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DAWNBRINGER - Catharsis Instinct (2000)
Par CITIZEN le 24 Juin 2016          Consultée 556 fois

C’est étrange comme un patronyme peut coller à la peau d’un groupe qui choisit de ne pas s’en défaire malgré l’évolution évidente de son identité (lineup, imagerie… son), pas seulement par acharnement du groupe à conserver son nom premier mais aussi par la façon dont ce nom se contorsionne dans l’imagination de l’auditeur pour coller à la musique du moment. Rien de commun entre la période radieuse de DAWNBRINGER et ses débuts, pas même de dessein qu’on devinerait. Et pourtant DAWNBRINGER c’est aussi bien l’annonce d’une aube dont la chaleur est déjà presque là ("Into The Lair…") que l’évocation de la fin lointaine du cauchemar pour celui qui est encore plongé au cœur du tourment. Manière de dire que le groupe s’adoucit sur la longueur, qu’il grandit ? DAWNBRINGER est tout à fait le genre de groupe dont on peut pas dire de chaque album qu’ils y font ce qui est habituel pour eux.

Ce deuxième album est clairement toujours au stade de l’ébauche. Pas des ébauches semi finies ("In Sickness…", qui a d’ailleurs le même type d’illustration avec les ombres épaisses et le type en PLS) qui arrivaient à un point d’équilibre intéressant, mais bien l’atelier plein de trucs pointus rouillés et de silhouettes sombres qui se détachent contre le fond. L’enfance (ou la naissance) du cycle arrivé à maturité sur "Nucleus", avant que le groupe ne se mette au Heavy quasi pur et dur et depuis des trucs plus "chanson" chansonnette, doom etc. Dur d’ailleurs de décrypter le processus de composition vu que les infos se contredisent- d’après le livret c’est le membre fondateur John Weston (qui s’est apparemment évanoui dans la nature après cet album) qui est censé avoir tout composé, alors que des interviews récentes donnent à Chris Black le rôle habituel de compositeur omnipotent. Chris Black qui reste assez discret (il officie en tant que batteur sous le pseudo "The Hammer" et en tant que producteur et chanteur sous son nom d’artiste habituel) mais dont on devine la patte sur l’ambiance générale, notamment avec les slogans qui parsèment le livret, dont un "Live Forever Or Die Trying", que l’on verrait bien lancé par un Lemmy mais qui prend ici un sens extrêmement différent au vu du type de musique qui est joué. D’ailleurs, Black a déclaré qu’il considérait les premiers DAWNBRINGER comme de la musique pour piano, et c’est une information qui n’est même pas ce qu’il y a de plus insolite à propos de cet album. Quant aux guitaristes Scott Hoffman et Bill Palko, qui composent leurs propres soli sur "Into The Lair" et sont donc pour beaucoup dans l’ambiance lumineuse de la période un peu plus tardive du groupe, il n’est pas clair qu’ils aient été très impliqués.

Autant dire que c’est un beau foutoir, qui est reflété par l’incohérence des références invoquées dans les différentes chroniques d’époque, qui y voient aussi bien du Power Metal que du Black Metal pur et dur que du Death Mélo à l’européenne (et même du son Death Metal floridien !). Perso le truc qui s’en rapproche le plus auquel je pourrais penser ce serait les français d’ARTEFACT, groupe qu’il est rare de citer comme influence s’il en est ! (faut dire aussi que j’ai peu de références dans les genres suscités et notamment le Mélodeath). Peut-être parce que ça date de l’époque où on se focalisait sur des nouveaux genres et que toute variation sur la trame d’un Metal Trad était renvoyée à sa composante nouvelle plutôt qu’à sa"racine", maintenant on n’a plus peur d’appeler du Heavy du Heavy et d’en identifier les aspects expérimentaux. Mais oui, passé l’abordage délicat et pénétré le maelstrom, c’est bel et bien du Heavy. On comprend cela dit que beaucoup soient décontenancés par des leads très sous-mixés, une batterie qui ne connaît que deux modes (battre le fer vite et très vite, quand ce n’est pas des blast beats en bonne et due forme) et une voix très étouffée aussi expressive qu’une pierre ponce, qui ne donne aucun relief aux chansons et qui semble être lancée le plus vite possible pour coller au rythme de la batterie plus qu’aux mélodies. Une vitesse et une production qui nivellent complètement la plupart des soubresauts guitaristiques où s’ébauchent le même genre de trame qui explosera sur l’album suivant.

Une atmosphère donc artificiellement brumeuse (volontairement ou pas, c’est à vous de voir en faisant le rapprochement avec les thèmes torturés abordés par le groupe), même si sous dans l’enchevêtrement on devine des leads qui pourraient passer au premier plan de certains des combos de Chris Black sur lesquels je me suis déjà trop étendu. Mais c’est encore plus qu’embryonnaire, c’est juste des ombres vagues et dansantes mises en forme par paréidolie, mais aussi et surtout faute d’y voir quelque chose de plus immédiatement abouti- c’est agressif et pas nul, mais ça reste extrêmement démo. C’est ni le son plus clair et moins torturé des chansons issues de cette époque et ressorties juste récemment "Night Of The Sinner/Three Soldiers Standing" qui fournissaient quelque chose de plus abordable et de déjà très engageant, ni la rechute schizo de "In Sickness…", comprendre ça n’a l’intérêt d’aucun des deux. En fait peu de choses se dégagent, un peu en dépit des artifices utilisés (intros à la guitare acoustique, breaks au piano, accompagnements à l’orgue), un peu à cause d’eux qui vous extirpent du propos musical dominant lequel a beaucoup plus de force pour écraser reste. "Cosmos Disease", qui présente les rares lignes de voix claires de l’album et un clavier savonneux qui sonne comme LED ZEPPELIN sur "In Through The Out Door", c’est-à-dire le mauvais goût ultime, est malgré tout l’une des chansons que l’on retient ici- attention à pas se faire écraser sous le pathos. Le riff plus aéré d’"All Hell Broke Loose", quelques trucs fantomatiques par-ci par-là vous accrochent au pif, à part ça il faut s’accommoder du groupe qui défouraille- les enchaînements qui tapent vite mais un peu dans le vide mais mine de rien entrainants ("The Day The Deaf Went Blind"/"Shoot To Kill", la première étant d’ailleurs le seul morceau de l’album à toujours être joué lors des occasionnels concerts du groupe), et ceux qui sont vraiment arides d’un bout à l’autre- à moins qu’un solo arrive en sursaut. L’album se termine sur une outro au clavier lugubre et interminable qui ruine un peu l’ambiance effrénée maladroitement construite sur 40 minutes.

Même une fois qu’on a fait le tour c’est donc un album assez frustrant et embryonnaire où on voit le groupe un peu tiraillé entre le concept de DAWNBRINGER, qui n’est pas encore vraiment transcrit musicalement, et une musique bâtarde qui associe Heavy/Power Metal et vitesse dans une sorte de course mal balisée. A noter que "Catharsis Instinct" forme une "Trilogie de la rédemption" avec le premier opus et "Snake", album composé à la même époque mais non enregistré jusqu’à récemment, défini par Black comme un opéra rock utilisant environ 170 chansons de MOTÖRHEAD réarrangées ainsi que de la musique originale pour former un album progressif, tout un programme. Cet album a été depuis enregistré et des chansons mises en ligne mais l’incertitude quant au copyright rend incertaine sa sortie éventuelle… dommage.

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- Chris Black (the hammer- batterie, chant clair, synthé)
- John Weston- Basse, Chant
- Bill Palko- Guitare Lead
- Scott Hoffman- Guitares Rythmiques Et Ac


1. The Day The Deaf Went Blind
2. Shoot To Kill
3. All Hell Breaks Loose
4. The Man Who Could Not Die
5. Mudsclicer
6. Bleeding City
7. Halfman
8. What Are You Running From ?
9. Heart Particle
10. Beggars & Children
11. Cosmos Disease
12. Dna



             



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