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DEATH METAL  |  STUDIO

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BLOODBATH - Grand Morbid Funeral (2014)
Par DARK MORUE le 11 Décembre 2014          Consultée 4962 fois

BLOODBATH.
Bon, c'est un peu particulier comme groupe pour moi. Certains les qualifient de wannabees, d'imposteurs, qui ont fait du Death Old School bateau à leurs débuts et se sont fait connaître uniquement par leur line-up, laissant dans l'ombre d'autres vieux plus méritants. Et pis dés 2004 c'est bon, ça change de partout, finit le Old School HM-2 de la mort, place à une modernité ultra tubesque, et finalement on se quitte en 2008 avec un "The Fathomless Mastery" que je n'ai personnellement pas du tout apprécié, qui avait mitigé en son temps et que tout le monde a oublié (c'est vrai quoi, à la sortie de ce nouvel album j'ai pas vu une seule allusion nulle part à l'opus sus-cité). Mais voilà. "Resurrection Through Carnage" quoi. L'opus ultime d'un groupe juste formé en soirée pour la déconne, alignant les morceaux parfaits, le son parfait, le chant parfait. Que des hits. Que des tubes éternels. Dix titres dont je connais le moindre claquement de baguette et variation d'intonation. En somme, l'album à cause duquel j'écoute du Death, que j'ai découvert au collège alors que je bloquais sur le Metalcore. D'où une certaine place de la formation dans mon cœur.

Alors, en 2014, ils reviennent, après de longs mois passés à faire de la merde sur Facebook et des designs de tshirts parodiques ultimes. Mon cœur s'arrête. Une tournée de prévue, des concerts. Mon Dieu, je vais voir BLOODBATH sur scène. Et surtout, un nouveau chanteur, un nouvel album. Qui donc ? Des photos, des indices, une date de naissance, un statut culte : okay, c'est bon, on tient Jorgen Sandstrom de GRAVE / TORTURE DIVISION et ça va absolument tout niquer sur son passage. Et là, surprise, après nous avoir fait baver sur notre chibre saillant pendant des semaines, voilà qu'on nous annonce Nick Holmes, de PARADISE LOST, et que dans la foulée on balance un morceau. Et je vous l'annonce, j'ai chialé ma race.
Merde quoi, en temps que chanteur de Death et fan ultime des vocalistes précédents, je n'attendais rien d'autre que découvrir la performance de Nick et ce fut la douche froide. Même pas vraiment écouté la compo, juste les lignes vocales, pas de coffre, ça s'entend que ça fait 20 ans qu'il essaie même plus, c'est plat, forcé, rien, le vide, le néant, je rage-quit avec panache. Puis d'autres morceaux filtrent et relèvent la barre, l'album complet est enfin dispo et c'est vidé de mes appréhensions que je m'y attaque. Donc, ce nouveau bain de sang, il vaut quoi ? Eh bah, amplement qu'on lui laisse sa chance, peu importe les préavis.

Déjà, on peut écarter les problèmes vocaux. Quand on voyait l'état des cordes vocales d'Åkerfeldt lors des dernières prestations (le DVD du Bloodstock) on regrette finalement pas son départ, surtout quand on sait que Holmes a été engagé en 2011, avant même que le leader d'OPETH n'envisage de quitter définitivement la formation qui est devenue parfaitement sérieuse et n'a désormais plus rien du groupe de soirée originel. Et merde, quoi qu'on dise, on est vite obligés de reconnaître une évidence : "Grand Morbid Funeral" arrache. Pas tout à fait de la manière qu'on aurait voulu, mais il arrache.
Bien différent des autres opus mais tout de même ancré dans un Death Metal des plus Old School et poisseux qu'on puisse faire. Le style livré s'éloigne d'un bête ENTOMBED/DISMEMBER tout en restant ultra ancré dans ce qui se fait en Revival Death ces derniers temps, les PUTERAEON ou DESERTED FEAR. Plus ambiancé, mais quand même varié. Et dans certains cas, le timbre colérique de Holmes fait des merveilles, avec un titre éponyme qui se la joue Doom avec brio et clôt parfaitement un album, ou bien l'énooooorme "Church Of Vanitas" et son riff hypnotique aux consonances Sludge qui met en transe et ruine la nuque. Après, on trouve à boire et à manger.

Si l'album commence sur les chapeaux de roues, il a perdu quelque chose qui faisait partie intégrante de la personnalité et l'attrait numéro 1 de BLOODBATH : cette science du tube, de la compo mortelle, du truc qu'on retient et qu'on hurle en chœur. On a bien quelques moments ultra forts, avec un premier morceau qui se fait pas prier, avec "Anne" en mode brûlot Death Old School ultime qui fait claquer sa basse et ravage tout sur son passage, ou une "Unite In Pain" qui ferait des jaloux parmi les compos d'un album de DISMEMBER. Mais après, ça se perd un peu, c'est trop monolithique. Le son de guitare est tout simplement énorme, véritable mur du son qui craquelle comme on l'aime, mais c'est trop. Trop chargé mais sans assez de relief, des fois ça se met soudainement à bourrer comme pas possible mais de manière trop répétitive pour qu'on soit vraiment durablement sur le cul (particulièrement "Famine Of God's World" qui démarre ultra fort et s'essouffle trop vite). Et merde, on a quand même un sale ventre mou. Même si ça groove, "Mental Abortion" n'est rien d'autre qu'un bête morceau de plus que chaque groupe de Death a déjà composé exactement à l'identique, avec la même structure et le même putain de riff. Et là bon, à partir de là on a un poil décroché parce que si les riffs sont de qualité extrême (un vrai travail d'orfèvre), on retrouve toujours les mêmes tics, et des morceaux pas franchement accrocheurs au final. Quant à savoir si cette perte d'accroche est liée au départ de Dan Swano ou pas, il n'y a qu'un pas que j'ai personnellement déjà franchi.

Et oui, on atteint ici les grosses limites, et c'est pas Holmes qui va nous sauver. Là où Åkerfeldt nous apprenait par cœur une "Cry My Name" en deux refrains sans forcer et où Tägtgren pouvait porter tout seul "Cancer Of The Soul", le nouveau venu rame un peu en étant totalement incapable de changer d'intonations, débitant du coup son chant pas du tout guttural (même pas du growl, juste des vocaux Black très graves) sur une unique note et du coup pendant les morceaux les plus rapides ça merde tant c'est d'une platitude incroyable, en totale opposition avec ses divines performances au sein de son projet principal. Mais bon sang qu'il y met du cœur, on le sent, et c'est d'autant plus frustrant, vu à quel point on en fait des tonnes dans le registre Old School et malsain, le travail sur l'ambiance étant absolument hallucinant (vas-y les samples fantomatiques, les cloches, les discrets chœurs de partout). On en résiste pas au "FUCKING BLOODBATH" de "Total Death Exhumed" quoi, merde. Alors, voilà, "Grand Morbid Funeral" est un album qu'on se prend comme un bloc, qui revient régulièrement mais dont on se souviendra probablement pas franchement d'ici une dizaine d'années. Là où les deux premiers tournent encore très régulièrement dans toutes les chaumières. Voilà un signe qui ne trompe pas.

Alors, déception ou pas ? Eh bien, sachant que je m'attendais à saigner des tympans et pleurer pendant des semaines entières, non, pas de déception et même une très bonne surprise avec un très bon album. Juste, venant d'un tel groupe, le cahier des charges n'est pas franchement respecté mais on reste dans le très correct qui rassure. Du riff, des gros pains dans la gueule, un aspect bien ancré dans tout le Revival Death qu'on voit partout plus que jamais, un chanteur qui patine mais donne le meilleur de lui-même (par contre j'ai carrément peur pour le live, reprendre "Eaten" ça va être un de ces carnages...), m'bref, c'est gras, c'est puissant, c'est le stéréotype de l'album qui poutre mais que j'aurais sûrement pas écouté s'il venait de quelqu'un d'autre.
C'est vite réglé, 3,5/5 pour ce que ça vaut, arrondi à l'inférieur parce qu'un tel groupe est quand même pour moi dans la quasi-obligation de sortir un album parfait s'il utilise ce nom-là, mais on reste quand même bien bien au dessus de "The Fathomless Mastery".

Bloudebasse : Loin de la déception attendue, un album de Death à l'ancienne des plus corrects recommandables à tous, mais bien en deçà de ce que livrait le combo avant de se prendre au sérieux...

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   (2 chroniques)



- Nick Holmes (chant)
- Per Eriksson (guitare)
- Anders Nystrom (guitare)
- Jonas Renkse (basse)
- Martin Axenrot (batterie)


1. Let The Stillborn Come To Me
2. Total Death Exhumed
3. Anne
4. Church Of Vastitas
5. Famine Of God's World
6. Mental Abortion
7. Beyond Cremation
8. His Infernal Necropsy
9. Unite In Pain
10. My Torturer
11. Grand Morbid Funeral



             



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