Black et de Gothic qui ressortent de manière plus prononcée qu'auparavant et que "New Moon", puis surtout "Emerald Forest And The Blackbird", utiliseront fréquemment par la suite. L'on reste tout de même dans du SWALLOW THE SUN traditionnel ; le groupe ne s'est pas réinventé à l'occasion de ce projet artistique et n'en a pas profité pour innover comme il le fera sur "Songs From The North I, II & III".

La piste se divise en trois parties. La première, "Losing The Sunsets", commence avec la lamentation du protagoniste principal, un homme anonyme, qui se languit dans les bois gelés d'Evael, son amour perdu, celle qui de sa lumière attirait les papillons de nuit et parvenait à chasser même les ténèbres les plus profondes. Et il revient, jours après jours, malgré le froid, attendre celle qui ne viendra plus, l'hiver l'ayant emportée depuis des années déjà, comme les bois le lui rappellent inlassablement. La musique est calme pour commencer, puis se développe vers le Doom/Death, avec le passage d'un chant clair prédominant à un chant Death plus classique. Les riffs sont assez simples, peu osés, mais ils remplissent leur rôle.

La deuxième partie, "Plague Of Butterflies", va d'emblée dans le vif du sujet, avec des riffs agressifs et puissants. Le chant typé Black prend énormément d'importance, reflétant le désespoir de la scène décrite : la peste décime le village, et notre amer personnage attend la mort dans la solitude de sa froide demeure. Mais le matin suivant vient tout de même le réveiller, et il repart dans les bois, ayant vu dans sa morte chandelle et les ailes brûlées d'un papillon un signe d'Evael, mais les arbres secouent la tête dans la douleur à sa venue. Ce morceau central amène une amélioration qualitative d'un point de vue musical : plus sombre, plus prenant, l'atmosphère ici dépeinte est plus profonde que sur "Losing The Sunsets", qui laissait un arrière-goût d'introduction trop légère à l'auditeur. La noirceur du propos est ainsi mieux retransmise, en ce qu'elle paraît moins superficielle.

La transition avec la partie finale, "Evael 10:00", se fait en douceur, gagnant cependant peu à peu en intensité au moment où notre homme entend un bruit à sa porte et voit que sa chambre est infestée de papillons. Il se lève, ouvre et voit sa bien-aimée tomber dans ses bras, les yeux gelés par les milliers de nuits passées dans le froid de l'hiver. Le paroxysme de la tension se fait ressentir lorsqu'elle lui murmure que les arbres de la forêt la retenaient car elle apporte avec ses papillons la peste chez les Hommes. La fin se fait musicalement plus apaisante, alors que nos deux amoureux embrassent la venue de la mort de concert, laissant la chambre aux seuls funestes papillons, et les dernières notes de piano closent cette morbide fable avec délicatesse.

Une fois l'œuvre terminée, l'on a certes passé un agréable moment, mais l'on reste également un peu sur sa faim. Si la continuité entre la deuxième et l'ultime partie du morceau est bien faite et convaincante car leurs styles se marient harmonieusement, la première s'intègre moins bien à l'œuvre, mettant peut-être trop en avant le langissement du protagoniste et pas assez son désespoir, ce qui la rend émotionnellement moins forte. Cette première partie est la plus grosse faiblesse de la pièce, qui lui enlève un peu de son intérêt. Le reste est bon, mais il est vrai que l'on n'a pas atteint le niveau de "Hope" ou même de "New Moon", qui sont globalement mieux élaborés. Il y a des moments de grande intensité, mais aussi quelques passages à creux où le temps devient long, surtout lors des instants les plus calmes. L'on peut alors s'interroger sur leur rôle : étaient-ils supposés servir de transition si le ballet avait eu lieu comme prévu ? L'on ne peut hélas que spéculer à ce sujet.

Même si l'œuvre est intéressante, et aurait pu certainement l'être davantage, il s'agit en définitive surtout d'un EP pour les amateurs du groupe, celui-ci n'étant pas leur meilleur disque, mais proposant quand même quelque chose d'original dans sa construction. Le début est un peu mou, mais l'ambiance se fait plus prenante par la suite, comme SWALLOW THE SUN sait si bien le faire. Plutôt un bon moment à passer en somme, même si loin d'être aussi génial que "Hope".

PS : J'ai volontairement omis de mentionner les pistes deux à cinq, qui sont un simple bonus sans grand intérêt : la démo "Out Of This Gloomy Light" de 2003, qui comprenait quatre pistes qui ont ensuite été réenregistrées pour "The Morning Never Came" avec une meilleure qualité de production. La raison de leur présence n'est que de donner aux fans accès au premier enregistrement du groupe, qui n'avait encore jamais été commercialisé auparavant. Il y avait de la place libre sur le disque, et ça ne mange pas de pain : on ne va pas s'en plaindre, mais cela n'apporte rien de nouveau.


(*) http://www.blistering.com/fastpage/fpengine.php/link/1/templateid/14238/tempidx/5/menuid/3

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- Mikko Kotamäki (chant)
- Juha Raivio (guitare, paroles)
- Markus Jämsen (guitare)
- Matti Honkonen (basse)
- Aleksi Munter (claviers)
- Pasi Pasanen (batterie)


1. Plague Of Butterflies
2. Through Her Silvery Body (demo)
3. Out Of This Gloomy Light (demo)
4. Swallow (horror, Part I) (demo)
5. Under The Waves (demo)



             



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