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- Membre : Professor Black

DAWNBRINGER - In Sickness And In Dreams (2006)
Par CITIZEN le 4 Août 2015          Consultée 1642 fois

"In Sickness" devait être une formalité, une case à cocher par acquis de conscience dans une disco dont on a du mal à s’écarter des pièces maîtresses tant elles ont été hypées et disséquées partout, et bim explosion surprise comme la dernière case d’une partie de Microsoft démineur, à six ans d’écart avec "Nucleus" et pourtant personne ne dit que ce projet de Chris Black avait déjà durement marqué le coup sur cet album, les autres ne faisaient que remettre un couvert déjà tout fondu par cette tornade de Metal en fusion*. C’est plus clair dans ma tête, j’avais des bâtons dans les roues et l’éloge toute rouillée mais j’ai qu’à tendre l’oreille au riff parasite qui me la dicte, et le désir d’en parler jusqu’à ce que ma feuille Word donne l’impression d’être toute musicale, de quoi vous ouvrir une page soundcloud dans la tête.

Bon, on trouve peu d’avis (j’allais écrire d’études) sur cet album, comme si DAWNBRINGER n’existait qu’à partir d’ "Into The Lair", ou de "Nucleus" pour les plus aventureux. Certes, le quasi one-man band semble faire profil bas et ne peut pas rivaliser avec les petits frères qui se mettent dans la poche la caution artistique du concept album bien lourd et bien doré, tout ce qu’il a pour lui c’est une sous-production qui l’empêche peut-être d’emblée d’en faire un truc aussi intense et violent, "In Sickness And In Dreams" est toujours agressif, étouffé, déboussolant à chaque fois, d’autant qu’il n’y a pas de thème majeur bien immédiat (là où un album de SUPERCHRIST se retrouve dans le mot baston, ou alcool), même "Nucleus" pouvait de ce côté prétendre être unifié sous un concept épique. Et avec ça il y a la pochette qui fait plonger dans la psyché tourmentée d’un auteur-compositeur et le graphisme du livret fait de photos de couloirs vides, textures, visages flous. Un album de Heavy à vocation introspective ? Black se jette dans l’improbable.

Malgré ce thème qui semble légèrement à contre-emploi de la part du musicien derrière "Fuck with your boots on" et "Stand up and shit", "In Sickness" est un album généralement fougueux et pressé, à tel point que si on ne surveille pas constamment la tracklist on est toujours surpris d’être beaucoup plus loin dans l’album que ce que l’expérience nous dicte (entre une minute trente et deux minutes trente la chanson, qui paraissent encore plus courtes vu que certaines sont enchaînées sur le dernier riff de la précédente). Les idées tournent à un rythme d’enfer, on a l’impression qu’au réveil Black a sauté sur sa guitare et a voulu jouer à la suite tous les riffs auxquels il a pensé pendant son sommeil tourmenté en les articulant un minimum, en prenant juste la peine de les répéter suffisamment pour que les morceaux aient l’air d’avoir un refrain et un réel paroxysme, on a parfois l’impression de se faire couper l’herbe sous le pied au meilleur moment et qu’on s’est fait manipuler dans l’achat d’une banque de riffs plus que de morceaux travaillés. Banc d’essai pour une foultitude de riffs ou unique morceau décomposé en minuscules fragments, c’est à vous de voir. Mais c’est la philosophie sur cet album- rien d’édulcoré, on dégraisse à fond et on fait fi des structures traditionnelles.

Dans le même temps on largue aussi l’appartenance stricte à un genre donné, l’album est une sorte de base essentiellement heavy où se glissent savamment des plans black, un crossover assez insolite et d’exécution délicate. C’est d’ailleurs un rare exemple du chant extrême de Chris Black, sec et très en retrait, entre Black et Death, qui ne l’empêche pas d’ailleurs de faire des voix plus aériennes (d’ailleurs vers la fin on sent bien des ambiances osées genre collision entre ALCEST et FAUVE, bien que ça picote d’écrire un truc pareil et que mon expertise en la matière soit tout juste suffisante pour risquer cette comparaison). De manière plus générale c’est une ambiance assez incertaine qui ne s’affranchit jamais d’une sorte de langueur atmosphérique, à part sur l’"envoi" central ("11 :58"/"Midnight"), deux chansons purement heavy qui interrompent le flow de l’album et où Black nous fait entendre sa meilleure imitation hystérique de King Diamond/Halford période "Painkiller". "MIDNIGHT, WOOH OOH", qui est aussi la seule chanson à l’ambiance positive de l’album et qui fait un genre de bouffée d’air avant le plongeon dans la deuxième moitié, qui réserve quelques bons titres avant de repartir dans une sorte d’excellent crescendo brumeux sur ses deux derniers titres, coupé court hélas.

"In Sickness And In Dreams" est vraiment un album qui donne l’impression d’être fait en sursaut et encore imprégné des ombres du sommeil, malgré le choix un peu nonchalant de ne pas pousser chaque morceau à fond. Une formule qui permet une fois de plus à Black de mettre en boite ses riffs fertiles, mais dont le contrecoup et de laisser entièrement sur sa faim, d’autant plus que l’album se conclut pile sur un de ses meilleurs moments. Ce n’est peut-être d’ailleurs pas un hasard mais juste un signe de l’état particulier dans lequel l’album vous laisse en l’espace de la vingtaine de minutes que son écoute prend. Dans tous les cas, une réussite totale même si la personnalité de DAWNBRINGER est alors très différente de celle qu’il développe sur ses albums plus prisés.


*Mon temps de cooldown entre deux usages de cette formule étant arrivé à expiration, je suis heureux de pouvoir en faire un usage discret dans cette kro et vous donne rendez-vous dans six mois pour sa prochaine apparition, si je peux trouver un autre album suffisamment heavy pour la justifier.

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- Chris Black (basse, chant, batterie)
- Matt Johnsen (guitare lead)
- Scott Hoffman (guitare rythmique)


1. Scream And Run
2. Anomie
3. Hell Is A Desert
4. There And Back
5. Under No Flag
6. You Get Nothing
7. 11:58
8. Midnight
9. Attack Of The Spiders
10. The Snitch
11. End Of Earth
12. Death In Time
13. Endless Guilt
14. No Answer



             



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